Ce Jour-là

Affaires du voile islamique en France

Les affaires du voile islamique en France sont une série d'événements et de polémiques médiatisés en lien avec le port d

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Les affaires du voile islamique en France sont une série d'événements et de polémiques médiatisés en lien avec le port du voile islamique (ou hidjab) sur le territoire français. Les polémiques prenant ces événements pour objet, les constituant ainsi en affaires, se sont généralement déployées autour de la notion de laïcité.

Parmi ces affaires, on peut citer l'affaire des collégiennes de Creil (1989), l'affaire de la crèche Baby Loup (2010-2014) et l'émeute urbaine de Trappes liée à un contrôle controversé d'une femme portant le voile intégral (2013).

Ces événements et ces polémiques ont donné lieu à deux lois principales : la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises (2004) et la loi interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public (2010).

Politique coloniale française et « cérémonies de dévoilement » en Algérie française

La première confrontation de la culture française avec le voile islamique se produit durant la période de l'Algérie française. Une campagne de propagande coloniale française en Algérie, montrant des femmes drapées de leur haïk, accompagnées d’un slogan impératif explicite : « N’êtes-vous donc pas jolie ? Dévoilez-vous ! ». Dans des livres comme Les Féministes blanches et l’empire de Stella Magliani-Belkacem et Félix Boggio Éwanjé-Épée qui s'appuie sur L'An V de la révolution algérienne de Frantz Fanon, les auteurs reviennent sur les cérémonies de dévoilement en Algérie en mai 1958 par les généraux putschistes et leurs épouses.

Débats autour de la loi de 1905 et législation sur la religion et l'habillement

Les virulents débats du début du XXe siècle, marqués notamment par la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l'État, ont abordé la question de la légalité des vêtements religieux chrétiens dans certains lieux, l'islam ne faisant alors guère débat.

Ainsi, le 10 septembre 1900, Eugène Thomas, maire du Kremlin-Bicêtre, prend un arrêté interdisant le port de la soutane sur le territoire de la commune, qu'il justifie ainsi :

« Le clergé est un groupe de fonctionnaires […] qu'il importe particulièrement, en raison de leur nombre, de leur indiscipline naturelle et de la nature même de leurs fonctions complètement inutiles au bien de l’État, de les rappeler en toutes choses au respect absolu de toutes les lois. […] Si le costume dont s'affublent les religieux peut favoriser leur autorité sur une certaine partie de la société, il les rend ridicules aux yeux de tous les hommes raisonnables et l’État ne doit pas tolérer qu'une catégorie de fonctionnaires serve à amuser les passants. »

La première séparation, en date du 3 nivôse An III (23 décembre 1794), a prohibé le port de l’habit religieux en public. Sous le régime du Concordat, le port de la soutane était réglementé, mais de facto non appliqué. Lors des débats sur la loi de 1905, le député de la Drôme radical socialiste Charles Chabert dépose un amendement pour interdire le port de la soutane en dehors des lieux de culte, arguant l'émancipation des cléricaux et des motifsd 'ordre public comme le risques de réactions anti-cléricales Le rapporteur de la loi , Aristide Briand répond au député en disant que :

« Le silence du projet de loi au sujet du costume ecclésiastique… n’est pas le résultat d’une omission mais bien au contraire d’une délibération mûrement réfléchie. Il a paru à la commission que ce serait encourir, pour un résultat plus que problématique, le reproche d’intolérance et même d’exposer à un danger plus grave encore, le ridicule, que de vouloir par une loi qui se donne pour but d’instaurer dans ce pays un régime de liberté au point de vue confessionnel, imposer aux ministres des cultes l’obligation de modifier la coupe de leurs vêtements… La soutane devient, dès le lendemain de la séparation, un vêtement comme un autre, accessible à tous les citoyens, prêtres ou non, c’est la seule solution qui nous ait paru conforme au principe même de la séparation. »

L'amendement est rejeté. Les arrêtés pris par les maires anti-cléricaux interdisant le port de la soutane sont systématiquement jugés illégaux par le Conseil d'État et donc annulés.

La loi de 1905 énonce dans son article 1er :

« La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public. »

La loi instaure donc un régime libéral. Selon son rapporteur, Aristide Briand, « toutes les fois que l’intérêt de l’ordre public ne pourra être légitimement invoqué, dans le silence des textes ou le doute sur leur exacte interprétation, c’est la solution libérale qui sera la plus conforme à la pensée du législateur. […] Le principe de la liberté de conscience et du libre exercice du culte domine toute la loi ».

L'enquête intitulée « Trajectoires et origines » (TEO) menée par l'Insee et l'Ined en 2008 traite de l'immigration. Selon l'hebdomadaire Marianne, cette enquête montre que « la sécularisation (l’émancipation des préceptes religieux) qui gagnait à grande vitesse la société française — immigrés musulmans compris — a laissé place depuis les années 80 à une forte réislamisation. […] Le voile et la forte progression des interdits alimentaires dans tous les milieux en sont les aspects visibles ».

Évolutions contemporaines de la législation française

De manière générale, le port de signes religieux est autorisé dans l'espace public et le rejet des personnes en portant peut constituer une discrimination

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