Ce Jour-là

Abou Moussab Al-Zarqaoui

Terroriste islamiste

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Abou Moussab al-Zarqaoui (arabe : أبو مصعب الزرقاوي, ’Abū Muṣ‘ab az-Zarqāwī), né Ahmed Fadil Nazzal al-Khalayleh (arabe : أحمد فضيل نزال الخلايلة, ’Aḥmad Faḍīl an-Nazāl al-Ḫalāyla) le 30 octobre 1966 à Zarka (Jordanie) et mort le 7 juin 2006 à Hibhib (Irak), est un djihadiste jordanien. Il était le responsable d'Al-Qaïda en Irak et les hommes qu'il menait sont responsables de plusieurs centaines d'attentats-suicides au cours de la guerre d'Irak à partir de 2003. En effet, Abou Moussab al-Zarqaoui a mené une importante campagne d'attaques suicides qui a culminé avec l'attentat de la mosquée de Hasen al-Askari à Samarra en 2006. Il a d'ailleurs été réprimandé par Ayman Al-Zawahiri pour avoir tué plusieurs musulmans chiites durant ses attaques.

Ahmed Fadil Nazzal al-Khalayleh est plus connu sous son pseudonyme Abou Moussab al-Zarqaoui. De confession sunnite, il est né le 30 octobre 1966, à Zarka en Jordanie, d'où sa nisba voulant dire « originaire d'al-Zarqa ». Sa kounya « Abou Moussab » est une référence à Mousab ibn Oumayr, compagnon du prophète Mahomet et premier da'i de l'histoire islamique, mort en chahid à la bataille d'Ouhoud en 625.

Il naît le 30 octobre 1966 à Zarka, où son père est employé municipal. Il a sept sœurs et deux frères, et il est le préféré de sa mère, une femme au foyer très religieuse. Sa famille appartient au clan des Kalayleh de la tribu des Bani Hassan. Ce sont des bédouins disséminés à travers tout le Moyen-Orient, notamment en Syrie et en Irak, et qui lui serviront plus tard de réseau fidèle et dévoué.[non neutre]

La municipalité de Zarka, faubourg populaire des environs d'Amman capitale de la Jordanie, constitue une cité industrieuse très pauvre qui compte près de 800 000 habitants dont de nombreux réfugiés palestiniens arrivés, pour les premiers, dès après la Nakba de 1948 et qui transformèrent la cité des années 1970 en un important centre de la résistance palestinienne.[réf. nécessaire] La famille loge dans une habitation modeste, au-dessus du cimetière où les pauvres de Zarqa enterrent leurs morts.

C'est dans ce contexte que Zarqaoui fait son apprentissage de la vie dans la rue. Zarqaoui, de taille moyenne, mais trapu et costaud, montre très tôt un tempérament colérique et bagarreur, voire morbide. Zarqaoui connaît des difficultés dès l'enfance, suivant un chemin qui le conduit du vandalisme à l'alcool et à la drogue. Sa carrière criminelle débute à l'âge de 12 ans, lorsqu'il donne un coup de couteau à un garçon lors d'une bagarre. Son clan, les Khalayleh, est issu d'une tribu dont la respectabilité aurait pu conférer à Zarqaoui certaines facilités dans la société patriarcale jordanienne. Mais il gâche toutes ses chances : il quitte l'école malgré des résultats au-dessus de la moyenne et des compétences artistiques, et après les deux années de service militaire, il se fait renvoyer pour négligence du poste aux services municipaux obtenu grâce à son père. Il vit de petite délinquance et de nombreux larcins sont à son actif. Il devient souteneur et vendeur de drogue. Devenu un petit caïd de la rue, ses bras sont tellement recouverts de tatouages qu'il est surnommé « l'homme vert ». Il a la réputation d'être un gros buveur et un homme qui prend plaisir à brutaliser ses adversaires. Selon ceux qui le fréquentaient à l'époque, ainsi que les services secrets jordaniens, il viole des hommes plus jeunes que lui pour les humilier et les dominer.

Sa mère le pousse à s'inscrire à des cours religieux dans une mosquée de la ville, espérant que les imams deviendront des modèles pour lui, ainsi que les jeunes gens plein de piété et quémandant des oboles pour les combattants partant en Afghanistan. À la surprise générale, Zarqaoui plonge dans la religion avec passion. Il renonce à l'alcool, porte systématiquement des manches longues pour couvrir ses tatouages, et fréquente avec assiduité prières et discussions coraniques. Il découvre l'idéologie du djihad en dévorant des cassettes de propagande notamment sur la guerre en Afghanistan et il se porte instantanément volontaire lorsque le chef de prière de la mosquée invite à partir là-bas. Il rejoint donc les combats et franchit la frontière pakistano-afghane au printemps 1989. Il arrive trop tard pour lutter contre les soviétiques qui viennent de quitter le pays, mais participe à l'assaut contre le gouvernement afghan pro-russe.

Son premier séjour en Afghanistan

Ahmed Fadel Nazzal part faire le djihad durant la guerre d'Afghanistan, en 1989.

Cependant, il arrive trop tard, car l'Armée rouge quitte l'Afghanistan. Il se retrouve à Peshawar, ville frontière pakistanaise et refuge de tous les moudjahidine qui désiraient continuer le combat. Dans cette ville, il rencontre Abou Mohammed al-Maqdisi, un universitaire religieux, qui va le prendre sous sa coupe. Ce dernier lui trouve un emploi dans un journal djihadiste de Peshawar dans lequel il rapporte les faits d'armes des combattants islamistes. Il rencontre à cette occasion le journaliste Saleh Al-Hami qui devient son ami et sera plus tard son biographe. Al-Hami raconte que, contrairement aux autres islamistes, peu portés sur les effusions, Zarqaoui était très émotif dans sa pratique religieuse, pleurant sur des versets du Coran. Il est formé au combat au Pakistan, et participe à son premier combat réel en 1991, alors que les moudjahidine lancent une offensive contre des villes de l'est de l'Afghanistan tenues par le gouvernement, dans les provinces de Paktiya et de Khost. Il y acquiert une réputation de combattant valeureux, et même presque téméraire : il espère trouver dans ses exploits une valeur de rédemption des péchés de sa jeunesse. Lorsqu'il quitte l'Afghanistan, en 1993, il est devenu un vétéran de la guerre, et a acquis une idéologie islamiste auprès des combattants afghans les plus radicaux, ainsi que des imams arabes qui bientôt s'allieront avec Oussama Ben Laden. Il a de plus reçu une formation militaire dans un camp tenu par Abdul Rasul Sayyaf (en), un chef de la rébellion afghane, et mentor de Khalid Cheikh Mohammed, futur cerveau des attentats du 11 septembre 2001. L'ivresse de la victoire lui confère une croyance profonde que Dieu est avec les islamistes.

Le journaliste Didier François analyse la période qui suit le départ des troupes soviétiques en 1989 comme une « longue période de lutte fratricide qui dégénère, à partir de 1992, en guerre ouverte entre moudjahidin ». Didier François précise aussi qu'Abdul Rasul Sayyaf, seigneur de la guerre dont Zarqaoui aurait rallié les milices, n'a « rien à voir avec [...] Al-Qaeda ». Et selon Youssef Rababa, qui a passé trois ans en prison en Jordanie avec Zarqaoui, ce dernier n'a pas le profil d'un membre d'Al-Qaïda: tandis qu'Oussama Ben Laden analyse l'islamisme comme une réponse politique à l'occupation des terres musulmanes par des colonisateurs, Zarqaoui a une vision très binaire d'un monde partagé entre mécréants et croyants. Et le seul objectif de Zarqaoui est de pouvoir faire revivre le Califat du Prophète. Zarqaoui ne rencontre pas Oussama Ben Laden lors de ce premier séjour en Afghanistan. À cette époque là, Al-Qaïda sélectionne soigneusement ses membres parmi les vétérans du conflit afghan, et, selon Didier François, « à l'évidence, le jeune Zarkaoui ne répond pas aux critères définis » par Ben Laden.

À son retour au pays en Jordanie en 1993 parmi des centaines de vétérans jordaniens, Zarqaoui trouve un travail dans un vidéo-club. Il est frappé par les différences avec l'Afghanistan : la présence de sex shops, des femmes non voilées, des couples non mariés qui se fréquentent dans des lieux publics, sa famille qui regarde des comédies à la télé. Et son irritation atteint son comble lorsqu'il entend lors des journaux télévisés que le gouvernement jordanien prépare la paix avec Israël.

Il se plonge dans la lecture des premiers héros de l'Islam, notamment Nour Ad-Din, un prince guerrier célèbre par son désir d'unifier plusieurs royaumes musulmans du sud de la Turquie jusqu'à l'Égypte. Zarqaoui s'identifie à ce prince et ses ambitions, mais commence par voir plus petit : il va se présenter à Abou Mohammed al-Maqdisi à Amman, en lui déclarant qu'il veut « travailler pour le bien de la religion en Jordanie ». Ensemble, les deux hommes créent un groupe d'études coraniques, la Bay'at al-Imam (en), dans laquelle ils réunissent des anciens combattants jordaniens qui ont fait l'Afghanistan, et diffusent les livres d'al-Maqdisi au sein de la population. Zarqaoui considérait ce groupe comme un moyen de recruter des islamistes pour des projets très ambitieux, et rapidement il insiste pour que le groupe accomplisse des actions plus spectaculaires que diffuser des photocopies de tracts religieux.

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