Abdülmecid Ier (en turc ottoman : عبد المجيد اول), né le 25 avril 1823 à Constantinople et mort le 25 juin 1861 dans la même ville, est sultan ottoman et calife de l’islam du 1er juillet 1839 au 26 juin 1861.
Abdülmecid Ier (Abdul-Medjid), fils ainé de Mahmoud II, et de la princesse Bezmiâlem Valide Sultan (1807-1853), originellement nommée Suzi, une ancienne esclave circassienne, géorgienne ou française, reçoit une éducation européenne. Il est le premier sultan à parler couramment le français. Il succède à l'âge de seize ans à son père, au moment où Ibrahim Pacha marche sur Constantinople, et ne doit qu'à l'intervention européenne le maintien de l'intégrité de son empire (traités du 15 juillet 1840 et du 13 juillet 1841).
Il poursuit, mais sans violence, les réformes commencées par son père et a la chance de bénéficier du soutien de vizirs progressistes tels que Moustapha Reschid Pacha, Mehmed Emin Ali Pacha et Mehmed Fuad Pacha. Il accorde à tous ses sujets, sans distinction de religion, par le hatti-chérif de Gulhané (3 novembre 1839) et le hatti-houmaioum du 11 février 1856, des garanties pour leur vie, leur fortune et leur liberté, et crée le conseil du tanzimat, chargé d'appliquer et d'étendre ces réformes. Tout au long de son règne, il doit lutter contre une forte opposition des classes dirigeantes musulmanes et autorités religieuses qui s'opposent à ses réformes. Celles-ci ne sont que partiellement mises en œuvre, en particulier dans les parties les plus éloignées de l'Empire. Plus d'un complot est formé contre la vie du sultan à cause de cela.
Il fait réprimer de nombreuses insurrections, notamment celle de Bedirxan Beg au Kurdistan (1841-1847) ; il refuse en 1853 de céder au prince Menchikov au sujet de la protection par la Russie des lieux saints et des sujets grecs de l'empire ottoman, et soutient, avec l'appui de l'Angleterre et de Napoléon III, son cousin issu de germain, la Guerre de Crimée contre la Russie, qui se termine par le traité de Paris (1856). Ses tentatives de renforcer sa base dans les Balkans échouent en Bosnie et au Monténégro. La fin de son règne est marquée par des troubles confessionnels au Liban, entraînant l'intervention française en Syrie et le contraignant d'accorder l'autonomie du Liban.
Il serait l'auteur, durant la Grande famine irlandaise (1845-1852), de l'envoi d'une aide significative de nourriture et d'une somme de 1 000 livres sterling. Il voulait envoyer initialement 10 000 livres sterling mais son offre est refusée par le gouvernement britannique car la reine Victoria avait déjà envoyé la somme de 2 000 livres sterling et il était impossible qu'une force étrangère offre plus que la reine. Reconnaissante envers le sultan, la ville de Drogheda, port d'entrée en Irlande de l'aide reçue, ajoutera à ses armoiries l'emblème de l'empire ottoman. La ville a également envoyé une lettre de remerciement au sultanat, dont une copie est conservée aux archives nationales irlandaises. L'historienne Christine Kinealy, se questionne sur la véracité de la livraison d'aide sous forme de nourriture. Elle considère peu probable qu’un sultan, cherchant une alliance avec la Grande-Bretagne, prenne un tel risque. Le don monétaire est avéré, bien que le montant fasse débat. Il est évoqué dans le London Times en 1847. Toutefois, des archives montrent que des navires du bassin ottoman (Grèce, Turquie, Balkans) ont effectivement livré des céréales à Drogheda en mai 1847, mais il n’est pas prouvé qu’ils étaient directement envoyés par le sultan. Il pourrait en réalité s'agir de navires commerciaux.
Il restaure la basilique Sainte-Sophie entre 1847 et 1849 et est à l'origine de la construction du palais de Dolmabahçe. Il fonde également le premier théâtre français à Constantinople.
Il meurt de tuberculose en 1861. Son frère Abdülaziz lui succède en 1861.
Abdülmejid possédait l'un des harems les plus nombreux de la dynastie. Il est connu pour être le premier sultan dont le harem n'était pas composé de filles esclaves, du fait de l'abolition progressive de l'esclavage dans l'Empire Ottoman, mais de filles de naissance libre, nobles ou bourgeoises, envoyées au sultan par la volonté des familles. Il est également le premier sultan dont le harem prend une structure hiérarchique définitive qui comprend quatre kadın (épouses), quatre ikbal (beautés), quatre gözde (favorites) et un nombre variable de concubines mineures.
Abdülmejid Ier a eu au moins 26 épouses, mais seulement deux sont ses épouses légitimes :
Servetseza Kadin (1823 - 24 septembre 1878). BaşKadin (Première épouse), né Princesse Temruko. Elle n'a pas d'enfants car Abdülmejid n'est pas attiré par elle, mais il la respecte et lui confie d'élever ses enfants Mehmed V Reşad, Fatma Sultan et Refia Sultan lorsqu'ils perdent leur mère. Elle aimait aussi Murad V comme son propre fils.
Hoşyar Kadin (1825-1849). Aussi appelé Huşyar Kadın. Deuxième Kadın. Elle est la fille d'un noble Géorgien, Zurab Bey Tuskia et entre au harem en 1839. Elle a une fille. Sa sœur est la 3e trésorière du harem et est très respectée. Elle décède en 1849 de tuberculose.
Mevhibe Sultan (9 mai 1840 - 9 février 1841). Enterré dans la tombe d'Abdulhamid Ier.
Şevkefza Kadın (12 décembre 1820 - 17 septembre 1889). Deuxième Kadın après la mort d'Hoşyar. D'origine circassienne et élevée par Nurtab Kadın, l'épouse de Mahmud II (père d'Abdülmecid). Elle est la mère de Murad V et sa sœur.
Murad V (21 septembre 1840 - 29 août 1904). 33e Sultan de l'Empire Ottoman.
Aliye Sultan (20 octobre 1842 - 10 juillet 1845). Né au Palais Beşiktaş, enterré à Yeni Cami.
Tirimüjgan Kadın (16 octobre 1819 - 3 octobre 1852). Troisième Kadın. Elle est circassienne et travaille comme servante du palais lorsqu'elle est remarquée par le sultan qui la prend comme épouse. Elle est mère de deux fils, dont Abdülhamid II, et sa sœur.
Naime Sultan (11 octobre 1840 - 1er mai 1843). Né au palais de Topkapi, enterré dans la tombe de Mustafa III.
Abdulhamid II (21 septembre 1842 - 10 février 1918). Après la mort de sa mère, il est adopté par Rahime Perestu Kadin. 34e sultan de l'Empire ottoman.