Ce Jour-là

Abbaye de Lesterps

Abbaye située en Charente, en France

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L'abbaye de Lesterps était une abbaye située à Lesterps en Charente.

Lesterps vient du verbe latin exstirpere qui signifie "défricher".

Il existait à Lesterps, à la fin du Xe siècle, une chapelle nommée Stirpis, pour qu'y soit fondée une communauté de religieux : « pour le nom et la gloire de la Sainte et indivisible Trinité et à la mémoire de saint Pierre lui-même, où habiteront le clergé et des gens libres et déliés de tout service envers nous », que Jourdain Ier, seigneur de Chabanais, donna avec un manse au Saint-Siège. Les auteurs de la Gallia Christiana, au XVIIe siècle, qui ont publié la charte de cette fondation non datée la situent aux environs de 1032. Il paraît certain néanmoins que la construction du monastère avait commencé quelques années auparavant.

La fondation de la nouvelle abbaye, placée sous le vocable de saint Pierre et située sur le territoire du diocèse de Limoges, fut approuvée par Dia, épouse de Jourdain Ier, et par leurs fils Jourdain IIe, Boson, qui fut moine au Mont-Cassin, et Renaud, abbé de Charroux.

Quelques années après, en 1038, d'après l'abbé Rougerie, Gautier, fils d'un chevalier de Confolens, élevé et devenu chanoine régulier au Dorat sous saint Israël, fut appelé à gouverner l'abbaye de Lesterps, où il introduisit la règle de saint Augustin, ce qui en fit une abbaye augustinienne.

En 1040, Jourdain IIe, reniant la parole de son père, envahit le monastère et, s'y fortifiant, rançonnait le pays.

Aldebert II de la Marche, comte de la Marche, pour mettre fin à ce brigandage, engagea à Lesterps avec son vassal une lutte terrible qui fit un très grand nombre de morts, dans laquelle le monastère fut mis à feu et à sang et l'église en grande partie détruite. Gautier, qui voyageait alors en Terre sainte, échappa au massacre avec un petit nombre de chanoines.

Pressés par le pape Benoît IX et le roi Henri Ier, le seigneur de Chabanais et le comte de La Marche durent pourvoir aux rentes des religieux pour la reconstruction du monastère, et dédommager les habitants du bourg qui avaient souffert de la guerre.

Rentré en possession de son abbaye, l'abbé Gautier se consacra avec l'aide de ses nouveaux bienfaiteurs à sa restauration.

Il mena à bien la restauration de l'église, dont il célébra solennellement la dédicace en présence des évêques de la province (date inconnue…).

Il mourut en 1070 et fut enseveli dans l'église. Il ne tarda pas à être mis au nombre des saints, sous le nom de saint Gautier, et tandis que son culte s'établissait en 1091 dans l'église qu'il avait relevée, son nom, depuis longtemps objet d'une grande vénération, fut associé à celui de saint Pierre dans le vocable de l'église de Lesterps. À cette date, l'église fit l'objet d'une nouvelle bénédiction, ce qui pourrait laisser penser à l'ouverture d'une nouvelle partie du monument au culte.

Adémar, un frère de Foulques Taillefer comte d'Angoulême lui succéda.

Puis Ramnulfe fut abbé de 1110 à 1140. Ce dernier paraît devoir être rattaché aux grands travaux qui à cette époque durent aboutir à la construction d'une somptueuses abside. En effet, cet abbé fut enseveli dans l'église, où son épitaphe, gravée sur une pierre noire en onciale très ornée célèbre encore son long abbatiat. L'abbé Ramnulfe fit construire un vaste déambulatoire avec absidioles rayonnantes, un transept avec collatéral et double travée.

Le 22 juin 1198, le pape Innocent III confia à l'archevêque de Bourges Girard de Cros une enquête sur des accusations portées contre l'abbé de Lesterps (peut-être dénommé Boson) par un moine de l'abbaye dénommé Guillaume. L'abbé était accusé de « dilapidation », d'infractions à la discipline régulière (notamment de participer à des tournois, d'être à la tête d'une bande de guerriers et de se livrer à des cruautés). On ignore l'issue de l'affaire.

Le 16 octobre 1234, le pape Grégoire IX confia à l'évêque d'Agen une enquête judiciaire sur les crimes imputés à l'abbé Aymeric par certains chanoines qui se sont rendus à la Curie pontificale (entre autres un dénommé Hélie Gros). L'abbé Aymeric, selon la lettre d'enquête, était accusé en particulier de simonie, de parjure, de dilapidation, « d'incontinence » et « d'autres crimes ». Là encore, on ignore l'issue de la procédure.

Entre 1473 et 1480 Jean Béraudi, notaire à Lesterps, établit un terrier de l'abbaye. Ce terrier d'environ 400 pages sur parchemin récapitule les droits dus à l'abbaye sur la soixantaine de paroisses qui en dépendent.

Des guerres de Religion au XIXe siècle

Les guerres de Religion furent funestes à l'abbaye de Lesterps.

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