Nicolas Adolphe Bellevoye est un dessinateur et graveur français né le 9 avril 1830 à Metz et décédé le 29 novembre 1908 à Reims. Illustrateur de livres d'entomologie, de numismatique et d'héraldique, il fut officier d'Académie et membre de plusieurs sociétés savantes.
Adolphe Bellevoye naît à Metz, en Moselle, le 9 avril 1830. Il fait ses études à l’école industrielle de Metz, avant de recevoir une formation de graveur chez Louis Michaud, un artiste messin. Il suit aussi les leçons d’Émile Faivre, qui l’encourage à réaliser des travaux artistiques. Adolphe Bellevoye tient une bijouterie, avec son atelier, où il exerce en même temps la gravure. Adolphe Bellevoye se rend ensuite à Paris pour se perfectionner mais la révolution de 1848 le stoppa. Il retourne alors à Metz.
Adolphe Bellevoye est aussi membre de sociétés savantes, où il publie des articles et des planches. En 1857, il est admis à l’Académie nationale de Metz et dès l'année suivante, il devient membre de la Société d'archéologie et d'histoire de la Moselle. En 1863, Bellevoye devient également membre de la société d’Histoire naturelle de Metz. Il appartient aussi à la Société entomologique de France. Très tôt, il a en effet commencé une collection d’insectes de toutes les parties du monde ; dès 1857 sa collection de coléoptères est importante ; cette passion le suit toute sa vie. En 1861, il obtient une médaille d'argent de 2e classe et une mention honorable dans la section des beaux-arts lors de l'Exposition universelle à Metz.
L'artiste messin est très affecté par la Guerre franco-allemande de 1870, et par le traité de Francfort, qui ratifie l'annexion de l’Alsace-Lorraine à l'Allemagne. Le 23 février 1870, Adolphe Bellevoye et son épouse, Mariette Picquant, ont un fils, qu'ils prénomment Lucien.
À partir de 1881, Adolphe Bellevoye, avec des Messins d’origine française, siège au conseil municipal de la ville devenue allemande. Il est chargé des affaires culturelles. Il est membre d’associations de prévoyance et de secours mutuels et réalise, à cette époque, la biographie et le catalogue des dessins et peintures de son ami Auguste Migette, l'artiste de Trèves ayant légué ses œuvres à la ville. En 1887, Adolphe Bellevoye, son épouse et leur fils décident de quitter Metz pour Reims. Ce départ s’explique d'une part, à cause des tracasseries administratives allemandes, d'autre part, pour éviter que le jeune Lucien ne fasse son service militaire dans la Deutsches Heer, l’armée impériale allemande. Adolphe Bellevoye choisit Reims car il a des contacts sur place, notamment les membres des sociétés savantes locales. Adolphe Bellevoye crée alors une nouvelle bijouterie, continuant d'exercer ses talents de graveur sur des médailles. Il poursuit par ailleurs sa collaboration avec les sociétés savantes de sa ville natale. Il reconstitue l’ancienne société naturelle de Reims où, poursuivant son travail de gravure, il illustre de nombreux articles pour la plus grande joie des connaisseurs. Il appartient à l’Académie de Reims, et devient officier d’Académie en 1889.
Adolphe Bellevoye décède à Reims le 29 novembre 1908. Une rue de Metz porte son nom dans le quartier de Devant-les-Ponts.
Adolphe Bellevoye fait partie des principaux graveurs messins du XIXe siècle avec les deux Malardot, de Turgy, Aimé de Lemud, Auguste Hussenot, Gallyot, Pelletier, Penguilly et Léon Simon. Son œuvre artistique, influencée par le romantisme, illustre surtout le patrimoine historique et archéologique de Metz et de sa région. Il publie des eaux-fortes en album : églises, châteaux et l’aqueduc de Jouy-aux-Arches. Il illustre de nombreux livres : planches de monnaies pour les numismates ; blasons, châteaux et arbres généalogiques pour les nobles ; églises, maisons anciennes, dessins de restes archéologiques, vitraux pour les érudits locaux et des ex-libris pour les bibliophiles. Son œuvre numismatique, avec des gravures de médailles, est considérable.
Rapport sur un autel portatif de la cathédrale de Metz avec gravures ;
Notice biographique sur Auguste Migette ;
Catalogue et notes sur la collection du musée Migette ;
Charles-André Malardot, son frère Gonzalve Malardot et Henry Turgny, graveurs à l’eau-forte, Messins. Biographie et catalogue de leurs œuvres, 1883 ;
Notice sur Charles Robert, membre de l’Institut et achats de monnaies messines à sa vente pour le médailler de la ville de Metz, 1886 ;
Restes du tombeau de Louis le Débonnaire au musée de Metz, 1887.
Catalogue des hémiptères du département de la Moselle, Metz, 1863.
Observations sur les Mœurs de plusieurs espèces de coléoptères vivant sur les plantes aquatiques, Metz, 1870.
Insectes qui vivent sur les tilleuls de l’Esplanade de Metz et insectes nouveaux ou rares des environs de Metz, Metz, 1870.
Mœurs des anthrénus qui vivent aux environs de Metz, Metz, 1878.
Observations sur la chaiicodoma, le magaphilus centeucularis et l’osmia biscornis aux environs de Metz, Metz, 1884.