Le 400 mètres est une épreuve de l’athlétisme appartenant à la catégorie du sprint long. Elle consiste à parcourir un tour complet de piste d'athlétisme en extérieur, soit une distance réglementaire de 400 m, ou deux tours de piste en salle sur un anneau de 200 m. Cette distance correspond approximativement à l’ancien 440 yards, utilisé dans les pays anglo-saxons.
Le 400 mètres se court sur un tour de piste en extérieur et sur deux tours de piste en salle. En extérieur, la piste doit mesurer rigoureusement 400 mètres, bien que certaines installations plus anciennes présentent des longueurs différentes (350, 333, 300 ou 250 mètres). Elle comprend deux lignes droites parallèles et deux virages de rayon identique, qui ne sont pas nécessairement des demi-cercles.
Chaque athlète dispose d’un couloir individuel d’une largeur standard de 1,22 m, délimité par des lignes blanches d’une largeur de 5 cm. La course peut être décomposée en plusieurs phases distinctes.
Comme pour les autres épreuves de sprint, les coureurs prennent le départ à l’aide de blocs de départ. Ils doivent conserver le couloir qui leur est attribué tout au long de la course, sans empiéter sur la ligne intérieure de celui-ci.
Sur 400 mètres, le départ revêt une importance moindre que sur le 100 ou le 200 mètres. Le temps de réaction y est en moyenne légèrement plus élevé. Les blocs de départ sont orientés légèrement vers l’intérieur de la piste, afin de faciliter l’entrée dans le premier virage.
Après le départ, les sprinteurs accélèrent dans le virage. À mesure que la vitesse augmente, la force centrifuge s’accroît, ce qui conduit les athlètes à incliner le corps vers l’intérieur de la piste afin de maintenir leur équilibre.
À l’entrée de la ligne droite opposée, les athlètes atteignent généralement leur vitesse maximale. Les meilleurs spécialistes franchissent les 200 mètres entre environ 20 s 5 et 21 s 5 chez les hommes, et entre 22 s 5 et 23 s 5 chez les femmes. Cette phase marque la transition entre l’accélération initiale et la phase de décélération progressive jusqu’à l’arrivée.
À partir d’environ 250 m, la vitesse des athlètes diminue progressivement. La fatigue musculaire liée à l’intensité de l’effort entraîne une baisse de la puissance, variable selon les athlètes et les conditions de course.
Après la sortie du second virage, la perte de vitesse s’accentue, notamment dans les derniers 50 mètres. Cette phase est caractérisée par un effort physique et mental important. Les meilleures performances se situent généralement entre 43 et 45 secondes chez les hommes et entre 48 et 50 secondes chez les femmes.
Le 400 mètres est généralement qualifié de sprint long ou de « sprint d’endurance », car il combine les qualités de vitesse propres au sprinteur et les capacités de résistance à l’effort du coureur de demi-fond court, notamment sur 800 mètres. Cette épreuve sollicite fortement les filières énergétiques anaérobies et requiert une gestion précise de l’allure tout au long de la course.
Contrairement aux sprints plus courts, la fin de l’épreuve est marquée par une accumulation importante d’acide lactique dans les muscles, entraînant une diminution progressive de la puissance musculaire et une sensation de fatigue intense. Aucun athlète ne peut maintenir sa vitesse maximale sur l’ensemble de la distance, ce qui rend la répartition de l’effort déterminante pour la performance.
Une bonne vitesse sur 100 mètres ou 200 mètres constitue un atout pour les spécialistes du 400 mètres, à condition d’être associée à une capacité suffisante de résistance à la fatigue. La qualité de la foulée et la gestion de la fréquence de course jouent également un rôle essentiel.
Les coureurs de 400 mètres proviennent généralement soit du sprint, soit du demi-fond court. Certains athlètes présentent un profil hybride, combinant puissance et endurance. Michael Johnson, champion olympique du 200 mètres et double champion olympique du 400 mètres, illustre ce type de profil, de même que Tommie Smith, champion olympique du 200 mètres en 1968 et ancien détenteur des records du monde du 200 mètres et du 400 mètres. À l’inverse, des athlètes comme Jeremy Wariner présentent un profil davantage orienté vers le demi-fond court.
Chez un coureur expérimenté, l’écart entre le record personnel sur 200 mètres et le temps de passage aux 200 premiers mètres d’un 400 mètres est généralement d’environ une seconde. Cet écart peut atteindre deux secondes chez les athlètes moins expérimentés. Une méthode d’estimation couramment utilisée consiste à doubler le temps réalisé sur 200 mètres et à y ajouter environ 3,5 secondes.
Les sprinteurs disposent en général d’un avantage sur la première moitié de la course, tandis que les athlètes issus du demi-fond court sont souvent plus performants dans les derniers 100 mètres. Toutefois, la réussite sur cette distance dépend principalement de la capacité à concilier vitesse et endurance sur l’ensemble de l’épreuve.
Inspiré du diaulique des Grecs (double stade, soit 384,54 m), le 400 mètres dérive d' une création des Britanniques qui, au XIXe siècle, en assurent le découpage à partir du mile anglais : le 440 yd. Celui-ci, représente un quart de mile (402,17 m). La première trace chronométrique connue remonte à 1799 lorsque l'un des capitaines des troupes de l'amiral Nelson parcourt cette distance en 56 secondes. Il faut toutefois attendre la deuxième moitié du XIXe siècle pour voir le quart de mile prendre son essor, tout d'abord en Angleterre, puis aux États-Unis.
À partir des années 1840, des athlètes professionnels venus des États-Unis et de Grande-Bretagne s'affrontent dans des réunions donnant lieu à des paris. Le 17 mai 1865, à Dublin, est enregistré le premier record du monde sur 440 yd. Il est l'œuvre du Britannique E.L. Hunt en 53 s 7. Quelques mois plus tard, à Londres, ce record est pulvérisé de plus de trois secondes par un autre Britannique, Charles Guy-Pyn, qui se rapproche de la barrière des cinquante secondes (50 s 3).
Trois ans plus tard, en 1868, lors des championnats d'Angleterre, se mesurent les deux meilleurs coureurs de l'époque Ed Ridley et Edward J. Colbeck. Cependant ce duel tourne court par la faute d'un mouton présent en plein milieu de la piste cendrée. Mais le premier « phénomène » dominant véritablement la discipline vient de l'autre côté de l'Atlantique : du 100 yd (environ 91 m) aux 880 yards (804 m), rien n'échappe à Laurence Myers de 1879 à 1886. Acceptant les propositions des promoteurs américains, il se livrera jusqu'à la fin de sa carrière à des défis rémunérés de chaque côté de l'Atlantique. Vers la fin du XIXe siècle, le Britannique Charles Lennox Tindall réussit 48 s 5 au 440 yards, performance inégalée jusqu'en 1895. À New York, des organisateurs mettent en place des courses en ligne droite sur hippodrome.