Ce Jour-là

Abbaye Saint-Pierre-Saint-Paul de Solignac

Église abbatiale située en Haute-Vienne, en France

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L'abbaye de Solignac est une abbaye bénédictine fondée par Éloi de Noyon en 632 ou 638 à Solignac, près de Limoges.

Une communauté de moines bénédictins y vit du Viie siècle à la fin du Xviiie siècle, et de nouveau à partir de 2021 (« prieuré Saint-Joseph de Solignac »). Entretemps, l’abbaye désaffectée a servi notamment de pensionnat de jeunes filles, de fabrique de porcelaine puis de séminaire.

Elle est une étape de la via Lemovicensis vers Compostelle.

L'abbaye de Solignac a été fondée au Viie siècle par saint Éloi, futur évêque de Noyon, qui demande au roi Dagobert Ier le village de Solemniacum (littéralement, « la terre de Solignac »), pour y fonder un monastère. Ce bourg était situé à l'emplacement d'une ancienne villa gallo-romaine nommée Solemnius, appartenant au domaine royal. Selon l'historien Fustel de Coulanges, le nom de Solignac dérive du nom du propriéraire romain primitif Solemnis ayant constitué le domaine le premier.

« Mon roi et maître, que ta bonté veuille m’accorder pour que je puisse y construire une échelle pour toi et pour moi, par laquelle nous mériterons de monter tous deux dans le royaume céleste ». La charte de cession de l'abbaye faite par Eloi à la communauté monastique qui l'occupe date du 22 novembre de la dixième année du roi Dagobert, soit la dixième année après la mort du roi Clotaire II, le 22 novembre 638, ce qui permet de situer la fondation du monastère quelques mois, voire une ou deux années auparavant. L'acte est fait « en l'honneur des saints Pierre et Paul Apôtres, Pancrace et Denys Martyrs et leurs compagnons, des saints Martin, Médard, Rémi et Germain Confesseurs. »

La charte de cession est contre-signée par les évêques Adeodatus de Mâcon, Madegilosus de Tours, Chanoaldus de Laon, Maurin de Beauvais, Salapius de Nantes, Hildegarius de Sens et Loup de Limoges.

Cette abbaye échappait à la juridiction de l'évêque, mais était soumise au roi. L'acte donne aux religieux la propriété perpétuelle de l'abbaye s'ils suivent les règles de saint Benoît et saint Colomban (regulam Beatissimorum Patrum Benedicti et Columbani).

Selon la légende, saint Éloi serait monté sur un rocher sur les « hauteurs » de Solignac (ce rocher se nomme d'ailleurs le rocher Saint Éloi). De ce rocher, il aurait lancé un marteau. À l'endroit où le marteau serait tombé, il aurait fondé l'abbaye.

Saint Éloi admirait l'abbaye de Luxeuil, fondée par saint Colomban au sud-est des Vosges. Il en fait venir des moines, avec le premier abbé, saint Remacle.

La règle primitive était celle de Luxeuil, car la communauté arrivait de l'abbaye de Luxeuil en Haute-Saône. La règle était inspirée des prescriptions de saint Colomban et de saint Benoît. Le premier abbé fut saint Remacle qui quelques années plus tard fut nommé évêque de Maastricht.

Saint Ouen (Viie siècle) écrit que cette abbaye a eu rapidement de l'importance. L'abbaye compte rapidement cent cinquante moines. Saint Ouen, ami de saint Éloi, dans le récit de sa Vie qu'il a composé, décrit un lieu « fertile et plaisant », « des vergers copieux et bien arrosés », « la proximité d'une belle rivière ». Il déclare pour le monastère : « j'y ai vu une si belle observance de la sainte Règle que la vie de ses moines est presque unique en son genre lorsqu'on la compare à celle des autres monastères de la Gaule ». Il précise que « là se trouvent de nombreux ouvriers habiles aux différents arts et métiers, et tous se sont élevés à la plus haute perfection par la crainte du Christ et la pratique d'une prompte obéissance ». L'abbaye de Solignac est alors un grand atelier d'orfèvrerie.

Quand Remacle quitte l'abbaye pour devenir évêque de Maastricht, il amène avec lui saint Hadelin, originaire d'Aquitaine, où il a été abbé de Celles puis de Visé. Un jeune esclave Saxon racheté par saint Éloi, est entré dans l'abbaye. Thillo (connu sous le nom de saint Tillo ou saint Théau) est le successeur d'Éloi à la direction de la fabrication de pièces d’orfèvrerie. Il va devenir ermite à Brageac près de Mauriac, puis revient pour mourir, en 702, près de Solignac sur le lieu de l'église du Vigen.

Entre le VIIIe siècle et le XIe siècle vont se succéder des troubles et des périodes de relèvement. Des invasions sarrasines vers 732-735, une incursion en 793 d'origine non précisée causant des dégâts nécessitant que Pépin le Bref, puis Charlemagne, accordent des privilèges. En 817, c'est Louis le Pieux qui accorde des privilèges pour reconstruire l'abbaye.

En 820, l’abbé Aigulf impose la règle bénédictine réformée par saint Benoît d'Aniane. Solignac ne fait toutefois pas partie de la Notitia de servitio monasteriorum, liste des monastères bénédictins de 819.

En 823, Raoul de Turenne devint probablement clerc à l'abbaye de Solignac. C'est l'explication de l'aide qu'il a demandé à l'abbaye de Solignac quand il a fondé plusieurs abbayes sur les terres de ses villas comme Végennes et Beaulieu.

Vers 855, Cunibert, abbé de Solignac successeur d'Aigulf, fournit des moines pour la fondation de l'abbaye de Beaulieu.

Les incursions vikings vont provoquer la venue des reliques de Martial de Limoges à Solignac. Puis, vers 860 ou 864, c'est l'abbaye de Solignac qui est pillée et incendiée. Des religieux qui se sont réfugiés à Vic-Fezensac ramènent les reliques de sainte Fauste.

En 866, on note la présence de l'abbé Bernard au concile de Soissons présidé par Charles le Chauve.

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