Alain Lacoste né le 10 décembre 1935 à Laval et mort le 26 avril 2022 à Craon, est un peintre et sculpteur français.
Il est rattaché à la mouvance des arts singuliers.
Après avoir suivi une scolarité dans des établissements catholiques, Alain Lacoste entame en 1954 des études littéraires à Rennes, puis Paris. En 1955, il entre en classe d'hypokhâgne au lycée Louis Legrand à Paris. En 1956, il s'oriente vers des études d'histoire et de géographie au lycée Lakanal de Sceaux. En 1961, il obtient le CAPES puis un DES d'histoire. Il se marie. De retour du service militaire pour partie en Algérie, il est nommé, en 1963, professeur à Béthune, une profession qu'il déclare détester : « Je préparais mes cours, puis comme je détestais ce métier, je dessinais pour me défouler. J’ai continué en passant d’autres concours. Autres fonctionnariats, autres calvaires ». Alain Lacoste rêve d'être conservateur. En 1970, son divorce et des problèmes familiaux l'exposent à des problèmes psychologiques. Il séjourne un an dans un hôpital psychiatrique. Il rencontre ensuite celle qui deviendra sa seconde femme.
En 1975, il devient attaché d'administration à la suite d'un concours. Alain Lacoste aura, entre autres, la charge de responsable de la revue artistique L’actualité des Arts plastiques à l’Institut pédagogique de Paris.
En 1978, il retourne vivre à Laval et entre au conseil départemental de la Mayenne.
À partir de 1992, il termine sa vie professionnelle au Musée Archéologique de Jublains (Mayenne), en tant que responsable des ressources humaines. .
Après avoir longtemps habité Changé, près de Laval (Mayenne), il prend sa retraite en 1996 et s'installe avec sa femme Danièle à côté de Craon. Il meurt le 26 avril 2022 à Craon.
Peintre, « père de l'art singulier »
Alain Lacoste s’essaie très tôt aux pratiques artistiques en autodidacte. Alors professeur d'histoire, il commence par la sculpture sur bois et peint à partir de photographies. Plus tard, il oriente son art vers la réutilisation de déchets, notamment de bois de récupération, de souches, de pierres ou de vieux chiffons etc.
Beaucoup considère Alain Lacoste comme l'un des pères des artistes singuliers en filiation avec Gaston Chaissac. Ses œuvres, souvent en volume, donnent vie à des scènes de la vie quotidienne, des personnages, des animaux, qui s'emmêlent.
Alain Lacoste joue avec la matière, mais il aime aussi manipuler les mots, souvent avec humour. Il a la passion du titre qui laisse souvent perplexe le spectateur : La Norme européenne de l’œuf, Mal dans son assiette, Dégommeur de chapiteau, Le Christ bouffé par son auréole… Le titre participe à la dimension narrative de l’œuvre. L'artiste a toujours aimé la poésie et pratiqué l'écriture et dit que « Cela me permet donc de trouver facilement les titres à mes œuvres. C’est comme un jeu. Parfois, le temps d’arriver à mon cahier pour noter le titre, j’en ai trouvé un autre. et cela devient un œuvre à plus d'un titre. »
Dès les années 1970, il s'inspire de l'univers surréaliste du Belge Paul Delvaux — il appelle d'ailleurs ses peintures naïves néoclassiques, ses « delvautions » : "j'ai fait mes delvautions"
Sa rencontre dans les années 1980 avec l'artiste Robert Tatin est déterminante dans son parcours pictural, « une confirmation » dira-t-il, de même que sa correspondance avec Jean Dubuffet. Alain Lacoste fait aussi la rencontre du peintre Stani Nitkowski avec lequel il se lie, comme Louis Chabaud, Gérard Sendrey qui l'encouragent dans sa démarche artistique anticonformiste. On évoque d'autres artistes encore à son sujet : Gaston Chaissac — dans lequel il se reconnaît —, Chomo, Antoine Rigal, mais aussi Marc Chagall et Pablo Picasso.
Ses supports variés tels que le bois, la pierre, le papier, le carton, sur lesquels il ajoute dessins, peinture et matériaux qu’il colle les uns aux autres, accordant toujours une grande importance à la matière, en dehors de tout esprit d'école ou de groupe.
Un artiste en marge des circuits classiques du marché de l'art
Alain Lacoste est toujours resté en dehors des circuits traditionnels de marchands ou de galeristes parisiens. «Les artistes ne sont pas faits pour amuser la galerie, disait-il».Cependant, en mars 2021, l’hôtel des ventes de Laval organise, durant la pandémie de Covid-19, la vente aux enchères de plus de 185 œuvres de l’artiste et une visite virtuelle de l'exposition préalable à cette vente. La vente est une première pour l'artiste et un succès salué par la presse. Une deuxième vente aux enchères, de plus de 180 œuvres, s’est déroulée en octobre 2024 à l’Hôtel des ventes Drouot-Paris.
Michel Thévoz, historien et conservateur écrit : « Lacoste est capable de déchaîner une tempête dans un tout petit format et de nous faire tanguer sur un bateau ivre… sa peinture est intensément communicative… [son] art désencadré, émasculé et jubilatoire ! »
Jean Dubuffet écrira à Alain Lacoste : « C’est pour moi un grand plaisir de rencontrer des exemples ainsi frappants de création et témoignant d’impulsions inventives impressionnantes ».