Alain Carignon, né le 23 février 1949 à Vizille (Isère), est un homme politique français.
Membre du RPR, il est élu maire de Grenoble en 1983, faisant tomber un bastion socialiste. Il conserve cette fonction jusqu'en 1995. Lors de ses mandats, il inaugure le synchrotron de Grenoble, le Centre national d'art contemporain (Magasin-CNAC) et le World Trade Center Grenoble.
Il est ministre délégué à l'Environnement du gouvernement Chirac II puis ministre de la Communication du Gouvernement Balladur en 1993. À ce poste, il fait passer la « loi Carignon » qui impose un quota de chansons francophones à la radio et entérine la création de La Cinquième.
En 1994, il démissionne du gouvernement et se place en retrait de la mairie, après sa mise en examen pour corruption et abus de biens sociaux pour le financement de sa campagne aux élections municipales. Jugé coupable, il est condamné à 5 ans de prison dont un an avec sursis, suivis de cinq ans d'inéligibilité. Pendant son incarcération, il est mis en examen pour faux, usage de faux et abus de biens sociaux dans une enquête sur la société Grenoble Isère développement, dont il est resté président pendant le début de son incarcération. À sa sortie de prison, il revient en politique en 2002. En 2004, il est condamné à une amende pour l'affaire Grenoble Isère développement.
Présent sur la liste de Matthieu Chamussy lors des élections municipales de 2014, le score qu'elle réalise ne lui permet de retrouver le conseil municipal qu'en 2019, après la démission de deux colistières pour lui permettre de siéger avant les élections municipales de 2020, où il échoue à reprendre la ville à Éric Piolle. Après une deuxième tentative manquée en 2026 cette fois face à Laurence Ruffin, il annonce ne pas siéger dans l'opposition et se retire de la vie politique.
Entré à l’âge de 17 ans dans le mouvement des jeunes gaullistes, en Mai 68, il est l'un des neuf étudiants à s'opposer ouvertement aux manifestants de l'université de Grenoble. Il est repéré par le préfet et la droite qui lui proposent un poste, mais il n'a pas l'âge requis pour se présenter à des élections.
Il est diplômé de l'Institut d'administration des entreprises (à l'époque École Supérieure des Affaires) de Grenoble, et commence sa carrière en tant qu'attaché de presse de la Chambre de commerce et d'industrie de Grenoble.
En 1976, il entre au Conseil général de l'Isère.
Il travaille au cabinet du médiateur, puis à la commission industrie du Conseil économique et social. Il devient chargé de mission auprès de Jérôme Monod, secrétaire général du RPR.
Alain Carignon se fait connaître en emportant en 1983 la mairie de Grenoble, bastion socialiste de longue date, face à Hubert Dubedout.
Le 22 juin 1983, il organise un référendum municipal sur la création du tramway de Grenoble, après avoir appuyé sa campagne municipale sur l'opposition à ce projet de l'équipe d'Hubert Dubedout. Le projet est accepté par 15 987 voix pour, soit 53,09 % des votes exprimés et un taux de participation de 36,79 %. La première ligne du tramway à Grenoble (ligne A), portée par Charles Descours, est inaugurée en septembre 1987 devant une foule de 100 000 personnes, devenant le premier tramway au monde entièrement accessible aux handicapés grâce à des planchers bas.
Sur un plan scientifique et au cours de ses mandats, Grenoble est choisi en octobre 1984 aux dépens de Strasbourg pour l'implantation de la source européenne de rayonnement synchrotron, permettant ainsi le désenclavement du polygone scientifique par la construction de deux nouveaux ponts (pont d'Oxford et pont des Martyrs). Alain Carignon inaugure le 23 janvier 1985 le bâtiment 40 du LETI en présence du président François Mitterrand.
Alain Carignon inaugure en 1985 le nouveau bâtiment de la chambre de commerce et d'industrie de Grenoble dans le quartier Hoche, le centre national d'art contemporain en 1986 sur l'ancien site industriel Bouchayer-Viallet, le parc Pompidou de 5,5 hectares en 1987 dans le quartier de la Capuche, Le Summum et la voie sur berge en 1988, l'extension d'Alpexpo en 1989. Il lance surtout en 1990 le quartier d'affaires Europole sur les friches industrielles de l'ancienne brasserie de la Frise en y transférant l'école supérieure de commerce en 1992 et en y créant le World Trade Center Grenoble en 1993, laissant par ailleurs la possibilité d'installer le futur palais de justice. Enfin, en 1994, il transfère le musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère dans la rue Hébert.
Sur un plan urbanistique, Alain Carignon rénove certains quartiers et bâtiments historiques du centre-ville comme la halle Sainte-Claire inaugurée en 1991, les immeubles de la rue Très-Cloîtres ou l'ancien palais des évêques transformé en musée de l'Ancien Évêché, mais qui n'ouvrira ses portes qu'en 1998 à la suite de la découverte inattendue du premier baptistère de la ville.
Il est contraint à la démission en raison de sa mise en examen pour l'affaire Dauphiné News en 1994. Son premier adjoint Pierre Gascon le remplace jusqu'à la fin de son mandat l'année suivante.
Il devient député européen en 1984 et président du conseil général de l'Isère le 22 mars 1985 puis ministre de l'environnement sous Jacques Chirac l'année suivante.
Il fait partie des douze jeunes députés « rénovateurs » RPR et UDF (avec notamment François Léotard, Michel Noir, François Bayrou, François Fillon et Philippe Séguin), qui souhaitent évincer à la fois Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac.
En 1988, il est député de l'Isère et préside le département. Il conserve par ailleurs ce dernier poste pendant sa détention.