Les accords de Lancaster House (ou Zimbabwe Act) sont un texte pré-constitutionnel portant sur l'avenir de la Rhodésie du Sud, futur Zimbabwe, signés le 21 décembre 1979 au sein de la Lancaster House, à Londres (Royaume-Uni).
En juin 1979, la colonie rebelle de Rhodésie du Sud devenait le Zimbabwe-Rhodésie, dirigé par l'évêque méthodiste Abel Muzorewa.
Le gouvernement issu d'une négociation interne entre l'ancien Premier ministre blanc Ian Smith et certains de ses opposants noirs n'avait pas été reconnu par la communauté internationale.
Lors de la conférence des chefs d’États du Commonwealth, tenue à Lusaka, en Zambie, du 1er au 7 août 1979, le nouveau Premier ministre du Royaume-Uni, Margaret Thatcher, d'abord favorable au principe de la reconnaissance du gouvernement de Muzorewa, avait finalement accepté d'organiser à Londres une conférence portant sur l'arrêt des hostilités et de nouvelles négociations constitutionnelles pour l'avenir de la Rhodésie.
La conférence constitutionnelle se déroula du 10 septembre au 17 décembre 1979.
Chaque délégation comprenait douze membres.
La délégation du Front patriotique comprenait notamment Robert Mugabe et Joshua Nkomo, les chefs des guérilleros du Front patriotique, et Josiah Tongogara, général en chef de l'Armée de libération de la nation africaine du Zimbabwe (ZANLA).
La deuxième délégation comprenait les représentants du gouvernement de Salisbury, dont l'évêque Abel Muzorewa, Premier ministre du gouvernement d'unité nationale de la Zimbabwe-Rhodésie, le révérend Ndabaningi Sithole (en), chef de la modérée l’Union nationale africaine du Zimbabwe - Ndonga (en), et l'ancien Premier ministre blanc, meneur du Front rhodésien, Ian Smith.
La troisième délégation était la représentation britannique menée par Lord Peter Carrington, secrétaire aux Affaires étrangères du gouvernement britannique et hôte de cette conférence.
Durant les premiers entretiens, la méthode des négociations séparées était adoptée afin d'éviter des heurts entre les parties rhodésiennes. La délégation britannique effectuait des négociations avec la délégation rhodésienne d'une part et avec la délégation du Front patriotique d'autre part. Il s'agissait pour Londres de pouvoir effectuer son travail de médiateur.
Chaque délégation était venue avec son propre projet constitutionnel. Ils avaient peu de points communs, hormis l'abaissement du droit de vote à 18 ans et la division du parlement en deux chambres.
Le 13 novembre, alors que les négociations s'éternisaient à cause de blocages de la part de la délégation du Front patriotique, le Parlement britannique mit la pression sur les délégués en votant une loi autorisant le gouvernement britannique à conduire par lui-même et sous son autorité seule le Zimbabwe-Rhodésie vers l'indépendance.
En raison de la menace de Lord Carrington de conclure un accord bilatéral avec la délégation de Salisbury, le Front patriotique se résigna à accepter les propositions britanniques le 15 novembre.
Ainsi, après 14 semaines de négociations, ces entretiens étaient parvenus à obtenir l'établissement d'un cessez-le-feu, le retour de la Zimbabwe-Rhodésie à un statut temporaire de colonie britannique sous la gestion d'un gouverneur britannique, l'acceptation de conditions pour la rédaction d'une constitution et de nouvelles élections démocratiques et non raciales en vue de la fondation d'une nouvelle République du Zimbabwe.
À cette fin, une armée de surveillance du cessez-le-feu du Commonwealth d'environ 1 200 hommes fut mobilisée. Elle visait notamment à contrôler la neutralité des forces aériennes rhodésiennes et à s'assurer du regroupement des 28 000 guérilleros sur 16 points de rassemblement déterminés à travers le pays.
Le 7 décembre, Lord Soames, gendre de Winston Churchill et ancien ambassadeur britannique en France, était nommé gouverneur de la Rhodésie.
Ainsi, le 12 décembre 1979, le Zimbabwe-Rhodésie se replaçait sous la tutelle britannique sous l'autorité de Lord Christopher Soames.
L'accord définitif était adopté le 19 décembre 1979.