Abdallah Hamdok (en arabe : عبد الله حمدوك), né en 1956 dans l'ancienne province de Kordofan, est un homme d'État soudanais. Il est Premier ministre du gouvernement de transition du 21 août 2019 au 25 octobre 2021 et du 21 novembre 2021 au 2 janvier 2022.
Économiste à la Banque africaine de développement puis à la Commission économique pour l'Afrique, il est nommé Premier ministre en août 2019 après la révolution soudanaise. Le 25 octobre 2021, il est arrêté par des hommes armés lors d'un coup d’État avant d'être réinstallé dans ses fonctions un mois plus tard. Il démissionne ensuite en début d'année 2022.
Né en 1956 au Kordofan, Abdallah Hamdok a d'abord obtenu un baccalauréat en sciences de l'université de Khartoum, puis a rejoint la School of Economic Studies de l'université de Manchester, où il obtient un doctorat en économie.
Dans les années 1980, Hamdok travaille au ministère des Finances soudanais, avant le coup d'État de 1989 ayant mené le général Omar el-Bechir au pouvoir. Il s'exile par la suite et rejoint le Zimbabwe où il travaille pour la société de conseils Deloitte.
De 2011 à 2018, il travaille comme secrétaire exécutif adjoint à la Commission économique pour l'Afrique et a par ailleurs exercé à l'Organisation internationale du travail et à la Banque africaine de développement. En septembre 2018, il décline le poste de ministre des Finances, et conserve ainsi son poste à la CEA.
Premier ministre du gouvernement de transition
En août 2019, quatre mois après le renversement d'Omar el-Bechir dans le cadre de la révolution soudanaise, il est choisi comme Premier ministre du gouvernement de transition par l'Alliance pour la liberté et le changement, la principale coalition d'opposition. Il prête serment le 21 août.
Ses principaux mandats consistent à renouer avec les pays étrangers, en obtenant la fin des sanctions américaines, de même qu'avec le Fonds monétaire international (FMI). Il doit également diversifier l'économie et mettre fin aux conflits armés dans les six mois. Pour cela, il envisage de mettre en place une commission chargée de pourparlers de paix. Enfin, il promet la mise en place d'un gouvernement équilibré entre hommes et femmes et représentatif des différentes régions du pays.
Il forme son gouvernement le 5 septembre, composé de dix-huit ministres dont quatre femmes, dont Asma Mohamed Abdallah, qui occupe le poste régalien de ministre des Affaires étrangères. Le nouveau cabinet prête serment le 8 septembre.
Le 7 septembre, l'Union africaine lève la suspension du Soudan.
En décembre 2019, Hamdok se rend aux États-Unis. Il espère obtenir le retrait du pays de la liste des pays soutenant le terrorisme. Les États-Unis décident de nommer un ambassadeur à Khartoum pour la première fois en 23 ans.
À la différence du général Abdel Fattah al-Burhan, président du Conseil souverain, Abdallah Hamdok est opposé à un rapprochement diplomatique avec Israël.
Le 4 novembre 2019, il se rend au Darfour, région qu'il promet de pacifier. La revendications des habitants de transférer l'ex-président Bechir à la Cour pénale internationale restent cependant en suspens, du fait de l'opposition des militaires qui avaient pris le pouvoir en avril 2019.
Le 28 novembre, il annonce la dissolution de l'ancien parti au pouvoir, le Congrès national. Le 13 décembre, les syndicats du pays, proches de l'ancien pouvoir, sont dissous. La loi sur les châtiments corporels, inspirée par la charia, est également abrogée.
Le 9 mars 2020, il survit à un attentat à la bombe.
Le 7 mai, l'excision est pénalisée.
Le 9 juillet, après des manifestations, un remaniement est effectué avec le remplacement de onze ministres dont celui de la Santé, des Finances et des Affaires étrangères.
Il tente, sans succès, de placer sous le contrôle de l’État les entreprises gérées de façon opaque par l'armée.