Ce Jour-là

Abbaye de Cîteaux

Abbaye fondatrice de l'ordre cistercien, Côte-d'Or, France

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L’abbaye Notre-Dame de Cîteaux est l'abbaye fondatrice de l'ordre cistercien. Elle est située sur le territoire de la commune de Saint-Nicolas-lès-Cîteaux, canton de Nuits-Saint-Georges, dans le département de la Côte-d'Or, en Bourgogne-Franche-Comté. Sa construction est de style gothique et d'architecture classique du XIe siècle.

Elle fut fondée en 1098 dans le duché de Bourgogne par Robert de Molesme, abbé de l'abbaye Notre-Dame de Molesme, dédiée à Marie, mère du Christ, et placée sous la protection des ducs de Bourgogne.

Dépendant directement des États pontificaux par droit pontifical, l'Ordre cistercien est officiellement approuvé le 23 décembre 1119 par la Carta Caritatis (Charte de charité et d’unanimité) du pape bourguignon Calixte II , pour répandre et faire appliquer la Réforme grégorienne dans tout l’Occident chrétien, durant la Renaissance du XIIe siècle, en faisant de Cîteaux l'abbaye mère fondatrice de plus de deux mille monastères dans le royaume de France mais aussi dans tout l'Occident chrétien, jusqu'en Transylvanie, où le monastère de Cârța était la plus orientale des abbayes cisterciennes médiévales d'Europe. L'abbaye de Cîteaux est un centre spirituel majeur qui influence profondément durant plus de sept siècles la vie spirituelle, économique et sociale de l’Occident chrétien au Moyen Âge, avec un retour au respect plus rigoureux de la règle de saint Benoît, par rapport à celle appliquée par le puissant ordre de Cluny, notamment à l'abbaye voisine de Cluny. Ce nouvel ordre monastique connait un essor considérable dans toute l'Europe grâce au moine bourguignon emblématique Bernard de Clairvaux (1090-1153).

À la suite de la Révolution française, lors de la confiscation des biens du clergé et de la noblesse, l’abbaye, ses biens et son domaine terrien de plus de 13 000 hectares sont confisqués et en grande partie détruits ou vendus à titre de bien national en 1791. Depuis 1898, une vingtaine de Cisterciens-Trappistes de l'Ordre cistercien de la stricte observance (OCSO) l’occupent à nouveau. Elle a retrouvé son rang d'abbaye tête de l'ordre des Cisterciens-Trappistes, et perpétue sa longue histoire et sa tradition. Elle est classée aux monuments historiques depuis 1978.

Selon la tradition, l’histoire de Cîteaux commence le 21 mars de l’année 1098, jour doublement symbolique (fête de saint Benoît et dimanche des Rameaux).

Ayant quitté ce jour-là l'abbaye Notre-Dame de Molesme avec l’autorisation du légat Hugues de Die, archevêque de Lyon, un petit groupe de vingt-et-un moines, conduit par Robert de Molesme, apparenté à la grande famille des sires de Maligny, novice de l'Abbaye Saint-Pierre de Montier-la-Celle, abbé de l'abbaye Saint-Michel de Tonnerre, prieur de l'Église Saint-Ayoul de Provins, abbé fondateur de l'Abbaye Notre-Dame de Molesme..., arrive dans l’alleu de Cîteaux pour y appliquer la Réforme grégorienne, et vivre dans l’esprit de prière et de pauvreté originelle de la règle écrite par Benoît de Nursie au VIe siècle.

Selon la légende, Robert et ses disciples trouvent dans le bas-pays dijonnais, entre la Côte de Nuits et le Val de Saône, dans une contrée peu peuplée, boisée, aux eaux dormantes, un lieu inculte, peu accueillant, hostile même, mais permettant la construction de bâtiments. En réalité, ce domaine cultivé est un petit village de serfs doté d'une église : propriété du vicomte Renard de Beaune (un cousin de Robert) provenant du patrimoine de sa femme Hodierne, elle est concédée par cette famille qui renonce à ses droits laïcs pour la rémission de ses péchés et ceux de ses ancêtres.

Les terres peuvent assurer la subsistance des moines, tout en leur offrant l’isolement et le silence propices au recueillement et à la paix monastique. Ce lieu que le Grand Exorde a qualifié du nom de « désert » est ainsi une concession de Renard qui se réserve toutefois des terres labourables.

Le duc de Bourgogne Eudes Ier (ou Borrel), confirme la donation à Robert de Molesme et apporte son concours financier pour la construction au lieu-dit de la Petite Forgeotte, non loin du Puits Saint-Robert, d’un novum monasterium et de ses dépendances. Bien modeste est à l’origine l’habitat des fondateurs de ce « Nouveau Monastère », fait de fragiles constructions de bois, qui ne sont entreprises qu’après que Gauthier, évêque de Chalon-sur-Saône, accorde à Robert toute juridiction sur les lieux.

Les premiers moments des fondateurs sont difficiles. Les forces nécessaires à la mise en valeur des terres dépassent celles qu’ils ont à offrir. Les disciples de Robert souffrent d’une pauvreté extrême et suscitent par leur total dénuement charité et miséricorde. Eudes Ier fait preuve de générosité et le pape Pascal II , par la bulle Desiderium quod du 19 octobre de l’année 1100, accorde sa protection au nouveau monastère. Le duc de Bourgogne fournit aux moines de grands biens pour la construction et cède de nouveaux fonds pour la nourriture et l’entretien des religieux.

Ce soutien permanent l’a fait regarder comme le fondateur de cette abbaye.

Mais les difficultés d’approvisionnement en eau du site initialement choisi obligent Aubry, († 26 janvier 1109), successeur de Robert après juillet 1099, et sa communauté à s’installer deux kilomètres plus au sud, où ils construisent, sans doute toujours grâce à la générosité d’Eudes, de nouveaux bâtiments dont une chapelle, qui prendra plus tard le nom de chapelle Saint-Edme.

Construite en pierre, elle est dédiée à Notre-Dame par Gauthier, évêque de Chalon-sur-Saône, le 16 novembre 1106.

Plus tard, une basilique est construite à une date que l’on place entre 1130 et 1150. Les érudits émettent l’hypothèse que la mise en place, dans une châsse, en 1124, du cœur du pape Calixte II pourrait marquer le début des travaux. Cette basilique est consacrée à la Vierge le 17 octobre 1193 par Robert, évêque de Chalon-sur-Saône. Les destructions révolutionnaires n’en ont rien laissé.

En 1109, Étienne Harding, (1060-1134) moine d’origine anglaise, homme intelligent, érudit, habile organisateur et administrateur expérimenté, qui fut du groupe des fondateurs de 1098, est élu troisième abbé du Nouveau Monastère à la mort de l’abbé Aubry (26 janvier 1109).

Aux problèmes de pauvreté auxquels il doit faire face, s’ajoutent les trop rares vocations, découragées par une réputation de trop grande austérité.

La communauté voit fondre ses effectifs : « […] et touchaient aux portes du désespoir parce qu’ils croyaient devoir rester sans successeurs. […] ».

Harding comprend qu’il doit accepter un quotidien moins extrême pour attirer de nouveaux postulants.

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