Ce Jour-là

Alain Madelin

Homme politique français

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Alain Madelin, né le 26 mars 1946 dans le 12e arrondissement de Paris, est un homme politique français.

Engagé à partir de ses seize ans dans des mouvements d'extrême droite, il est l'un des fondateurs du groupe néofasciste et anticommuniste Occident (1964-1968). Après Mai 68, il rejoint les rangs de la FNRI de Valéry Giscard d'Estaing, et fait partie de l'état-major de la campagne de ce dernier pour l'élection présidentielle de 1974. Il prend ensuite la direction du parti, refondé comme Parti républicain en 1977.

Il devient en 1978 député de la majorité dans la quatrième circonscription d'Ille-et-Vilaine et vice-président du conseil régional de Bretagne. À la faveur de la cohabitation, il accède au poste de ministre de l'Industrie, des Postes et Télécommunications et du Tourisme de 1986 à 1988, puis à celui de ministre des Entreprises et du Développement économique de 1993 à 1995. À l'élection de Jacques Chirac, il devient pendant quelques mois ministre de l'Économie et des Finances.

En 1997, il transforme le Parti républicain en Démocratie libérale. En 2002, il se présente à l'élection présidentielle et remporte 3,91 % des suffrages.

Origines familiales et enfance

Fils de Gaétan Maurice Madelin, ouvrier spécialisé chez Renault avant de cumuler plusieurs emplois, et d'Aline Bessède, secrétaire dactylographe, il passe son enfance dans le quartier de Belleville, à Paris.

Après avoir quitté le collège en classe de quatrième, il suit de 1959 à 1963 un certificat d'aptitude professionnelle, puis un brevet professionnel d'ajusteur, tourneur et fraiseur au lycée Voltaire, qu'il décrit comme ayant été à l'époque « un lycée communiste ». Il est ensuite étudiant en droit.

Il obtient une licence de droit, puis prête son serment d'avocat en 1971. Il travaille alors dans différents instituts et organismes patronaux, notamment avec Georges Albertini.

Marié à Patricia Salustri dont il est divorcé, il a trois enfants.

Engagement étudiant à l'extrême droite

Il s'engage à ses 16 ans dans la cause nationaliste et devient familier des affrontements avec les militants d'extrême gauche. En 1963, il fait partie de la Fédération des étudiants nationalistes (FEN, extrême droite), où il est responsable de l'action militante. Début 1964, alors étudiant en droit et à peine âgé de 18 ans, il est un des principaux fondateurs d'Occident, mouvement étudiant d'extrême droite qui comprendra également dans ses rangs les futurs ministres Gérard Longuet, Hervé Novelli et Patrick Devedjian. Revenant sur cette époque, il déclare : « J'ai été animé par un anticommunisme militant, extrême et passionné, qui a accompagné une bonne partie de ma vie d'étudiant. Et comme à ce moment-là, la France de l'anticommunisme était marginalisée, nous avons été systématiquement confinés à l'extrême droite. En face, ils étaient pour Mao et Pol Pot, pour les Gardes rouges et pour les Khmers rouges. Je ne regrette pas de ne pas avoir choisi ce camp-là ».

En 1965, Alain Madelin est délégué à la jeunesse dans le comité de soutien à Jean-Louis Tixier-Vignancour pour le 10e arrondissement de Paris. En novembre 1965, lui et Patrick Devedjian sont condamnés par le tribunal correctionnel de Draguignan à un an de prison avec sursis et trois ans de mise à l'épreuve pour vol et détention d'armes.

À partir du 29 avril 1966, il participe quotidiennement avec d'autres ultranationalistes d'Occident, dont Patrick Devedjian, à des manifestations contre la représentation au théâtre de l'Odéon des Paravents de Jean Genet, une pièce qu'ils dénonçaient comme une atteinte à la France coloniale.

Le 12 janvier 1967, Alain Madelin participe à un commando d'Occident qui attaque des étudiants d'extrême gauche du Comité Vietnam national à l'université de Rouen. Parmi les nombreux blessés, Serge Bolloch, qui deviendra vingt ans plus tard journaliste au Monde, est dans le coma, le crâne fracassé. Le 12 juillet 1967, Alain Madelin est condamné à 1000 F d'amende comme co-auteur de « violence et voies de fait avec armes et préméditation », avec douze autres militants d'extrême droite, dont Patrick Devedjian, Gérard Longuet et Alain Robert.

Au lendemain des événements de mai 68, il rompt avec le mouvement Occident, estimant que la seule solution pour s'opposer au communisme est désormais la voie démocratique et le choix du libéralisme économique.

Alain Madelin intègre grâce à Claude Harmel (alias Guy Lemonnier), qui l'a pris sous son aile, les réseaux et les structures anticommunistes de Georges Albertini : il signe en 1970-1971 sous le pseudonyme d'Alain Burgonde des articles sur l'extrême gauche dans la revue Est-Ouest, nouveau titre depuis 1956 du Bulletin d'études et d'informations politiques internationales, travaille pour l'Association pour la liberté économique et le progrès social (ALEPS) — il s'occupe de son bulletin et de ses réunions plénières — et intègre en 1971 les équipes de l'Institut supérieur du travail (IST), lié à l'Institut d'histoire sociale et soutenu comme l'ALEPS par une partie du patronat. Occident était en contact dès 1965 avec Georges Albertini. Madelin signe aussi dans Est-Ouest un article sous son nom en 1977. Albertini a été un artisan du « recyclage » d'anciens militants d'extrême droite. Madelin lui a recommandé Xavier Raufer et il a aussi fait connaître les réseaux Albertini à Yvan Blot, cofondateur du Club de l'horloge. Au sein de ce dernier, Alain Madelin est « l'un des plus assidus », selon Les Dossiers du Canard enchaîné, « jusqu'en 1984 » ; il sera aussi membre d'honneur du club et, en 1986, prendra son secrétaire général, Michel Leroy, à son cabinet ministériel.

Cadre puis député de la droite libérale (1968-1986)

À l'automne 1968, Alain Madelin adhère à la Fédération nationale des républicains indépendants (RI ou FNRI) de Valéry Giscard d'Estaing. En mars 1973, l’ensemble de la majorité de droite soutient sa candidature dans la 11e circonscription des Hauts-de-Seine (Issy-les-Moulineaux, Vanves, Malakoff) face au député communiste Guy Ducoloné, qui est réélu. Claude Hilbert, gaulliste de l'UJP, avait alors manifesté contre son passé de « responsable du mouvement d'extrême droite Occident » mais s’était finalement rallié à sa candidature.

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