L'abolition de l'esclavage en Tunisie est l'un des événements marquants de l'histoire de la Tunisie et de l'histoire de l'esclavage en Tunisie. Elle désigne généralement le décret d'Ahmed Ier Bey du 23 janvier 1846 qui abolit l'esclavage en Tunisie. Par la suite, le deuxième décret d'Ali III Bey en 1890 vient consolider les acquis du premier.
L'esclavage fait partie intégrante de l'histoire de la Tunisie depuis l'Antiquité. En effet, le modèle économique de l'empire carthaginois est basé en grande partie dessus au niveau sociétal et économique. Il se poursuit ensuite durant le Moyen Âge dans le contexte de la traite orientale jusqu'à la période moderne.
L'origine des esclaves et leurs provenances varient. Certains viennent d'Ibérie, de Turquie, d'Afrique du Nord ou de l'Ouest. À côté des esclaves noirs d'origine subsaharienne, la Tunisie connaît un autre système d'esclavage spécifique : celui des esclaves blancs, ou mamelouks (de l'arabe mamlūk, littéralement « une possession » ou « la propriété de quelqu'un »), recrutés principalement parmi les populations caucasiennes et méditerranéennes orientales.
Religieusement, l'esclavage est accepté quand bien même les incitations à libérer les esclaves sont multiples en islam.
En 2017, la collection d'archives constituée du décret de 1846, de circulaires, de correspondances, d’actes notariés et de registres fiscaux conservées aux archives nationales de Tunisie est classée au registre international Mémoire du monde.
Avant de procéder à l'abolition définitive de l'esclavage dans la régence de Tunis, Ahmed Ier Bey demande l'avis du consul anglais Thomas Reade. Convaincu de la nécessité d'une telle action, étant considéré comme un prince ouvert au progrès et étant un fils d'esclave, il décide d'abolir la pratique. Procédant, par étapes, il interdit le 6 septembre 1841 la vente des esclaves sur les marchés de la régence, pour décider en décembre 1842 que les enfants d'esclaves, nés dans la régence après cette date, seront libres.
Pour mettre fin à une pratique qui remontait à l'Antiquité, Ahmed Bey s'appuie sur le soutien du cheikh Sidi Brahim Riahi de l'école malikite.
Le décret du 23 janvier 1846 n'est pas respecté par certains et il est aussi mal appliqué.
Un décret, publié le 28 mai 1890 par le Journal officiel tunisien après l'instauration du protectorat français, présente les textes sur l'esclavage et indique que celui-ci n'est plus admis. Les possesseurs d'esclaves ont trois mois pour émettre un acte d'affranchissement et donner une copie de celui-ci à leurs esclaves. À défaut, ils sont passibles d'une amende de 200 à 2 000 piastres, soit de 120 à 1 200 francs. Par ailleurs, vendre, acheter ou détenir un esclave est possiblement puni d'une peine d'emprisonnement de trois mois à trois ans.
Néanmoins, la majorité des historiens considèrent le décret de 1846 comme le vrai premier décret d'abolition en Tunisie.
Chronologie de l'abolition de l'esclavage
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