Ce Jour-là

Adalard de Corbie

Abbé de Corbie

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Adalard, ou Adalhard, ou encore Adélard de Corbie, (Adal(h)ardus, abbas Corbeiensis), serait né vers 752 à Huysse (à l'époque Uscia) près d'Audenarde en Flandre, et mort le 2 janvier 826 à Corbie près d'Amiens en Picardie, fut moine puis abbé de l'abbaye de Corbie et de l'abbaye de Corvey, près Höxter, en Westphalie qu'il avait contribué à fonder. Cousin germain de Charlemagne, petit-fils de Charles Martel, ce fut l'un des grands abbés de la période carolingienne. D'abord attaché à la personne de Carloman, frère cadet de Charlemagne, il passa ensuite au service de Charlemagne qui le nomma tuteur puis conseiller de Pépin son fils aîné, roi d'Italie. Disgracié et exilé par l'empereur Louis le Pieux, en 814, il retrouva, par la suite, les faveurs du prince et repris la tête des monastères de Corbie et de Corvey jusqu'à sa mort.

Il a été reconnu saint par l'Eglise catholique au XIe siècle.

Son nom est retranscrit en français sous d'autres formes qu’« Adalard » : Adhalard , Adalhard, Adélard, Adhélard, voire Alard. Une grande partie de nos connaissances sur la vie d'Adalhard provient de son illustre contemporain Paschase Radbert, auteur d'une longue Vita sancti Adalhardi (BHL 58) qui est parvenue jusqu'à nous.

Origines familiales et formation

Sa naissance à Huysse, en Flandre, n'est pas certaine, c'est l'historien Jacques (ou Jacob, Jacobus) De Meyer (dit Meyerus, 1491-1552) qui a émis cette hypothèse pour la première fois au XVIe siècle. Cette origine est également donnée par Molanus qui précise que cette villa d' Uscia (Huysse) qu'on peut aussi traduire par village a été offerte à l'abbaye de Corbie qui y posséda effectivement un important domaine. Ce don a été fait selon Jacques De Meyer non pas par Adalard lui-même mais par le comte Conrad. Selon le chanoine Peltier, la naissance d'Adalard en Flandre, berceau des Pépinides, est vraisemblable.

Il est le fils du comte Bernard, lui-même fils de Charles Martel ; sa mère est la première épouse de Bernard, une Franque dont l'histoire n'a pas retenu le nom. Adalard a pour demi-frère Wala, fils de Bernard et de la seconde épouse de celui-ci, une Saxonne restée pour nous anonyme.

Son père Bernard, comte de Saint-Quentin, possédait dans le Brabant et le pays de Liège un immense domaine dont il hérita. Il en fit don à l'abbaye Saint-Pierre de Corbie.

En tant que cousin de Charlemagne son aîné de dix ans, il suivit la même formation. Il parlait couramment le tudesque, le latin et le roman. Il bénéficia de la protection de son cousin, roi des Francs puis empereur d'Occident, et devint l'un de ses proches conseillers.

Il se fit ermite près de Bénévent, en Italie du Sud, puis devint moine à l'abbaye de Corbie sous l'abbatiat de Maurdramne (772-781), pendant lequel fut rédigée une Bible en sept écritures différentes dont la minuscule caroline. Il exerça la fonction de jardinier et l'Église fit de lui le saint patron de cette profession. À Corbie, il reçut de nombreuses visites de grands du royaume lui demandant d'intercéder en leur faveur auprès de Charlemagne. Lassé, il s'enfuit à l'abbaye du Mont-Cassin. Son refuge découvert, il dut revenir à Corbie dont il devint l'abbé après le retrait de Maurdramne, en 781. C'est à Corbie en 774, que, après sa défaite, le roi des Lombards Didier ainsi que la reine Anse et leur fille Ermengarde furent assignés à résidence, sans doute obligés d'entrer dans les ordres.

Pendant son abbatiat, Adalard fit faire de grand progrès à l'école monastique de Corbie. Le scriptorium fut l'un des lieux où s'élabora l'écriture minuscule caroline qui s'imposa à tout l'Occident. La bibliothèque de l'abbaye s'enrichit de somptueux manuscrits enluminés qui sont aujourd'hui conservés, pour partie, dans les Bibliothèques d'Amiens Métropole, à la Bibliothèque nationale de France à Paris et à la Bibliothèque nationale de Russie (ex-Saltykov-Chtchédrin) de Saint-Pétersbourg.

À cette époque, Adalard jeta les bases des statuts du palais d'Aix-la-Chapelle qui furent plus tard établis définitivement par Hincmar.

Adalard entretint une correspondance suivie avec de grands dignitaires carolingiens : Alcuin, abbé de Saint-Martin de Tours, Angilbert, abbé de Saint-Riquier, Paul Diacre, abbé du Mont-Cassin et Éginhard, proche conseiller de Charlemagne. Lorsqu'Alcuin se retira, Adalard devint l'un des tout premiers conseillers de Charlemagne.

Comte du palais, il figure dans le groupe de lettrés entourant Charlemagne et auquel les Modernes ont donné le nom discutable d'Académie palatine.

Membre important de la cour impériale de Charlemagne, il assuma quelques missions comme missus dominicus et prit part, aux côtés de son père Bernard de Flandre, aux expéditions contre les Lombards. Mais désapprouvant la répudiation de Désirée de Lombardie, épouse de Charlemagne, il quitta la cour en 772 et se fit moine à l'abbaye de Corbie sans pour autant se mettre totalement de l'action politique.

En 781, Charlemagne le nomma régent d'Italie au nom de son fils Pépin âgé de quatre ans. Jusqu'en 805, Adalard se partagea entre Corbie et Pavie. En 796, il devint conseiller de Pépin d'Italie. Après la mort de Pépin, Charlemagne le nomma, en 812, tuteur de Bernard d'Italie, fils du défunt roi.

Charlemagne mourut en 814, son fils Louis Ier le Pieux lui succéda à la tête de l'empire.

Sous le règne de Louis le Pieux

À son avènement, Louis le Pieux écarta les conseillers de son père. Adalard fut exilé au monastère de Noirmoutier, dirigé par l'abbé Arnoul, en 814.

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