Ce Jour-là

Abolition de l'esclavage

Interdiction légale de l'esclavage

Anúncio

L’abolition de l'esclavage concerne l'interdiction légale de l'esclavage de toutes les catégories de population, et non les cas ponctuels d'affranchissement (même ceux pratiqués à très grande échelle pendant la Guerre d'indépendance des États-Unis).

En Europe, des abolitions très limitées eurent lieu dans l'Antiquité, puis de façon plus durable, sur le sol de certains pays au Moyen Âge, notamment en France. Au XIXe siècle, après avoir massivement pratiqué la traite négrière, les principaux pays européens abolissent l'esclavage, parfois de manière progressive (notamment en Angleterre).

Certaines abolitions eurent lieu dès la fin du XVIIIe siècle, par exemple aux États-Unis, dans le nord-est du pays dès les années 1770-1780. La France est aussi l'un des premiers pays à abolir l'esclavage dans toutes ses colonies en 1794, lors de la Révolution française, notamment sous la pression de la révolution haïtienne, mais Napoléon le rétablit en 1802. Il va cependant abolir officiellement la traite des Noirs en 1815 (mais pas l'esclavage en soi, face à la pression des lobbies esclavagistes). Il faudra toutefois attendre la Deuxième République, sous l'impulsion de Victor Schœlcher, pour que l'esclavage soit aboli définitivement dans toutes les colonies françaises, par le décret du 27 avril 1848.

Après le succès des combats pour l'abolition dans plusieurs pays, principalement européens, le Brésil est le dernier grand pays à abolir l'esclavage en 1888 (celui-ci perdurera toutefois partiellement au siècle suivant sous forme clandestine). Cependant, l'esclavage perdure alors dans le reste du monde, encouragé notamment par la traite orientale, remontant à l'Antiquité et dont la principale composante est devenue la traite orientale à partir du VIIe siècle, mais aussi approvisionné par la traite intra-africaine, peut-être aussi ancienne. Lors des différentes colonisations au XIXe siècle, et au début du XXe siècle, l'esclavage est aboli par les Européens dans la plupart de ces régions, notamment avec l'interdiction des traites orientale et intra-africaine. Plus tard, sous la pression occidentale, les derniers pays abolissent l'esclavage vers la fin du XXe siècle, le dernier étant le Niger en 1999.

La première abolition connue est celle de l’archonte athénien Solon, au VIe siècle av. J.-C.. Sa législation, la seisakhtheia ou « libération des dettes », ne concernait cependant qu’une catégorie très particulière de la population, les Athéniens asservis pour dettes. Elle interdisait toute créance garantie sur la personne du débiteur, mais également la simple vente d'un Athénien libre, y compris par lui-même.

Toujours pendant la période antique, les Esséniens auraient condamné l'esclavage si l'on en croit l'historien judéen du Ier siècle Flavius Josèphe.

Au VIIe siècle, Bathilde, ancienne esclave devenue reine des Francs, rend la vente et l'achat d'esclaves définitivement illégaux. Elle fait interdire la vente d’esclaves chrétiens sur les terres du royaume des Francs, et achète elle-même des captifs qu’elle libère, ou qu’elle fait entrer au monastère. Les études confirment que le déclin prononcé, voire la disparition du commerce d'esclaves en France, date du VIIe siècle[réf. nécessaire]. Bathilde est canonisée au XIe siècle par le pape Nicolas II.

Au XIIIe siècle en Afrique de l'Ouest, le Serment des chasseurs, proclamation qui a inspiré la Charte du Manden, constitution orale du nouvel Empire mandingue, dont le premier empereur Soundiata Keïta, affirme que l'esclavage est une mauvaise chose, et interdit les razzias pour prélever de nouveaux captifs. La charte du Manden prescrit de ne pas maltraiter les esclaves, mais ses dispositions sont remises en cause après la mort de Keïta et l'esclavage connaîtra un nouvel essor au XVe siècle.

Promulguée par le roi Louis X, l'édit du 3 juillet 1315 est la première loi interdisant l'esclavage dans le royaume de France et non seulement la traite. Cet édit permet en théorie à tout esclave qui arrive en France d'être affranchi : « le sol français affranchit l'esclave qui le touche ». Cette loi vise principalement les paysans n'ayant pas été affranchi depuis le IXe siècle et la disparition progressive des grands domaines agricoles carolingiens. Ils sont alors ultra minoritaires. Cette disposition s'attache alors principalement à une population mouvante de Slaves contrainte en transit vers les ports méditerranéens de Venise, Gênes et Marseille (liste non exhaustive). Ceux-ci, capturés dans l'Est de l'Europe, sont mis en esclavage pour alimenter le marché du Maghreb en esclaves blancs. Cette disposition est à l'époque moderne convoquée à plusieurs reprises par différents parlements, dont celui de Paris, pour interdire l'esclavage en France. Cependant, elle n'est que partiellement respectée, notamment en ce qui concerne les esclaves noirs sur le territoire métropolitain, comme l'attestent les six avis de recherche pour des Noirs marrons en cavale dans la région de Bordeaux ou encore différentes dispositions juridiques comme le Dépôt des Noirs à Bordeaux dans le cadre de la Police des Noirs fondée en 1777.

En 1335, le royaume de Suède, qui inclut la Finlande, abolit l'esclavage sur son sol (mais seulement en 1847 dans sa colonie de Saint-Barthelémy).

Le pape Eugène IV tente par la bulle Sicut dudum en 1435 de condamner l'exploitation et l'esclavage des habitants des Canaries, les Guanches.

Époque moderne : développement de l'esclavage et début de l'abolitionnisme

Trois siècles plus tard, suivant l'exemple du Portugal, de l'Espagne, de l'Angleterre et des Pays-Bas, les colons français, après leur installation aux Petites Antilles, importent des esclaves d’Afrique, à partir de 1621. Et en 1642, le roi Louis XIII autorise l'esclavage dans les Antilles françaises (mais pas en métropole). En 1685, son fils Louis XIV promulgue le « Code noir », réglementant le traitement des esclaves dans les Antilles françaises et développant en même temps le commerce triangulaire, qui est considérable au siècle suivant.

L'abolitionnisme des Quakers en Pennsylvanie (1688)

L'abolitionnisme devient une cause aux États-Unis, quand la protestation de Germantown d'un luthérien et de trois quakers, arrivés en 1688 à Philadelphie, dénonce la propagation de l'esclavage. En Angleterre, dès 1646, le livre de Thomas Browne avait démonté l'argument voulant que les Noirs soient voués à l'esclavage, qui venait d'émerger dans la Caraïbe, décuplant la population de la Barbade en cinq ans, sur les nouvelles plantations de canne à sucre.

L'abolitionnisme à la fin de l'Ancien Régime

Le 4 février 1776, Louis XVI promulgue un édit condamnant la possession d'esclaves sur le territoire français.

L'esclavage prenant de l'ampleur au XVIIIe siècle via une traite négrière intensifiée, un mouvement international réclame son abolition dès les années 1780, menée par la Société des amis des Noirs et la Société religieuse des amis (quakers), forts d'un siècle d’abolitionnisme anglo-saxon. Une première pétition est présentée au Parlement anglais en 1783.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Abolition de l'esclavage | World in Stories