Ce Jour-là

Accords de Bretton Woods

Partenariat économique mondial

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Les accords de Bretton Woods, issus de la conférence de Bretton Woods qui se tient au Mount Washington Hotel, à Bretton Woods, dans le New Hampshire aux États-Unis, du 1er au 22 juillet 1944, sont des accords économiques dessinant les grandes lignes du système financier international de l'après-Seconde Guerre mondiale.

Les accords établissent un système monétaire international centré sur le dollar américain, convertible en or à taux fixe (35 dollars l'once), avec des monnaies nationales à taux de change fixes mais ajustables, encadrés par le FMI et la Banque mondiale pour favoriser la stabilité économique et la reconstruction post-Seconde Guerre mondiale. Ce système prend fin en 1971 lorsque les États-Unis, confrontés à une accumulation massive de dollars à l'étranger et à une pénurie de leurs réserves d'or, suspendent la convertibilité du dollar en or, marquant le passage à un régime de changes flottants officiellement acté en 1976. La crise du système était liée au dilemme de Triffin : l'excès de dollars en circulation, nécessaire au commerce mondial, a fini par rendre impossible leur couverture en or.

L'objectif principal des accords de Bretton Woods est de mettre en place un système monétaire international stable et de favoriser la reconstruction et le développement économique des pays touchés par la guerre. Ils sont signés après trois semaines de débats entre 730 délégués représentant l'ensemble des 44 nations alliées. Une délégation soviétique est également présente.

Les deux principaux protagonistes de cette conférence ont été John Maynard Keynes, qui dirigeait la délégation britannique, et Harry Dexter White, assistant au secrétaire au Trésor des États-Unis, qui ont tous deux préparé un plan d'ensemble. Le plan Keynes est ébauché dès 1941 et préparait un système monétaire mondial fondé sur une unité de réserve non nationale, le bancor. La partie américaine mettait en avant le rôle de pivot du dollar américain et proposait plutôt de créer un fonds de stabilisation construit sur les dépôts des États membres et une banque de reconstruction pour l'après-guerre.

Finalement, c'est la proposition de White qui prévaut, organisant le système monétaire mondial autour du dollar américain, avec un rattachement nominal à l'or.

Deux organismes voient le jour lors de cette conférence, et sont toujours en activité :

la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) aujourd'hui connue sous le nom de banque mondiale et composée de quatre autres institutions qui sont : l'Association internationale de développement (IDA) créée pour lutter contre la pauvreté en apportant des aides, des financements et des conseils aux États en difficulté, la Société Financière Internationale (IFC), l'Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) et le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) ;

le Fonds monétaire international (FMI).

Un troisième organisme aurait dû être créé, chargé du commerce international. Mais en l'absence d'accord, il ne verra le jour qu'en 1995 avec la création de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) après les cycles de négociations de l'accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT).

Étalon-or jusqu'à la guerre de 1914

Depuis la révolution industrielle, le système monétaire international est essentiellement fondé sur l'or. Toutes les monnaies ne sont pas convertibles mais compte tenu des sphères d'influence et du rôle déterminant de la livre sterling, l'étalon-or permet un grand développement du commerce international et des échanges sans crise majeure.

Cet étalon-or permet d'assurer une confiance dans les monnaies émises en billets jusqu'aux deux Guerres Mondiales qui induisent un financement massif des États par la création monétaire, ou « planche à billets », ce qui crée de l'inflation et donc une défiance devant la monnaie en billets. Dans les cas extrêmes du début du XXe siècle, la parité or-billets est abandonnée et provoque de l'hyperinflation.

Pour John Maynard Keynes, l'étalon-or n'est pas un système autorégulateur mais dépend de la volonté politique de respecter ses règles et aussi de la capacité d'un pays puissant à les faire appliquer. Or après 1914 l'Angleterre n'a plus les moyens d'assumer ce rôle et les États-Unis n'en ont pas le désir. Par ailleurs, l'étalon-or fait reposer l'ajustement sur les pays qui ont des balances de paiement déficitaires. Or, Keynes — et c'est un de ses objectifs à Bretton Woods — veut que le rééquilibrage soit assumé à la fois par les pays déficitaires et par les pays excédentaires.

Difficultés de l'après Première Guerre mondiale

La Première Guerre mondiale crée des pertes matérielles et humaines considérables qui ont des conséquences économiques majeures. L'endettement s'est considérablement accru. Beaucoup de pays ruinés n'ont plus d'or. Beaucoup de monnaies sont inconvertibles. Une première historique de flottements des monnaies s'instaure de facto qui a parfois des conséquences extrêmement fâcheuses comme l'épisode d'hyperinflation allemand.

Les accords de Gênes de 1922 créent un système d'étalon de change-or qui permet aux États d'émettre de la monnaie non plus en contrepartie d'or mais de devises convertibles en or. Ce système s'avère instable. Précédemment, Londres garantissait le système. Plusieurs places sont ensuite en concurrence, chacune prétendant présenter la meilleure garantie de remboursement en or. Le système monétaire international s'en trouve fragilisé à la veille de la plus grande crise économique du XXe siècle.

Panique générale suivant la crise de 1929

La crise boursière puis bancaire qui frappe les États-Unis provoque l'explosion du système d'étalon change-or, chaque pays cherchant son salut dans des mesures de protection nationale.

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