Ce Jour-là

Alain Meilland

Chanteur, comédien, metteur en scène français

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Alain Meilland, né le 15 février 1948 à Feurs (Loire) et mort le 15 octobre 2017 à Bourges, est un chanteur, comédien, metteur en scène français, libertaire, et le cofondateur du Printemps de Bourges.

Originaire de Saint-Étienne, il débute sur scène aux côtés de Bernard Lavilliers et entre à l’école d’art dramatique de la Comédie de Saint-Étienne. Élève de Jean Dasté son itinéraire théâtral lui permet de travailler avec des metteurs en scène comme Antoine Vitez, Edmond Tamiz, Jacques Kraemer, Pierre Vial ou Roger Planchon. Mais le lien qu’il établit très tôt entre théâtre et chanson est dû à sa rencontre en mars 1968 avec Léo Ferré qui vient de se séparer de sa femme Madeleine. Une rencontre qui va conditionner toute sa vie et sa carrière artistique.

Il rejoint en 1971 la Maison de la Culture de Bourges où il est chargé du premier secteur chanson en France dans un établissement culturel. Il travaille tout particulièrement avec l’équipe de Léo Ferré : Paul Castanier, son pianiste et Maurice Frot, son secrétaire. Il en résultera plusieurs disques 33 tours (Meilland chante Frot-Castanier en 1975, Mangiamerda en 1977, La Voix des Mots en 1978), et des spectacles (Les travailleurs de la Nuit en 1978). En 1976, Maurice Frot présente Daniel Colling à Alain Meilland et les trois hommes vont être dans un premier temps, et ensuite avec Daniel Bornet (manager de Malicorne) à l’origine de la création de la Société civile d'Artistes associés « Écoute s’il pleut », puis seront tous trois cofondateurs du premier festival chanson : le Printemps de Bourges.

À la suite d’une étude qui lui a été commandée par Jack Lang sur la place de la chanson dans l’action culturelle en 1981, Alain Meilland sera nommé par le ministre de la culture directeur du Centre régional de la chanson de Bourges. En 1986, Alain Meilland est récompensé par le Prix de l’Académie Charles Cros (catégorie patrimoine) pour le disque 33 t Les Cent Printemps des Poètes réalisé avec la participation de Gérard Pierron et Michel Grange.

Alain Meilland a grandi à Saint-Étienne et, très tôt, il est attiré par le monde du spectacle. Tout petit, quand on lui demandait ce qu’il voudrait faire quand il serait grand, il répondait très sérieusement : « clown ». Il est en troisième au Lycée Claude Fauriel quand il hérite d’une première guitare sur laquelle il s’exerce à chanter Georges Brassens, Jacques Brel ou Hugues Aufray. C’est alors qu’il découvre le disque 45 tours d’un chanteur de la rive gauche et entreprend d’interpréter ses compositions insolites. La Nature, Poubelle ou encore Ma concubine sont, de Jacques Serizier, les premières chansons d’un répertoire qu’il offre à ses copains de Lycée et qui lui permettent de se faire remarquer dans les concours de chanteurs amateurs qui s’organisent dans la région. Le lycée propose un atelier théâtre au sein duquel sont montées des pièces classiques mais Alain Meilland préfère suivre un jeune élève de terminale qui veut créer une troupe davantage anticonformiste : Stéphane Duk. C’est avec lui qu’il fera, à seize ans ses véritables débuts.

Dans cette troupe, il est impressionné par un autre chanteur qui, lui aussi est stéphanois et, qui, lui aussi, fait ses premières prestations sur scène : Bernard Lavilliers. La troupe Duk propose une forme peu habituelle de spectacle pour l’époque : intitulé « Nocturne » ; il s’agit d’un montage de textes, de chansons, d’extraits de pièces. Un véritable « collage à la Prévert ». Cette façon de travailler et de créer en assemblant divers matériaux poétiques et musicaux le marquera profondément et sera une forme qu’il privilégiera tout au long de sa carrière. Il pratiquera également cet art du montage poétique au sein d’une autre équipe qui recevra le parrainage de Jacques Brel, un soir ou celui-ci chante à Saint-Étienne et rencontre, à l’issue de son spectacle, ce groupe qui a pris pour nom « La Troupe Rive Gauche ». Mais, dans son entourage, Alain Meilland rencontre d’autres passionnés de théâtre et de chanson qui lui font rapidement comprendre qu’un apprentissage est indispensable. Il est en première au Lycée du Mont quand il arrive à convaincre sa mère que les véritables cours qu’il entend suivre sont ceux qui sont proposés à L’École d’Art Dramatique de la Comédie de Saint-Étienne dirigée alors par Jean Dasté pionnier de la décentralisation théâtrale.

Il a dix-sept ans quand il est reçu dans cette école que dirige Chattie Salaman et au sein de laquelle enseignent des professeurs tels que Pierre Vial, Prosper Diss, André Cellier et Michel Dubois. Après la présentation d’un spectacle de fin d’année, il est retenu avec un autre élève, André Marcon, pour rejoindre l’équipe du Centre Dramatique National. Il signe donc, avec la Comédie de Saint-Étienne Jean Dasté, son premier contrat professionnel en septembre 1967.

Premières créations (1965-1968)

En intégrant la troupe professionnelle de Jean Dasté, Alain Meilland va travailler avec des metteurs en scène comme Edmond Tamiz, Pierre Vial, Antoine Vitez qui signe ses premières créations ainsi que Chattie Salaman pour une pièce d’Harold Pinter, pièce à deux personnages qu’il interprétera avec André Marcon.

Rencontre avec Léo Ferré (1968)

Outre les créations théâtrales, la Comédie de Saint-Étienne accueille chaque saison pour une dizaine de représentations le récital d’un grand de la chanson. En mars 1968 ce sera Léo Ferré, une rencontre déterminante pour Alain Meilland d’autant qu’elle se situe à un moment tragique de la vie de Ferré (mort de Pépée son chimpanzé et séparation avec Madeleine Rabereau) qui reviendra en avril à Saint-Étienne préparer les orchestrations de son prochain album (Ferré68) et ce, à quelques semaines du début des événements de Mai 68.

Mai 68 et la fréquentation des milieux libertaires stéphanois, l’amitié tissée avec Léo Ferré, l’exemple de la décentralisation culturelle inculquée par Jean Dasté et cette manière de monter des « spectacles montages » inspirée de la Rive Gauche parisienne sont autant d’éléments qui vont être déterminants dans la carrière du jeune artiste qui ne se décide pas à choisir entre théâtre, chanson et mise en musique de poèmes, discipline qu’à l’exemple de Lavilliers et de Ferré il entreprend d’aborder.

L’occasion va lui être apportée par Jacques Kraemer, jeune directeur du Théâtre Populaire de Lorraine qui lui propose en 1971 d’écrire la musique de scène et les chansons de « Splendeur et misère de Minette la bonne lorraine » Alain Meilland profitera de son séjour en Lorraine pour composer une douzaine de musiques à partir des « Innocentines » de René de Obaldia et de présenter ses premiers tours de chants (il est encore seul sur scène et s’accompagne à la guitare) pendant le mois de la poésie et de la chanson au cours duquel il partage l’affiche avec Claude Vinci.

Il partage également la scène avec une troupe de chanteurs rencontrés dans les cabarets du vieux Lyon : Les Mulets : composée de Michel Grange, André Tavernier, Jehan David, Jean-Pierre Agazar, Michèle Bernard…

Après avoir tenu, en 1970, quelques petits rôles au cinéma et à la télévision, il est engagé à Bourges en janvier 1971. La Maison de la Culture de Bourges lui propose un contrat de trois mois pour interpréter une pièce de théâtre mais c’est finalement grâce à la chanson qu’il restera près de seize ans dans cette ville. Max Croce qui vient de prendre la succession difficile de directeur après le départ de Gabriel Monnet veut donner une nouvelle identité culturelle à la première Maison de la Culture de France et propose à Alain Meilland de créer un « secteur chanson » et d’en prendre la responsabilité. C’est la première fois qu’un établissement culturel s’ouvre, en France, à cet art trop souvent considéré comme mineur. Alain Meilland restera longtemps le seul « animateur chanson œuvrant dans une Maison de la Culture » en France. Léo Ferré vient saluer d’un récital cette initiative et le journaliste Maurice Pollein écrit dans la Nouvelle République que cette nouvelle impulsion donnée aux variétés devrait aboutir à la naissance d’une grande manifestation nationale consacrée à la chanson.

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