Ce Jour-là

Abel Camille Filuzeau

Architecte français

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Abel Camille Filuzeau, né le 10 juillet 1860 à Saint-Pierre-du-Chemin et mort le 15 septembre 1930 à Fontenay-le-Comte, est un architecte, sapeur-pompier, enseignant et homme politique français ayant œuvré principalement en Vendée.

Abel Camille Filuzeau naît en pleine période du Second Empire, le 10 juillet 1860, à Saint-Pierre-du-Chemin. Sa famille exploite des carrières de pierres au lieu-dit des Plochères. De plus, son père Henry et sa mère Euphrosine Cramard gèrent une auberge située au bourg de Saint-Pierre-du-Chemin. Influents dans le village, les Filuzeau connaissent toutefois des difficultés financières par la multiplication des naissances. Abel étant déjà le onzième enfant d'une fratrie qui en comptera finalement quatorze. Cela ne s'arrange pas lorsque son père meurt alors qu'il n'a que cinq ans, le 15 avril 1866.

Quatre ans plus tard débute la guerre franco-prussienne. Abel est fortement marqué par le départ de deux de ses frères, Henri et Alfred. Bien qu'ils reviennent non pas sans séquelles, le manque de reconnaissance de l'État pour ses soldats forge ses premières convictions sociales. D'autant que le reste de la famille est plutôt de gauche, oscillant entre républicanisme et bonapartisme libéral, en témoigne notamment le vote d'Aimé, un autre de ses frères, pour un candidat de gauche républicaine à la députation.

Faisant ses premières années scolaires à Saint-Pierre-du-Chemin, il part en pension chez le docteur Armand Chrétien à Fontenay-le-Comte pour terminer ses études au collège.

Enfin, ses bonnes capacités scolaires générales, surtout en géométrie, en mathématiques et en dessin, en plus des réserves financières de la famille, lui permettent de rejoindre l'École Nationale des Beaux-Arts de Paris. Là-bas, il est élève d'Émile Vaudremer et de Henri-Pierre Rauline, qui l'initient à la restauration de monuments.

La mort précoce de son frère Léopold, le 26 juin 1879, participe à son attachement à sa terre vendéenne. Ainsi, aux environs de 1880, il retourne à Fontenay-le-Comte pour terminer sa formation auprès de l'architecte municipal Arsène Charrier. Son parcours d'étudiant étant un franc succès, la ville le nomme conducteur des travaux d'entretien le 10 juin 1882.

De 1880 jusqu'en juillet 1883, il est familiarisé à l'architecture scolaire par son maître Charrier dans un contexte d'encouragement national de l'Instruction publique laïcisée. Il assiste donc ce dernier lors des constructions d'une école de filles entre 1881 et 1882 et d'une deuxième école de garçons en octobre 1882 à Fontenay-le-Comte. C'est probablement durant cette période de sa vie qu'il découvre cette passion pour l'éducation qui l'accompagnera jusqu'à sa mort.

À son poste, en juillet de la même année, il solidifie les échoppes de la poissonnerie, dont une s'était écroulée, par ordre de la municipalité fontenaisienne.

De plus, ses nouvelles responsabilités acquises ne le restreignent pas à la seule ville de Fontenay-le-Comte puisque cinq jours après sa nomination comme conducteur de travaux, il dessine son premier plan de futurs jardins d'agrément pour l'école de filles de Montreuil.

Le premier projet d'ampleur d'Abel Filuzeau lui est confié après sa nomination comme architecte officiel de la ville le 3 juillet 1883. Succédant à Arsène Charrier, il finalise ainsi le collège François Viète débuté le 6 mai 1874, et l'inaugure le 4 juillet 1888. Cependant, des travaux seront réalisés complémentairement encore jusqu'en 1914.

Cette place influente en ville lui fait côtoyer quelques sommités principalement issues de la gauche républicaine. Ainsi, avec des amis comme le maire Gaston Guillemet, il fonde la société de gymnastique, d'instruction militaire et de tir le 11 juin 1883. Cette association ayant titré ses statuts avec la devise « Devoir et Patrie », revendiquait de former de futurs soldats instruits et sportifs en cas d'une nouvelle guerre. Abel Filuzeau, dans le but d'aider son association, reconstruit le gymnase du collège François Viète en 1886.

Durant la décennie 1880, le nombre d'enfants fréquentant régulièrement les écoles communales françaises va croissant. Abel Filuzeau est alors plébiscité dans plusieurs mairies de Vendée pour y faire construire des infrastructures scolaires.

De 1883 à 1887, les commandes apparaissent rapidement. Il est d'abord chargé de la construction de classes et d'un préau couvert pour l'école de filles de Benet. Vient ensuite la construction d'une école de filles et l'agrandissement de celle de garçons à La Châtaigneraie. Plusieurs écoles sont demandées en 1885 par la mairie de Noirmoutier à une époque où elle gérait encore les villes de La Guérinière et de L'Épine. Aussi, la même année, la mairie de Fontenay-le-Comte charge Abel Filuzeau de plusieurs chantiers scolaires concernant notamment l'agrandissement de l'asile, ancien nom pour les écoles maternelles, de la rue Pierre Brissot, la construction d'une école laïque de garçons rue de la République et une école laïque de filles rue Rabelais. Ceux-ci connaissent déjà des retards et, par des rapports du conseil général vendéen, les plans de l'architecte sont critiqués. Les tailles des terrains et des classes sont jugées trop grandes ou incohérentes par rapport aux enseignements proposés, et les dépenses sont considérées comme trop excessives. Comme le suppute alors le conseil municipal, ce serait bien par une rivalité politique, le conseil général étant plutôt conservateur et la mairie plutôt républicaine, que les travaux sont empêchés. En effet, la croissance de l'Instruction publique laïque est mal vue par les élus de droite catholique. La municipalité fontenaisienne est alors obligée de se déplacer à Paris le 21 avril 1886 pour rencontrer le ministre de l'Instruction publique René Goblet. Abel Filuzeau explique à ce dernier la partie technique de ses chantiers et le maire Gaston Guillemet, assisté du préfet vendéen Gabriel Espierre, s'occupent de le convaincre de la nécessité pour la population de l'arrondissement de Fontenay-le-Comte d'augmenter les places disponibles dans les écoles publiques. Le ministre accepte alors, puisque partageant les mêmes idées républicaines sur l'enseignement.

En parallèle, il est nommé en août 1884 comme membre de la commission des logements insalubres de Fontenay-le-Comte afin de lutter contre le choléra qui se propage en France depuis le 22 juin 1884. Un quartier de la ville est d'ailleurs touché, proche du canal du Pont Mardoux, lui-même servant de déversoir aux commerces et à la poissonnerie environnants. Cette question de l'assainissement de cette partie de la ville va de pair avec le projet confié à Abel Filuzeau de refonte des habitations et des égouts qui accompagnera sa carrière jusqu'en 1908.

Le premier juin 1885, Abel Filuzeau épouse Mathilde Pineau, descendante de familles de navigateurs, de bâtisseurs et de magistrats noirmoutrins. C'est probablement son ancien maître Arsène Charier, natif de Noirmoutier et propriétaire de la tour Plantier, ayant été construite par le grand-oncle de la mariée Louis-Joseph, qui a pu arranger la rencontre entre ces derniers et son disciple. D'ascendance moins renommée que sa femme, Abel Filuzeau a probablement pu accéder à ce mariage par les compatibilités républicaines qui lient l'architecte à sa belle-famille.

Parfois, et alors que la loi Duruy de 1867 oblige les communes de plus de 500 habitants à faire construire une école de filles, certains villages restent réticents. Les municipalités concernées sont donc obligées par le préfet et Abel Filuzeau est requis de force dans ces chantiers. C'est le cas notamment dans son village natal. En effet, le conseil municipal de Saint-Pierre-du-Chemin s'oppose unanimement à la construction d'une école de filles aussi bien par souci d'économie que par opposition à la politique scolaire républicaine. Parmi les membres réfractaires du conseil se trouve Alfred, frère d'Abel Filuzeau. À partir de là, Aimé, successeur d'Alfred au conseil depuis 1884, fait partie des seuls élus à approuver le projet, créant sûrement un désaccord dans la famille. L'obligation et le rappel à la loi fait par le préfet à la municipalité a alors pour conséquence de nommer Abel Filuzeau chef de projet de construction de l'école. Cependant, par les luttes politiques locales, le projet ne démarrera vraiment qu'en 1891, par un consensus.

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