Agnès Buzyn, née le 1er novembre 1962 à Paris, est une médecin, professeure des universités – praticienne hospitalière et femme politique française.
Spécialiste d'hématologie, d'immunologie des tumeurs et de transplantation, Agnès Buzyn a effectué l'essentiel de sa carrière de médecin et d'enseignant-chercheur à l'université Paris-Descartes (Paris-V) et à l'hôpital Necker.
À partir de 2008, elle accède à des responsabilités au sein d'institutions publiques liées à la santé et au nucléaire : présidente du conseil d'administration de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (2008-2013), membre du Comité de l'énergie atomique du Commissariat à l'énergie atomique (2009-2015), membre du conseil d'administration (2009), vice-présidente (2010) puis présidente de l'Institut national du cancer (2011-2016), présidente du collège qui dirige la Haute Autorité de santé (2016-2017).
Sous la présidence d'Emmanuel Macron, elle est ministre des Solidarités et de la Santé au sein du premier et du second gouvernement Philippe. En pleine pandémie de Covid-19, elle quitte le gouvernement après le retrait de Benjamin Griveaux de la campagne pour les élections municipales de 2020 à Paris, afin de lui succéder comme tête de liste LREM ; ses listes arrivent en troisième position du second tour avec 13 % des voix.
En 2021, elle est nommée envoyée du directeur général pour les affaires multilatérales à l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Elle est nommée conseillère maître à la Cour des comptes à partir du 1er septembre 2022.
Agnès Buzyn naît le 1er novembre 1962 à Paris.
Sa famille paternelle est originaire de Łódź, en Pologne, où son oncle est fusillé par les nazis en octobre 1940. Ses grands-parents, sa tante et son père, Élie Buzyn, alors âgé de quinze ans, sont déportés à Auschwitz. Seuls son père et sa tante en reviennent.
Au sortir de la guerre, son père Élie s'installe en Palestine mandataire, puis à Oran, en Algérie française, et finalement en 1956 en métropole, où il exerce comme chirurgien orthopédiste à la clinique Saint-François située 36, boulevard Saint-Marcel à Paris. Sa mère, Etty Wrobel, enfant caché à Miribel, à quelques kilomètres au nord-est de Lyon, durant la Seconde Guerre mondiale, est psychologue, psychanalyste et écrivaine.
Agnès Buzyn se marie en premières noces avec Pierre-François Veil, l'un des fils de Simone Veil, avec qui elle a deux fils, Raphaël et Lucas. Ce dernier est marié à Nelly Auteuil, fille de Daniel Auteuil et Emmanuelle Béart. Elle épouse en secondes noces Yves Lévy, directeur général de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), avec qui elle a un troisième fils, Alexandre.
Formation et parcours universitaire et médical
Ancienne élève de l'École alsacienne, elle suit des études de médecine. Elle est interne des hôpitaux de Paris (IHP) à partir de 1986 ; devenue médecin, elle réalise la majeure partie de son parcours de médecin hématologue et d'universitaire à l'université Paris-Descartes (Paris-V) - hôpital Necker, où elle a été responsable de l'unité de soins intensifs d'hématologie adulte et de greffe de moelle (1992-2011). En 2000, elle soutient une thèse de doctorat en sciences intitulée « Étude de l'immunité anti-tumorale spécifique dans les leucémies myéloïdes et perspectives d'applications thérapeutiques » à l'université Paris-Descartes, puis est nommée professeure des universités-praticienne hospitalière en 2004.
Les travaux de cette spécialiste d'hématologie, d'immunologie des tumeurs et de la transplantation portent sur la greffe de moelle osseuse, la leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) et la leucémie myéloïde chronique (LMC). Elle co-écrit de nombreux articles scientifiques, notamment en hématologie et immunologie.
De 1998 à mars 2011, elle organise un congrès annuel sur la greffe de moelle, tâche rémunérée par le laboratoire pharmaceutique Genzyme. De 2002 à 2006 elle dirige une équipe de l'Inserm travaillant sur l'immunologie des tumeurs à l'Institut Cochin. De 2005 à 2011, elle est également rémunérée pour intervenir dans des congrès concernant trois médicaments permettant de lutter contre la LMC : le Glivec, le Tasigna (produits par Novartis) et le Sprycel (produit par Bristol-Myers Squibb). Elle entre au conseil consultatif de ce dernier médicament en 2007, et des deux autres en 2008, rôle qu'elle occupe jusqu'en mars 2011 tout en exerçant de nombreuses fonctions au sein d'organismes publics, ce que Le Canard enchaîné qualifie ironiquement de « léger conflit d'intérêts ».
Fonctions dans des organismes publics et sociétés de recherche
Agnès Buzyn occupe de nombreuses responsabilités dans diverses sociétés scientifiques et organismes publics, liés à la médecine ou au nucléaire : elle est ainsi successivement membre du conseil médical et scientifique de l'Établissement français des greffes[Quand ?], de celui de l'Agence de la biomédecine de 2001 à 2008, du conseil scientifique de l'Établissement français du sang de 2005 à 2008, du conseil d'administration de la Société française de greffe de moelle et de thérapie cellulaire (SFGM-TC) de 2004 à 2012, société dont elle préside le conseil scientifique de 2008 à 2012.
De 2008 à 2013, elle préside le conseil d'administration de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), nommée en Conseil des ministres sur proposition de Jean-Louis Borloo. En avril 2009, elle est nommée membre du Comité de l'énergie atomique du Commissariat à l'énergie atomique, fonction qu'elle conserve jusqu'en 2015.
En 2009, elle est nommée membre du conseil d'administration de l'Institut national du cancer (INCa), en tant que personnalité qualifiée, puis en devient vice-présidente en octobre 2010, un poste selon elle « honorifique ». Pressentie pour en devenir présidente, elle met fin à ses fonctions rémunérées auprès des laboratoires pharmaceutiques en mars 2011 puis est nommée présidente de l'INCa le 29 mai. Cette nouvelle fonction la conduit à présider la délégation française du centre international de recherche sur le cancer, organisme dont elle devient vice-présidente en mai 2013. De juin 2012 à mai 2015, Agnès Buzyn est également membre du conseil d'administration de la fondation pour l'université de Lyon.