Aida (Aïda en français) est un opéra en quatre actes de Giuseppe Verdi, sur un livret d'Antonio Ghislanzoni d'après une intrigue d'Auguste Mariette, créé le 24 décembre 1871 à l'opéra khédival du Caire.
Pour les fêtes d'inauguration du canal de Suez, le khédive égyptien, Ismaïl Pacha, veut faire représenter une création lyrique au nouvel opéra du Caire, construit pour l'occasion, et inauguré quelques mois plus tôt, le 1er novembre 1869, par une représentation de Rigoletto. Il pense alors aux trois compositeurs les plus estimés de l'époque, Richard Wagner, Charles Gounod et Giuseppe Verdi. Ce dernier accepte. Prévue pour janvier 1871, la création d'Aïda fut retardée jusqu'au 24 décembre en raison du siège de Paris, où Mariette se trouvait bloqué avec les décors et les costumes. L'archéologue Mariette avait fourni l'idée et suivi de près le travail de mise en scène, afin que le spectacle fût conforme à ce qu'on savait de l'ancienne Égypte. Craignant un échec, il retira son nom avant la première.
Verdi n'était pas très favorable à une création en Égypte car le public ne serait pas populaire (pas d’Égyptiens) et allait être constitué par une sorte d'aristocratie à l'allure mondaine.[réf. souhaitée]
« Mais, si ce malheureux opéra devait quand même voir le jour, pour l'amour du ciel, pas de réclames, pas ces chichis qui sont pour moi une humiliation suprêmement humiliante. Oh, tout ce que j'ai vu à Bologne et ce que j'entends maintenant à Florence me soulève le cœur ! Non, non… je ne veux pas de Lohengrinades. Plutôt le feu !! »
Si Verdi fait ici référence, pour s'en moquer, au Lohengrin de Richard Wagner, c'est qu'il a assisté aux premières représentations de l'oeuvre en Italie, en octobre 1871, au Teatro Communale de Bologne. Mais Verdi, conquis par l'opéra du compositeur allemand, s'en inspirera dans son Aida, où, par exemple, les premières mesure du Preludio se feront aussi légères et transparentes que celles du Vorspiel de Lohengrin.
Il n'y participe pas et se consacre à la représentation d'Aida à Milan deux mois plus tard, qu'il considérait comme "la" véritable première de l'oeuvre.
Verdi ne désirait pas, à l'origine, écrire d'ouverture pour son opéra, mais un simple prélude orchestral ; Il composa tout de même une ouverture de type « pot-pourri » qu'il décida finalement de ne pas faire exécuter à cause de — dit-il — sa « prétentieuse insipidité ».
Aida eut énormément de succès lors de sa première au Caire le 24 décembre 1871. Les costumes, les accessoires et la mise en scène avaient été assurés par Auguste Mariette. N'ayant pas assisté à cette première, Verdi ne fut pas satisfait par ce succès parce que la salle n'était composée que de dignitaires invités, d'hommes politiques et de critiques, mais d'aucun membre du grand public. Il a donc considéré la première européenne, à la Scala de Milan, le 8 février 1872, comme la véritable création de son œuvre.
Le rôle d'Aïda avait été écrit pour Teresa Stolz, qui l'interpréta à Milan.
Amneris, fille du roi d'Égypte (mezzo-soprano) : Eleonora Grossi.
Aïda, esclave éthiopienne au service d'Amneris (soprano) : Antonietta Pozzoni Anastasi.
Amonasro, roi d'Éthiopie, père d'Aïda (baryton) : Francesco Steller.
Radamès, capitaine égyptien (ténor) : Pietro Mongini.
Ramphis, grand prêtre égyptien (basse) : Paolo Medini.
Le roi d'Égypte (basse) : Tommaso Costa.
La grande prêtresse (soprano) : Marietta Allievi.
Un messager (ténor) : Luigi Stecchi-Bottardi.
Prêtres et prêtresses, ministres, capitaines, soldats, fonctionnaires, esclaves et prisonniers éthiopiens, peuple égyptien (chœur).