Ce Jour-là

Afrique de l'Ouest

Région la plus à l’ouest du continent africain

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L'Afrique de l’Ouest est une région terrestre couvrant toute la partie occidentale de l’Afrique subsaharienne. Elle comprend approximativement les pays côtiers au nord du golfe de Guinée jusqu’au fleuve Sénégal, les pays couverts par le bassin du fleuve Niger ainsi que les pays de l’arrière-pays sahélien.

Berceau des empires successifs du Ghana, du Mali et songhaï, l'Afrique de l’Ouest est un ensemble de pays qui possèdent des influences et un héritage communs. Le système de parenté à plaisanterie qui lie encore aujourd'hui les ethnies et groupes sociaux ouest-africains entre eux en est un exemple frappant. L'autorité impériale s’exerçait à travers le contrôle du commerce transsaharien, la production d'or et de sel. Son déclin s'amorce au XVIe siècle avec le développement du commerce maritime. Morcelée et affaiblie après la bataille de Tondibi, l'Afrique de l'Ouest subit la colonisation européenne et américaine à la fin du XIXe siècle et durant la première partie du XXe siècle. Certains fondements de la civilisation ouest-africaine ainsi que l'histoire impériale tombent alors progressivement dans l'oubli mais la redécouverte des manuscrits de Tombouctou de Djenné, de Gao, de Kayes et de Ségou ouvre un espoir considérable pour leur compréhension.

L'Afrique de l'Ouest est aujourd'hui une communauté de peuples, qui tend à se reconstituer politiquement, avec notamment la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), et un espace de civilisation forgé par une histoire millénaire. Selon le FMI, le PIB PPA global des États membres de la CEDEAO s'élève à 564,86 milliards de dollars ce qui en fait la 25e puissance économique du Monde. Les États ouest-africains ont créé la CEDEAO avec le but initial de créer une union économique et monétaire ouest-africaine. Toutefois, en 1990, son pouvoir est étendu au maintien de la stabilité régionale avec la création de l'ECOMOG, groupe militaire d’intervention qui devient permanent en 1999, ce qui lui confère d'importants moyens de pression diplomatique. Néanmoins, d'importants dysfonctionnements apparaissent au sein de la CEDEAO à la suite de transitions démocratiques difficiles en Guinée (2009) et en Côte d'Ivoire (2010). Ils s'amplifient face à l'émergence de divers groupes djihadistes qui constituent aujourd'hui la première menace sécuritaire dans la région. Ainsi, en 2012, des groupes armés prennent le contrôle du Nord du Mali qui est contraint de demander l'intervention militaire de la France face à l'inaction de la CEDEAO et, aucune réponse militaire commune n'a été mise en place face à l'insurrection de Boko Haram menée depuis 2009 par Boko Haram et Ansaru.

Avant l'arrivée des Européens, la zone était connue principalement à travers les dénominations locales des empires qui la structuraient, Wagadou, durant la période du Ghana impériale, Manden ou Mali durant la période du Mali impérial et Songhaï durant la période de l'Empire songhaï. Ces empires étaient en effet les seuls à établir des contacts avec des puissances extérieures. Le nom Afrique fait référence à l'ancienne province romaine d'Afrique (Africa proconsularis). Ce terme désignait initialement l'ancien territoire carthaginois conquis par la république romaine. Par la suite, le terme Afrique a longtemps servi à désigner l'Afrique du Nord à dominante arabo-berbère, le sud à majorité noire était appelé Éthiopie. Ainsi, dans le livre V de son Histoire naturelle, Pline l'Ancien mentionne le fleuve Niger, qu'il nomme Nigris, comme délimitation : « le fleuve Nigris sépare l'Afrique de l'Éthiopie ». Après la Renaissance, les Européens donneront le nom Afrique à l'intégralité du continent et au moment de la colonisation, les Français utiliseront le nom d'Afrique-Occidentale française (AOF) pour désigner les territoires conquis dans l'ouest du continent et les Britanniques, le nom d'Afrique occidentale britannique (British West Africa). Les habitants sont appelés Ouest-africains et Ouest-africaines, ou plus familièrement Westafs sans que ce terme ne souffre d'aucune connotation. À l'image du terme Européen qui sert parfois à désigner uniquement ce qui est relatif à l'Union européenne, l'usage politique courant réduit souvent le terme Ouest-africain à ce qui est relatif à la zone CEDEAO.

L’Afrique de l’Ouest présente une grande variété géographique et culturelle entre l’océan Atlantique à l’ouest et au sud, le Sahara au nord, et approximativement le 10e méridien à l’est. Tandis que le fleuve Niger est généralement considéré comme la frontière septentrionale de la région, sa frontière orientale est plus floue. Certains la placent le long du Bénoué, d’autres sur une ligne reliant le mont Cameroun au lac Tchad. Les États de la CEDEAO revendiquent ouvertement leur caractère ouest-africain tandis que la Mauritanie y est incluse dans la définition de l'Organisation des Nations unies. La Mauritanie a quitté la CEDEAO en 2000 et fait désormais partie de l'Union du Maghreb arabe et de la Ligue arabe.

L’Afrique de l’Ouest occupe une surface de 6 140 568 km2, soit environ un cinquième du continent africain. La grande majorité de la région est composée de plaines dont l’altitude est inférieure à 300 m. Plusieurs sommets isolés parsèment la côte Sud.

La partie septentrionale est occupée par le Sahel, zone de transition aride à semi-aride entre le désert du Sahara et l’Afrique intertropicale. Le Sahel forme une bande de 160 à 240 km de large.

Le mont Nimba, situé aux confins de la Côte d'Ivoire et de la Guinée est le point culminant de l'Afrique de l'Ouest avec une altitude de 1 752 m. La réserve naturelle intégrale du Mont Nimba, est classée depuis 1981 réserve de biosphère et site du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Principales métropoles ouest-africaines

« Le maximum d'aridité se situe entre 20000 et 15500 B.P. [≈ 18000-13500 av. J.-C.] ce qui se traduit par une importante expansion des milieux ouverts de savanes au détriment de l'espace forestier réduit à des zones refuges. La transition post-glaciaire, entre 15500 et 12000 ans B.P. [≈ 13500-10000 av. J.-C.] connaît un réchauffement et une humidification entraînant un regain de la forêt dense guinéo-congolaise en plaine et de la forêt afromontagnarde en altitude. Entre 9000 et 6000 ans B.P. [≈ 7000-4000 av. J.-C.], une phase climatique chaude et humide optimale favorise une importante montée des niveaux lacustres et une large expansion forestière. Après quoi, de 4000 à 2500 B.P. [≈ 2000-500 av. J.-C.], un assèchement progressif contribue à un nouveau retrait des milieux forestiers, à une avancée des taxons mésophiles au sein de ceux-ci et au morcellement de certains massifs. À partir de 2500 B.P. [≈ 500 av. J.-C.], le climat évolue progressivement vers son stade actuel, à caractère plus chaud et plus humide mais il présente une certaine instabilité en rapport avec les phénomènes globaux marquant les deux derniers millénaires. L'influence anthropique en Afrique occidentale atlantique, s'est surtout intensifiée à partir de 2000 ans B.P. [début de l'ère chrétienne], interférant avec les événements climatiques dont elle peut masquer les effets. »

Les premières populations sont composées de chasseurs-cueilleurs ou pygmée d'Afrique de l'Ouest qui vivent dans la partie occidentale de l'Afrique centrale avant 30 050 avant J.-C. puis en Afrique de l'Ouest entre 14 050 avant J.-C. et 10 050 avant J.-C., jusqu'à aussi tard que 950 après J.-C. ou quelque temps après 1500 après J.-C. Ces chasseurs-cueilleurs sont associés archéologiquement au technocomplexe microlithique de l'Afrique de l'Ouest. Malgré leur importance dans la préhistoire de l'Afrique de l'Ouest, la population de différentes parties de cette région à partir des zones côtières de l'Afrique de l'Ouest subsahariennes et des forêts de l'Afrique centrale occidentale est souvent négligée.

Les populations humaines d'Afrique de l'Ouest se sédentarisèrent parallèlement au développement de l’agriculture et de l’élevage. Le millet perle (Pennisetum glaucum) semble avoir été domestiqué aux environs de 6000 av. J.-C. (8000 BP) dans une zone située au nord du fleuve Sénégal. Le sorgho aurait lui été domestiqué à l'est du lac Tchad 5000 av. J.-C. (7000 BP) à partir de l'espèce Sorghum bicolor. La domestication de ces deux céréales par les agriculteurs ouest-africains représente un apport majeur pour l'alimentation humaine. En effet, le millet perle se diffusera progressivement hors de l'Afrique de l'Ouest et sera notamment adopté par les Éthiopiens, les Indiens et les Bantous. Le sorgho connaîtra le même succès et sera adopté par les Indiens, les Chinois, les Éthiopiens, les habitants du Moyen-Orient et les Bantous. Le Sahara s'assèche progressivement à partir de 3600 av. J.-C. (5600 BP) pour devenir un désert vers 700 av. J.-C. (2700 BP), de manière corrélée à l’affaiblissement des pluies de la mousson atlantique.

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