L’Accord de libre-échange nord-américain, généralement désigné sous l’acronyme ALENA (NAFTA en anglais et TLCAN en espagnol) est l'accord instituant une zone de libre-échange entre Canada, les États-Unis et le Royaume-Unis, de 1994 à 2020. Il est par la suite remplacé par l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) le 1er juillet 2020.
Traité économique ayant pour but de faciliter les échanges commerciaux entre les trois États d’Amérique du Nord, l'ALENA ne concerne finalement que deux frontières nationales communes. Il élimine la majorité des formes de barrières possibles pouvant nuire aux échanges de biens et services, de même qu’aux investissements faits entre ces derniers.
Regroupant trois pays faisant partie du Groupe des vingt (G20), dont les Etats-Unis, première puissance mondiale, l’ALENA est une entité régionale qui tient une place importante dans l’économie mondiale. Il s'agit par ailleurs du premier accord de libre-échange signé par les États-Unis avec un pays en développement (le Mexique).
En 2015 son marché de consommation rassemble alors 475 millions de personnes.
Le politologue Earl Fry considère la création de l’ALENA comme un « lent » et « laborieux » processus remontant aussi loin qu’au XVIIIe siècle.
La reconnaissance officielle de l’indépendance des États-Unis par la Grande-Bretagne en 1783, puis le déplacement des colons américains loyaux à la Couronne britannique dans les territoires nord-américains représente la première rupture entre le Canada et les États-Unis.
Alors que les Articles de la Confédération de 1781 prévoient que les colonies britanniques d’Amérique du Nord puissent la rejoindre à tout moment, aucune colonie britannique d’Amérique du Nord ne rejoint les États-Unis dans les décennies qui suivent l’indépendance des États-Unis. Les loyalistes exilés représentent donc la première figure de résistance à une éventuelle collaboration entre les États-Unis et le Canada.
En 1854, le traité de réciprocité canado-américain de 1854, aussi appelé traité Elgin-Marcy, instaure une première forme de libre-échange entre les États-Unis et les colonies britanniques d’Amérique du Nord. Bien que de courte durée [manque dates], ce traité instaure un précédent entre les deux nations.
Lors de la création du Dominion du Canada le 1er juillet 1867 avec l’entrée en vigueur de la Loi constitutionnelle de 1867, Sir John A. Macdonald essaye en vain de restaurer l’entente de libre-échange entreprise avec le traité de réciprocité canado-américain.
En 1911, une nouvelle forme d’accord bilatéral pour le commerce entre les États-Unis et le Canada voit le jour sous le gouvernement libéral de Sir Wilfrid Laurier. Mais les élections de la même année et la défaite du parti de Laurier y mettent toutefois aussitôt fin.
Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) : 1947 - 1989
Dès 1947, avec la signature de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), le libre-échange entre en vigueur en Amérique. Les vingt-trois pays participants tentent alors de remédier au problème des barrières au commerce international qui se sont instaurées entre les pays après la Grande Dépression et la Seconde Guerre mondiale. La solution pour atteindre une réduction significative des tarifs et des quotas d’importation entre ces pays est alors de créer un accord qui vise à réduire les barrières commerciales de façon consentie entre les membres, dont fait partie le Canada.
À partir des années 1970, les relations s'amenuisent entre les deux pays, entre autres en raison des mesures protectionnistes adoptées sous la présidence de Richard Nixon et du repli nationaliste du Canada débuté avec le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau . Deux dynamiques de politique intérieure canadienne viennent en particulier sur cette période complexifier la mise sur pied d'une union économique libérale avec les États-Unis. La première est l'élection au Québec du Parti québécois en novembre 1976 et la tenue du référendum québécois en mai 1980. La seconde est la création de Petro-Canada, organisme visant à nationaliser le commerce du pétrole, qui entraîne un mécontentement généralisé dans les provinces de l’Ouest.
Accord de Libre Echange (ALE) : 1989-1994
Les relations commerciales bilatérales entre le Canada et les États-Unis s’intensifient à partir de 1987 avec l’Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis (ALÉ). Les négociations de l’accord à Québec débutent lors du « Shamrock Summit » entre le président des États-Unis Ronald Reagan, et le premier ministre du Canada Brian Mulroney, les 17 et 18 mars 1985. Après deux ans de négociations, l’accord est signé le 3 octobre 1987, pour entrer en vigueur le 1er janvier 1989.
Lorsque l’ALE entre en vigueur en 1989, le président du Mexique Carlos Salinas de Gortari ne reste pas indifférent. Il demande à l’administration George H.W. Bush de considérer l’ajout du Mexique dans un nouvel accord de libre-échange. Salinas croit alors fermement que le Mexique est prêt à libéraliser ses politiques économiques et à passer au statut de marché émergeant. L’entrée réussie du Mexique dans l’AGETAC trois ans plus tôt (en 1986), est en bonne partie responsable de cet entrain. Le Mexique est alors encore un pays en voie de développement et ses relations économiques et politiques avec les États-Unis sont relativement précaires. Pourtant, Carlos Sainas de Gortari demeurait convaincu qu’une entente bilatérale avec les États-Unis serait bénéfique aux deux parties. L’histoire lui donnera plutôt raison : en 2015, le PIB du Mexique le classe au 15e rang des pays riches, lui permettant de faire partie du G20.
Un élargissement de l'ALE plutôt qu'une Zone de libre-échange des Amériques
Contexte global d'intégration économique régionale