Abdou Diouf (), né le 7 septembre 1935 à Louga, est un homme d'État sénégalais, président de la République de 1981 à 2000, après avoir été Premier ministre de 1970 à 1980.
Premier ministre puis successeur de Léopold Sédar Senghor à la présidence de la République de 1981 à 2000, ses différents mandats furent placés sous le signe de l'approfondissement de la démocratie, la libéralisation progressive de l'économie et la décentralisation de l'administration.
Il a également contribué à faire entendre la voix du Sénégal dans le monde, grâce à une diplomatie efficace et des participations remarquées aux grandes rencontres internationales. Il aura, en outre, beaucoup œuvré pour une plus grande unité entre les États africains, par le biais d'une coopération plus vive.
Il devient par la suite secrétaire général de la Francophonie, chapeautant ainsi l'ensemble des institutions et opérateurs des pays ayant le français en partage (l'Organisation internationale de la Francophonie, TV5Monde, l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, l'Agence universitaire de la Francophonie et l'université Senghor d'Alexandrie), et ce, de 2003 à 2015. Après des réformes internes importantes, il leur donnera une meilleure visibilité et une reconnaissance internationale, grâce à une action politico-diplomatique affirmée et une mise en avant des réseaux associatifs francophones.
Originaire de Louga, Sérère de père et Halpulaar de mère, Abdou Diouf, fils de postier, est très tôt envoyé chez sa grand-mère à Saint-Louis. Il y restera jusqu'au baccalauréat.
Vers l'âge de cinq ans, Abdou Diouf suit des cours d'instruction religieuse à l'école coranique. À sept ans, il commence sa scolarité par des études primaires à l'école Brière-de-l'Isle (actuelle école Émile Sarr) puis secondaires au lycée Faidherbe (actuel lycée Cheikh Omar Foutiyou Tall), à Saint-Louis. Au lycée, il suit la naissance du Bloc démocratique sénégalais, organisation politique fondée par Léopold Sédar Senghor, et pour laquelle sa tante milite.
En 1955, à l'issue de son baccalauréat de philosophie, il s'inscrit en licence de droit à l'Institut des hautes études à Dakar (actuelle université Cheikh-Anta-Diop), avec notamment Michel Alliot comme professeur. Durant ces années, il s'implique dans le monde associatif. Il est président de l'Amicale scolaire et universitaire de Louga, qui regroupe les lycéens et les étudiants en vacances à Louga. Il organise à travers cette association des cours de vacances pour les élèves de sa ville et des événements culturels. Il est également président de la CECAS, la Coordination des associations scolaires et universitaires du Sénégal. Lauréat de la faculté de droit en 1957, il obtient sa licence en 1958.
La même année, il réussit le concours de l'École nationale de la France d'outre-mer (ENFOM) de Paris. Envisageant une carrière dans les finances publiques, il effectue un stage au ministère des Finances. Durant ces deux années, il s’intéresse au syndicalisme et devient proche de l'Association des étudiants sénégalais et de la Fédération des étudiants d'Afrique noire en France. En 1960, dans un contexte de décolonisation, il fait partie de la dernière promotion de l'ENFOM, dont il sort major avec un mémoire intitulé L'islam et la société wolof.
Le Sénégal accède à l'indépendance en 1960. Abdou Diouf démissionne de la fonction publique française et rentre à Dakar afin de se mettre à la disposition du nouvel État. Il commence sa carrière dans différents cabinets ministériels.
Il occupe très tôt de hautes fonctions administratives au Sénégal. Le 11 décembre 1961, il est nommé gouverneur de la région du Sine Saloum à l'âge de 26 ans, avant de devenir directeur de cabinet du président Léopold Sédar Senghor en 1963, puis secrétaire général de la présidence de la République en 1964.
En 1968, à la suite de la réélection de Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf est nommé ministre du Plan et de l'Industrie.
Il est chargé de piloter la réalisation du troisième plan mis en place par la République du Sénégal. Cela comprend l'industrie, l'agriculture, les infrastructures, l'éducation. C'est à cette époque que sont mises en place les négociations avec le Canada, comme partenaire, pour la création d'une École polytechnique à Thiès. Il s'investit également dans le développement économique de la Casamance.
En 1970, à la suite d'une révision constitutionnelle, la fonction de Premier ministre est créée et Abdou Diouf y est nommé à 35 ans, poste qu'il occupera pendant dix ans.
Président de la République du Sénégal
Le 1er janvier 1981, à la suite de la démission du président Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf devient le 2e président de la République du Sénégal.
En effet, la Constitution sénégalaise prévoyait que le Premier ministre termine le mandat présidentiel jusqu'à la prochaine élection en cas de vacance du pouvoir.
À peine installé dans ses nouvelles fonctions, Abdou Diouf poursuit la démocratisation déjà engagée par son illustre prédécesseur, en élargissant le multipartisme, jusque-là limité à quatre formations politiques, mettant ainsi fin au numerus clausus.
Dans la même lancée, il supprime les délits de presse avant de libéraliser progressivement le secteur des médias permettant la parution de nouveaux titres et la création de nouvelles stations radios.