Agnès Jaoui, née le 19 octobre 1964 à Antony (Seine), est une actrice, scénariste, réalisatrice, dramaturge et chanteuse française.
En 1998, elle reçoit le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour le film On connaît la chanson et, en 2001, le César du meilleur film pour Le Goût des autres. Avec quatre César du meilleur scénario original ou adaptation et un César d'honneur en 2024, elle est la femme la plus récompensée de l'histoire des César avec sept trophées.
Elle est la réalisatrice de cinq films qu'elle écrit avec Jean-Pierre Bacri. Son premier film Le Goût des autres est nommé à l'Oscar du meilleur film international en 2001 et Comme une image reçoit le prix du scénario au festival de Cannes 2004.
Au théâtre elle écrit et joue deux pièces avec Jean-Pierre Bacri : Cuisine et Dépendances qui reçoit le Molière de l'auteur en 1992 et Un air de famille.
Elle a aussi collaboré à plusieurs reprises avec les acteurs Bruno Podalydès et Karin Viard.
Agnès Esther Jaoui naît au sein d'une famille juive originaire de Tunisie. Elle est la fille de Hubert Jaoui, auteur et formateur spécialisé dans la créativité marketing, et de Gysa Jaoui, psychothérapeute spécialiste de l'analyse transactionnelle. « Communistes non marxistes, sionistes, modernes, très libres », ses parents fuient la Tunisie accédant à l'indépendance. Membres du mouvement de jeunesse juif Hashomer Hatzaïr de gauche laïque et séculariste, ils partent en 1962 en Israël pour y fonder un kibboutz. Ils n'ont aucun rapport avec le cinéma, mais ils écrivent tous les deux. L'acteur Dominique Zardi est le cousin de son père.
Elle est la sœur de Laurent Jaoui, également scénariste et réalisateur.
Après une année passée dans le kibboutz, sa famille arrive à Paris. Agnès Jaoui fréquente le mouvement Hashomer Hatzaïr, après être passée par Sarcelles. Elle lit énormément et commence à écrire à 11 ans. Elle fait partie des premières jeunes filles à intégrer le lycée Henri-IV de Paris qui vient d'accéder à la mixité en 1978, et commence à jouer dans le club de théâtre de l'établissement, en interprétant Loulou dans la pièce Mon père avait raison. Jusqu'à ses 15 ans, elle revient passer chaque été chez sa famille maternelle restée au kibboutz.
Elle entre au Cours Florent à 15 ans et fait une première année de classe préparatoire littéraire (hypokhâgne) au lycée Henri-IV. Elle suit dès 1984 les cours d'art dramatique du théâtre des Amandiers de Nanterre dirigé par Patrice Chéreau. De cette expérience mitigée, elle retient la « très forte personnalité » de Chéreau, et parle même de pratiques « tyranniques » de « dictateur ». Dans le cadre des études de cette école, elle part aux États-Unis où elle complète sa formation, notamment en comédie musicale.
Débuts d'actrice et consécration comme scénariste (années 1990)
Chéreau lui donne un rôle dans le drame Hôtel de France, qui sort en 1987. Elle joue la même année dans la pièce L'Anniversaire de Harold Pinter, dans la mise en scène de Jean-Michel Ribes, auprès de son futur compagnon Jean-Pierre Bacri.
Ensemble, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri écrivent la pièce Cuisine et dépendances qui fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 1992 par Philippe Muyl, dans laquelle elle joue, aux côtés de Bacri.
En 1993, Alain Resnais fait appel à eux pour adapter au cinéma la série des huit pièces d'Alan Ayckbourn, Intimate Exchanges, concentrée en deux films sous le titre Smoking / No Smoking. Ce diptyque ironique, ludique et théorique qui étudie les rapports entre hasard, libre-arbitre et destin leur vaut le César du meilleur scénario en 1994.
Le grand public ne découvre véritablement ce duo d'acteurs-scénaristes qu'en 1996 avec le succès du film de Cédric Klapisch, adapté de leur pièce Un air de famille, qui révèle leur talent d'observateurs du quotidien, leur critique des carcans sociaux puis leur humour corrosif et désenchanté. Ce style percutant leur permet de remporter un second César en 1997. La même année, ils collaborent à nouveau avec Resnais sur On connaît la chanson dont ils sont désormais scénaristes et interprètes. Grâce au film, chacun d'eux gagne son troisième trophée pour le meilleur scénario aux César 1998 ainsi que sa toute première statuette en tant que meilleur second rôle.
Le tandem se reforme à la fin de la décennie pour écrire et interpréter Le Goût des autres (2000) qui explore, avec humour et émotion, l'opposition d'identités socio-culturelles dans un petit groupe de personnes. Agnès Jaoui signe avec ce film son premier long métrage en tant que réalisatrice. Le film rassemble près de 4 millions de spectateurs en salles et remporte quatre César en 2001 dont celui du meilleur film, ainsi qu'une nomination pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.
Jaoui essaie aussi de s'imposer comme actrice, sans Bacri : elle tient ainsi des seconds rôles dans la comédie Le Déménagement, d’Olivier Doran, sorti en 1997, puis dans Le Cousin, d’Alain Corneau, porté par le tandem Alain Chabat / Patrick Timsit.
Mais c'est en 2000 qu'elle est pour la première fois l'unique tête d'affiche d'un long métrage : le drame Une femme d'extérieur, de Christophe Blanc.
Deux ans plus tard, elle change complètement de registre en endossant le rôle principal d'un film à costumes adapté du roman de Stefan Zweig Vingt-quatre Heures de la vie d'une femme de Laurent Bouhnik. En 2004, elle partage l'affiche de la comédie dramatique Le Rôle de sa vie avec Karin Viard. Pour cette première réalisation de François Favrat, l'actrice y campe une vedette de cinéma égocentrique.