Ce Jour-là

Abbaye Saint-Sauveur d'Anchin

Abbaye française

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L'abbaye Saint-Sauveur d'Anchin est une ancienne abbaye bénédictine, fondée en 1079 sur le territoire de l'actuelle commune française de Pecquencourt (département du Nord). Important foyer culturel du XIe au XIIIe siècle, l'abbaye héberge un atelier de copistes qui produit de nombreux manuscrits et chartes. En 1568, l'abbaye participe à la fondation du collège d'Anchin (Collegium aquicinctinum Duaci), le plus important collège de l'université de Douai, tenu par les Jésuites jusqu'à leur expulsion en 1764.

L'abbaye est fermée au début de la Révolution française et ses bâtiments sont démolis en 1792.

Ses vestiges sont inscrits au titre des monuments historiques depuis le 30 mai 1990.

La commune de Pecquencourt se trouve à environ cinq kilomètres à l'est de Douai, ville elle-même située près de la limite du département du Pas-de-Calais, à une trentaine de kilomètres au sud de Lille et une trentaine au nord-est d'Arras.

Le lieudit Anchin (ou Enchin), appelé en latin Aquicinctum (de aqua « eau » et cinctus « ceint, entouré ») ou Aquacignium, est une île de 25 hectares située au milieu des marais du sud de la Scarpe (affluent de l'Escaut), au nord du centre de Pecquencourt.

Au VIIIe siècle, Gordaine (ou Gourdaine, en latin Gordianus), ermite et confesseur parfois considéré comme le fondateur de l'abbaye, aurait vécu dans cette île sauvage où il avait bâti une petite église (ecclesiola) où il aurait été inhumé avant que son corps ne soit transporté à Douai. Une fontaine de Montigny-en-Ostrevent commémore son nom et la source de l'Ermite (ou de l'Ermitage) dans le bois de Bugnicourt à Roucourt lui doit vraisemblablement son nom aussi. La fête de Saint Gordaine se célèbre le 16 octobre. L'église Saint-Gilles à Pecquencourt conserve un tableau anonyme du XVIIe siècle illustrant les miracles de saint Gordaine.

Selon la légende, Sohier (ou Soihier, ou encore Sicher), sire de Loos et de Courcelles, et Gautier, seigneur de Montigny-en Ostrevent, étaient des ennemis héréditaires. Perdu, de nuit, Sohier frappe à la porte du château de Gautier. Ce dernier le reconnaît et l'héberge néanmoins. Ils font le même rêve dans lequel un cerf blanc les entraîne dans l'île de Gordaine. Le lendemain, ils se rendent sur l'île et y revoient le cerf blanc de leur songe. Ils se réconcilient et décident d'y construire une abbaye vers 1076.

Selon son titre de fondation, l'abbaye, dédiée au Sauveur, ne fut réellement fondée qu'en 1079 sur des terres données à cet effet par Anselme II de Bouchain, comte d'Ostrevent en 1077, et Gérard II, évêque de Cambrai, lui donna la cure de Cantin.

L'église Saint-Sauveur fut consacrée en 1086.

C'est en 1096 qu'aurait été organisé à l'abbaye le légendaire tournoi d'Anchin auquel auraient participé trois cents chevaliers venus d'Ostrevent, du Hainaut, du Cambrésis et du pays d'Artois. Anselme II aurait organisé ce gigantesque tournoi, aux alentours de la Chandeleur, pour l’inauguration du monastère ; une charte curieusement « jamais retrouvée » aurait même listé les noms des participants, tous de nobles chevaliers du Hainaut, de Valenciennes, Cambrai, Tournai mais aussi du Ponthieu, de l’Artois et même du Boulonnais.

En 1109, le quatrième abbé d'Anchin érige Cantin en ville. Les dons des seigneurs successifs permettent aux abbayes d'Anchin et de Flines d'être chacune propriétaires de domaines riches et étendus sur le territoire de Cantin.

En 1182, sous Baudouin V, comte de Hainaut, commence la construction d’une nouvelle église abbatiale, qui sera consacrée en 1250.

Époque moderne, le collège d'Anchin

En 1562 est édifié, sous le patronage de l'abbaye, le collège d'Anchin, important collège affilié à l'université de Douai et où l'enseignement est dispensé par les jésuites.

À la veille de sa suppression, l'abbaye jouissait de plus de 300 000 livres de rente et procurait à son dernier abbé commendataire Henri Benoît Stuart, cardinal d'York, un revenu annuel de 93 000 livres.

Supprimée à la Révolution française, l'abbaye d'Anchin est déclarée bien national par le décret du 28 octobre 1790. Le 27 mars 1792, elle est adjugée à François-Joseph Tassart de Douai pour la somme de 47 700 livres et démolie.

La première église, sous le vocable de Saint-Sauveur, fut consacrée le 7 octobre 1086. Puis en 1182, le comte du Hainaut, Baudouin V, pose la première pierre de la nouvelle église qui sera consacrée le 23 octobre 1250 et dont les dimensions sont de 105 mètres de long pour 26 mètres de large avec une hauteur de 26 mètres, ses quatre tours culminant à 56 mètres.

Après la Révolution, le tabernacle de l'abbaye d'Anchin est conservé à l'hôpital général de Douai, et La Trinité, ou Retable d'Anchin, polyptyque sur bois réalisé par l’artiste douaisien Jehan Bellegambe vers 1511 pour l'abbaye, est conservé à Douai, au musée de la Chartreuse.

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