Ce Jour-là

Addis-Abeba

Capitale de l'Éthiopie

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Addis-Abeba (/adis‿abeba/ ; en amharique : አዲስ አበባ, Addis Abäba, /adˈdis ˈabəba/ , « Nouvelle fleur » ; en oromo : Finfinnee, « Source naturelle ») est la capitale de l'Éthiopie. Cette ville d'une superficie de 526,47 km2, peuplée de plus de trois millions d'habitants, accueille, depuis 1963, le siège de l'Union africaine.

Addis-Abeba est située au centre du pays, sur un plateau à une altitude comprise entre 2 300 et 2 600 mètres, ce qui lui vaut d'être la capitale la plus élevée d'Afrique et la cinquième au niveau mondial.

La région dans laquelle a été fondée Addis-Abeba est appelée Finfinnee par la population locale : les Oromos Goullelés. La zone bénéficie d'une faune et d'une flore particulièrement riches. Au sud-ouest se dresse le mont Wechacha, tandis qu’au nord s’élèvent les collines d’Entoto. Celles-ci constituent, avant la fondation d'Addis-Abeba, le lieu où Menelik II et son épouse Taytu Betul se sont installés. Ce lieu porte alors le nom de Fell-Wa. Menelik choisit le nom d'Adhis-Ababa (Addis-Abeba) le 4 novembre 1887. Le choix du déplacement vers l'actuelle Addis-Abeba s'explique par la rudesse du climat d'Entoto, froid et venteux. En effet, le couple impérial a pris l'habitude de séjourner aux sources thermales de Filoha, situées à une altitude moins élevée.

En 1886, alors que Taytu admire le paysage, elle aperçoit une fleur d'une rare beauté. Enchantée par le climat tendre, elle demande à son époux la possibilité de construire une maison dans la zone. Favorable à cette idée, Menelik II prépare le début des travaux et promet à Taytu de lui offrir le terrain de la future résidence. La sélection de l'emplacement précis de la fondation d'Addis-Abeba fait suite à une prophétie du grand-père de Menelik II, Sahle Selassié, negus du Choa de 1813 à 1847. À cette époque, durant une partie d'échecs, il déclare : « Ce pays est couvert de broussailles et de végétation, mais un jour viendra où mon petit-fils construira ici une maison et y fondera une ville ».

C'est à l'endroit précis où son grand-père a pratiqué l'escrime que Menelik II décide de fonder la ville. Le nom est un choix de Taytu. Celle-ci, restée frappée par une fleur qu'elle n'a jamais aperçue auparavant, décide de baptiser la ville Addis Abeba, la « Nouvelle fleur » en amharique.

Taytu Betul ordonna rapidement le début des constructions qu'elle observait depuis Entoto. Addis-Abeba devint véritablement une ville et se développa avec l'implantation de la souveraine, de dignitaires et de soldats. Toujours en 1886, Menelik II ordonna la construction d'un palais à Addis-Abeba. À cette époque, la ville était principalement occupée et administrée par des militaires. À la suite de la famine de 1889-1892 et à la bataille d'Adoua en 1896, beaucoup de gens s’installèrent à Addis-Abeba, notamment des citoyens étrangers. Progressivement, la ville fut administrée de manière civile. Les terres appartenaient à Menelik qui accorda d'importants espaces à des nobles et à diverses églises, des résidences y furent construites à l'intérieur des sefer (sorte de domaines) qui étaient administrés par les nobles à leur tête.

Le palais du Negusse negest était le plus vaste et organisé des sefers de la capitale, il se trouvait au nord-est de la source thermale ; à la suite d'un incendie en 1892, Menelik décida d'y bâtir un palais encore plus vaste entouré par une cinquantaine d'habitations et équipé d'un système d'approvisionnement en eau élaboré par Alfred Ilg, un ingénieur suisse ; plusieurs menuisiers indiens participèrent également à la construction. Peu à peu, de nouvelles populations venant de toutes les provinces éthiopiennes s'installèrent à proximité du palais. En 1893, Ilg conseilla à Menelik, sur la suggestion d'un fonctionnaire égyptien, de bâtir une mosquée pour les Éthiopiens musulmans, car il n'y avait dans la capitale aucune mosquée, ni aucun cimetière musulman. Le souverain accepta la construction de la mosquée Al-Nour (derrière l'ancienne poste) et d'un cimetière.

Au début du XXe siècle, Addis-Abeba se développait autour de deux centres principaux : le palais impérial, le centre politique, et la cathédrale Saint-Georges avec le quartier Arada formaient le centre religieux et commercial. L'Arada était un vaste marché au sud de l'église, la majorité des établissements commerciaux appartenaient à des étrangers, le quartier devenait le principal centre commercial national. Les activités commerçantes se déplaceront durant l'occupation italienne vers le quartier Mercato, l'Arade demeura un centre commercial et culturel.

La bataille d'Adoua avait contribué à renforcer la position d'Addis-Abeba en tant que capitale de l'empire d'Éthiopie, quelques années plus tard, en raison du développement de la ville, les besoins en bois pour la construction et le chauffage augmentaient et la capitale connut une pénurie de bois.

Après avoir envisagé le déplacement de la capitale à Addis-Alem, Menelik abandonna l'idée à la suite des protestations des légations et à l'arrivée de l'eucalyptus, arbre à la croissance rapide ; par ailleurs, les tentes de toile blanche furent ainsi remplacées par des bâtiments en dur, dont certains sont encore visibles aujourd'hui (voir photo ci-contre de l'hôtel Taytu).

Une modernisation impulsée par le pouvoir impérial

Par ailleurs, un nouveau palais était déjà en construction sur place ainsi qu'une route en direction de la capitale.

Enfin, une charte foncière fut adoptée en 1907 et avec la fin de la construction du chemin de fer franco-éthiopien, Addis-Abeba sortit définitivement d'une situation de perpétuelle précarité et entra dans une nouvelle phase de développement.

En 1903, les tôles ondulées, désormais visibles dans toute la capitale, arrivèrent à Addis-Abeba et remplacèrent progressivement les toitures de chaume.

Le début du siècle vit l'arrivée de nombreux constructeurs européens et asiatiques ainsi que des matériaux de l'extérieur.

Alfred Ilg joua un rôle important dans la construction puisque la capitale lui doit son premier pont métallique de dimensions moyennes tout comme le premier système de canalisation d'eau.

Les résidences privées construites étaient de style divers, de forme ovale comme celle du ras Mengesha Attikem, de forme rectangulaire telle que la résidence Ras Birru Wolde Gebriel ou encore du « style Addis-Abeba » : deux bâtiments distincts reliés par un pont et un étage supérieur reposant sur des colonnes et solives apparentes.

Divers bâtiments publics marqués par l'influence européenne furent construits durant la même période : l'hôtel Taytu et la banque d'Abyssinie, construits en 1907, l'école Menelik II (1908), l'hôpital Menelik II (1910) et l'imprimerie nationale (1911).

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