Alain Minc, né le 15 avril 1949 à Paris 19e, est un conseiller politique, essayiste et dirigeant d'entreprise français.
Il est actuellement président d'AM Conseil et, de 2012 à 2023, de la SANEF, l'une des trois principales sociétés autoroutières françaises, après avoir été plusieurs années membre du conseil d'administration d'une société concurrente, Vinci.
AIain Minc est aussi membre du conseil d'administration de Prisa, CaixaBank, Fnac, Poweo Direct Énergie, Ingenico et Yves Saint Laurent.
Il est fils de Joseph Minc (né à Brest-Litovsk en 1908, mort en 2011 à 102 ans) et de Lisa, née Bogacz (1908-1999). Son père, prothésiste-dentaire de formation, naît au sein de la communauté juive biélorusse de Brest-Litovsk où l'antisémitisme est très fort : « Quand on sortait du quartier, on nous insultait, on nous jetait des pierres, on lâchait les chiens ». Il adhère au Parti communiste polonais, alors formation politique clandestine, et choisit en 1931 l'exil en France, du côté de Bordeaux, pour passer un diplôme universitaire de dentiste. Rattrapé par la guerre, menacé d'être déporté, échappant de peu à la rafle du Vél'd'Hiv, ayant déménagé l'avant-veille, il combat pendant l'Occupation au sein des FTP-MOI. En 1947, Joseph, devenu dentiste diplômé d'État, et son épouse s'installent rue Chapon ; c'est là que le petit Alain passe son enfance. Ils obtiennent leur naturalisation le 28 février 1948. Joseph Minc quitte le Parti communiste en 1967.
Élève au lycée Turgot, puis en classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand, Alain Minc est ingénieur diplômé de l'École nationale supérieure des mines de Paris (promotion 1968), diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (promotion 1971), puis de l'École nationale d'administration (promotion 1975), d'où il sort major de la promotion Léon Blum pour la voie d'administration économique.
Alain Minc intègre l'Inspection générale des finances (1975-1979). Il se fait connaître par le rapport Nora-Minc sur l'informatisation de la société, qui introduit le néologisme télématique. Ce rapport a rencontré un grand succès, mais a conduit à l'impasse du Minitel et au retard pris par la France dans le domaine de l'Internet, ce qu'Alain Minc a reconnu ultérieurement.
Il démissionne de son corps pour rejoindre Saint-Gobain en 1979. Roger Fauroux lui en confie la direction financière. Il s'occupe alors, en liaison avec le DGA Francis Mer, de prises de participations de l'entreprise dans l'industrie informatique, et de l'achat par Saint-Gobain de 33 % du capital d'Olivetti, dirigé par l'homme d'affaires Carlo De Benedetti. L'objectif est de rapprocher, voire de fusionner, CII-HB (Bull) et Olivetti. Alain Minc sera brièvement DGA et directeur financier de CII-HB en 1981, mais il revient rapidement à Saint-Gobain lorsque le gouvernement oblige Saint-Gobain à sortir de l'industrie informatique. Il intègre entre-temps la (première) promotion 1981 des « Young Leaders » de la French-American Foundation. En 1983, Alain Minc prône la prise de contrôle de la Compagnie générale des eaux. Il essuie alors un premier échec en organisant un raid manqué contre la société.
Entre 1984 et 1986, il est président de Cochery et de Bourdin et Chaussé, des filiales de la Compagnie générale des eaux (elle-même détenue à 21 % par Saint-Gobain).
Il quitte Saint-Gobain en 1986 pour travailler avec Carlo De Benedetti, et devient administrateur-directeur général de Cerus. Alain Minc — dont François Sureau était l'adjoint — est alors « le principal instigateur de la célèbre et calamiteuse OPA sur la Société générale de Belgique, en janvier 1988 », qui débouche sur « un désastre financier ». Carlo de Benedetti le congédie de Cerus en avril 1991, sa société ne se relevant pas de cette tentative d'OPA ratée. Il est également membre de conseils d'administration de plusieurs autres sociétés dont Valeo.
Président, depuis 1985, de la Société des lecteurs du journal Le Monde, il est président du conseil de surveillance de la SA Le Monde de 1994 à 2008.
En 1991, il crée AM Conseil se spécialisant dans les activités de consultant. Son ubiquité lui a parfois été reprochée. Ainsi, Gérard Mestrallet, PDG de Suez, le rémunérait alors qu'Alain Minc conseillait Albert Frère qui tentait de destituer Mestrallet. De plus, le directeur général de Vinci, Xavier Huillard, l'a retiré du conseil d’administration en janvier 2007, réalisant que Minc conseillait François Pinault, qui préparait une attaque contre le groupe de BTP. Selon Libération, Minc voulait se venger de Huillard qui avait démis son ami Antoine Zacharias l'année précédente.
Il est ou a été membre de plusieurs groupes de réflexion influents, comme la défunte Fondation Saint-Simon dont il fut le trésorier, ou le club Le Siècle. Publiant environ un livre par an, il est un conseiller sollicité par les principales entreprises françaises. Administrateur de nombreuses sociétés, il traite d'économie comme du discours de communication avec sa société AM Conseil.
À l'ouverture de Direct 8, ancienne chaîne de la TNT devenue D8, Alain Minc devient éditorialiste de l'émission intitulée Face à Alain Minc, animée par Guillaume Klossa. En janvier 2007, il devient l'animateur de cette émission. En janvier 2008, lors de l'une de ces émissions, il déclare, en pleine crise des subprimes aux États-Unis, que le marché financier, sans qu'il n'ait d'organes apparents de régulation, est très bien régulé, que l'empirisme prévaut, et que l'économie mondiale est plutôt bien gérée.
Proche de Nicolas Sarkozy, il indique, au Grand Journal de Canal+ le 5 décembre 2008, être de ceux qui ont suggéré la suppression de la publicité sur les chaînes publiques.
Alain Minc est membre du comité stratégique du groupe Bolloré.
Il exerce la présidence du conseil d'administration de Sanef (Société des Autoroutes du Nord et de l'Est de la France) à partir du 1er janvier 2012. Il avait été auparavant partisan de la privatisation des autoroutes françaises.
Il rencontre Emmanuel Macron à sa sortie de l'ENA, et lui demande « Que serez-vous dans trente ans ? », lequel Emmanuel Macron répond « Je serai Président de la République ». Il conseillera en 2016 à Emmanuel Macron de faire une croix sur 2017 afin de gagner en expérience politique en vue de l'élection présidentielle de 2022.
Il a soutenu François Mitterrand aux élections présidentielles de 1974, 1981 et 1988[réf. nécessaire], Édouard Balladur au premier tour puis Lionel Jospin au second tour de celle de 1995, François Bayrou lors de celle de 2002 et Nicolas Sarkozy lors de celles de 2007 et de 2012. Pour l'élection présidentielle de 2017, il soutient Alain Juppé jusqu'à sa défaite à la primaire des Républicains, puis Emmanuel Macron, car il juge positif que celui-ci soit « partisan d’une construction européenne avec des abandons de souveraineté ». Il annonce pour l'élection présidentielle de 2022 qu'il votera Valérie Pécresse notamment pour sa fermeté : il déclare qu'« avec elle, la main ne tremblera pas ».