Un accident aérien, un écrasement, un atterrissage forcé avec dégâts, une catastrophe aérienne ou l'anglicisme crash, définissent un événement lié à l'utilisation d'un aéronef et qui entraîne la mort ou des blessures à une ou plusieurs personnes ou des dommages irréparables à la structure de l'appareil. Un événement qui met en cause la sécurité des vols sans conséquences sérieuses est considéré comme incident aérien. La cause peut en être purement accidentelle ou relever d'une action volontaire (suicide, sabotage, détournement ou terrorisme).
Les États peuvent établir une autorité chargée d'assurer la sécurité des vols et les enquêtes en cas d'accident. Ces agences, ainsi que quelques organismes non gouvernementaux, maintiennent des bases de données dont l'objectif est de faire progresser la sécurité.
L'élaboration de statistiques regroupant les accidents aériens en fonction de divers critères permet de sensibiliser les constructeurs, les exploitants, les équipages, les contrôleurs aériens, les services de maintenance, en identifiant les causes primaires ou secondaires des accidents.
Plusieurs éléments peuvent contribuer à un accident, comme des défauts de fonctionnement, des conditions météorologiques difficiles ou des collisions (au sol ou en plein vol).
Entre le 1er janvier 2010 et le 6 août 2014, il y aurait eu près de 3 500 morts sur un total de 5 milliards de passagers[source insuffisante].
L'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) distingue ainsi les accidents et les incidents :
Un accident aérien est un événement, lié à l'utilisation d'un aéronef, qui se produit entre le moment où une personne monte à bord avec l'intention d'effectuer un vol et le moment où toutes les personnes, qui sont montées dans cette intention, sont descendues, et au cours duquel :
une personne est mortellement ou grièvement blessée du fait qu'elle se trouve : dans l'aéronef, ou en contact direct avec une partie quelconque de l'aéronef, y compris les parties qui s'en sont détachées, ou directement exposée au souffle des réacteurs, sauf s'il s'agit des lésions dues à des causes naturelles, de blessures infligées à la personne par elle-même ou par d'autres ou de blessures subies par un passager clandestin caché hors des zones auxquelles les passagers et l'équipage ont normalement accès ;
ou l'aéronef subit des dommages ou une rupture structurelle, qui altèrent ses caractéristiques de résistance structurelle, de performances ou de vol, et qui devraient normalement nécessiter une réparation importante ou le remplacement de l'élément endommagé, sauf s'il s'agit d'une panne de moteur ou d'avarie de moteur lorsque des dommages sont limités au moteur, à ses capotages ou à ses accessoires, ou encore de dommages limités aux hélices, aux extrémités d'ailes, aux antennes, aux pneumatiques, aux freins, aux carénages ou à de petites entailles ou perforations du revêtement ;
ou l'aéronef a disparu ou est totalement inaccessible.
Un incident aérien est un événement autre qu'un accident, lié à l'utilisation d'un aéronef qui compromet ou pourrait compromettre la sécurité de l'exploitation.
L'objectif de l'OACI est la recommandation de processus d'analyse des accidents pour en rechercher les causes et en déduire des actions permettant d'améliorer la sécurité. Le rapport d'accident établit la cause primaire et, souvent, l'enchaînement de causes secondaires qui ont participé à la constitution du problème. Ces conclusions intéressent les constructeurs et équipementiers, les compagnies aériennes ou les exploitants, les équipages, les contrôleurs de la navigation et les services de maintenance. La détermination des responsabilités n'entre pas dans le champ des investigations.
Les définitions de l'OACI et les statistiques qui en découlent concernent les aéronefs motorisés utilisés par des organismes ou des compagnies civiles. Les États qui se basent sur les recommandations de l'OACI pour établir une agence d'enquête peuvent toutefois étendre le domaine de compétence aux accidents d'aéronefs sans moteur, aux aéronefs sans pilote à bord et aux utilisations militaires en excluant toutefois les cas liés aux actions de belligérants.
Le terme « catastrophe » ne figure pas dans les textes officiels, mais apparaît dans les médias lorsque l'accident concerne le transport aérien commercial de passagers. La notion de « catastrophe » évolue aussi en relation avec l'augmentation du trafic et l'accroissement de la taille des avions.
L'aviation générale et, en particulier, l'aviation légère génère bien plus d'accidents que le transport aérien, mais ils font rarement l'objet de médiatisation à l'échelle nationale. Les accidents aériens liés aux activités militaires, entraînement et missions hors conflits, font rarement l'objet d'un rapport rendu public qui pourrait révéler des informations classifiées.
Un « crash » désigne spécifiquement l'accident d'un aéronef qui percute violemment le sol ou qui s'abîme en mer (à la différence d'une collision aérienne ou d'une explosion en vol). Au Canada, ainsi que dans la terminologie officielle française, on parle plutôt d'« écrasement [d'avion] ».
Les enquêtes sur les accidents d'avion ont pour objectif d'améliorer la sécurité des vols. Un accident n'a que rarement une cause unique. Les comptes-rendus non officiels ou les bases de données compilant les accidents identifient le plus souvent une cause déterminante, mais le rapport du bureau d'enquête recherche les causes qui génèrent ou participent à la cause déterminante ainsi que les erreurs de perception ou d'action qui n'ont pas permis les corrections ou palliatifs. Le rapport est utilisé par les Services officiels pour modifier les normes et par les constructeurs, exploitants, équipages, service du contrôle aérien et ateliers de maintenance pour modifier les procédures. En principe, le rapport du bureau d'enquête ne détermine pas les responsabilités, mais il est un élément essentiel pour les actions en justice éventuelles.
Un accident n'a que rarement une cause unique, il résulte d'une série d'incidents, qui, pris séparément, pourraient être sans conséquence grave. Ainsi, lorsque les forces aériennes de l'Union soviétique détruisent en vol le Boeing 747 du vol 007 de la Korean Airlines qui pénètre dans leur espace aérien, l'origine de la catastrophe est facilement identifiable : destruction de la cellule par un missile. Toutefois, dans un deuxième temps, l'analyse montre que la présence de l'avion dans une zone interdite était probablement due à une erreur de navigation qui pouvait avoir, elle-même, plusieurs origines : erreur humaine ou dysfonctionnement de l'instrument. Par ailleurs, les procédures de communication entre l'avion et le contrôle aérien local n'ont pas fonctionné correctement, etc.