Ce Jour-là

Óscar Romero

Prélat catholique et martyr salvadorien

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Óscar Romero, de son nom complet Óscar Arnulfo Romero y Galdámez (né le 15 août 1917 à Ciudad Barrios au Salvador et mort assassiné le 24 mars 1980), est un prélat de l'Église catholique. Archevêque de San Salvador (Salvador), il meurt en martyr, assassiné en pleine messe pour avoir été le défenseur des droits de l'homme et particulièrement des paysans de son diocèse.

Sa canonisation est célébrée le 14 octobre 2018 à Rome, sous le pontificat du pape François.

Les Églises d'Amérique Latine le considèrent comme le saint patron des Amériques et de San Salvador. Au-delà du catholicisme, Oscar Romero est honoré par d'autres Églises chrétiennes notamment la Communion anglicane : il se trouve être l'un des dix martyrs du XXe siècle à figurer parmi les statues situées au-dessus de la grande porte Ouest de l'abbaye de Westminster à Londres au Royaume-Uni. Il est fêté le 24 mars.

Óscar Romero est le second d'une famille nombreuse de sept enfants (cinq frères et deux sœurs), dont le père est postier. Il est baptisé à l'âge d'un an le 11 mai 1919. Il naît dans un pays déchiré où 40 % des terres sont détenues par treize familles. À l'époque, l'Église est persécutée et les assassinats sont fréquents.

Après quelques années à l'école il devient apprenti menuisier à l'âge de douze ans. Deux ans plus tard, en 1933, il entre au séminaire des prêtres Clarétains à San Miguel, contre l'avis de son père.

En 1937, il rejoint le séminaire national de San Salvador, dirigé par les Pères Jésuites puis continue ses études à Rome, où il est ordonné prêtre le 4 avril 1942. Il vise l'obtention d'un doctorat en théologie mais doit en 1943, à l'âge de 26 ans, interrompre ses études et sous la pression de l'évêque, dans une Italie encore fasciste, rentre au Salvador. Sur la route du retour, il fait escale en Espagne puis à Cuba où la police cubaine l'interne au motif qu'il provient de l'Italie mussolinienne. Des ennuis de santé lui valent son élargissement et un retour vers le Salvador via Mexico.

Romero travaille comme prêtre de paroisse à Anamorós, puis est affecté pendant vingt trois ans (1944-1967) dans le cadre du diocèse de San Miguel. Il promeut différents groupes apostoliques, inaugure une équipe des « Alcooliques anonymes », aide à la construction de la Cathédrale San Miguel et soutient la dévotion à la « Vierge de la Paix ». Il est par suite nommé recteur du séminaire inter-diocésain de San Salvador.

Sa vie publique démarre avec sa nomination de secrétaire de la Conférence épiscopale du Salvador en 1967. Il est également secrétaire du Secrétariat épiscopal d'Amérique centrale (it). Il devient le directeur-éditeur du journal Orientacion qui adopte une ligne assez conservatrice, dans le cadre d'un magistère plutôt traditionaliste de l'Église catholique.

Nommé évêque auxiliaire de San Salvador par Paul VI le 25 avril 1970 avec le titre d'évêque titulaire ou in partibus de Tambeae (de), il est consacré le 21 juin suivant par Girolamo Prigione nonce apostolique au Salvador et au Guatemala (en) et archevêque titulaire de Lauriacum (de) avec comme co-consécrateurs l'archevêque de San Salvador Luis Chávez y González et l'évêque titulaire de Legia (de) Arturo Rivera y Damas.

Le 15 octobre 1974 il est nommé évêque de Santiago de María puis, trois ans plus tard, le 3 février 1977, devient archevêque de San Salvador, Rome souhaitant barrer la route à la nomination de Rivera y Damas[réf. nécessaire].

Óscar Romero est réputé être un conservateur : il n'avait pas hésité, du temps où il était encore évêque auxiliaire, à dénoncer publiquement, lors de la célébration de la transfiguration du Christ (fête patronale de San Salvador), « la nouvelle Christologie » comme étant une menace pour la doctrine de l'Église et de la Foi. Ainsi en 1975, à l'occasion de la mort de Josemaría Escrivá de Balaguer, fondateur de l'Opus Dei, il envoie au pape Paul VI une lettre louant les mérites du défunt et adjurant le pape d'ouvrir rapidement son procès en canonisation. Il indique notamment « avoir confié avec satisfaction à l'Œuvre la direction spirituelle de sa propre vie et de celle d'autres prêtres ».

L'assassinat du père Rutilio Grande

Comme il est considéré comme conservateur, sa nomination est d'abord bien accueillie par l'oligarchie salvadorienne. Le clergé plus progressiste redoute son opposition aux engagements vis-à-vis des plus pauvres tels que ceux formulés dans le cadre notamment de la théologie de la libération. Mais quelques semaines plus tard, le 12 mars 1977, l'assassinat d'un prêtre de son diocèse (et ami personnel), le jésuite Rutilio Grande avec deux compagnons de voyage par un escadron de la mort, soutien du pouvoir en place, va tout changer. La mort en martyr du Père Rutilio bouleverse profondément le nouvel archevêque qui considère que « la mort de Grande l'avait converti ». Il dira plus tard : « Quand je vis Rutilio, étendu mort, j'ai pensé que s'ils l'avaient tué pour ce qu'il avait réalisé, alors moi aussi j'avais à avancer sur le même chemin ».

Le jour même des funérailles, il écrit au président Arturo Armando Molina pour lui demander une enquête exhaustive des faits et ajoute : « Je ne suis pas disposé à participer à un acte officiel du gouvernement aussi longtemps que ce dernier n'aura pas fait tous ses efforts pour rendre la justice au sujet de ce sacrilège qui a horrifié tout le monde et soulevé une vague de protestation et de violence » Et, effectivement, jamais Óscar Romero n'assiste à aucun acte officiel, car jamais aucune enquête sérieuse n'est menée au sujet de ce triple meurtre.

La dénonciation des persécutions de l'Église

Dès lors, il ne craint pas de dénoncer désormais ouvertement la pauvreté, l'injustice sociale, les assassinats et les actes de torture.

En 1979, une junte gouvernementale prend le pouvoir dans un climat de violations des droits de l'homme opérées tant par le gouvernement que par des ligues d'extrême droite. Óscar Romero dénonce l'aide militaire apportée au nouveau régime par les États-Unis : en février 1980, il écrit au président Jimmy Carter : « Une aide militaire accrue de la part des États-Unis aurait sans doute pour effet d'accentuer l'injustice et la répression infligée à des hommes qui s'organisent pour défendre les droits humains les plus fondamentaux. ». L'administration américaine maintiendra son soutien au régime en place, craignant, semble-t-il, que le Salvador ne devienne un autre Nicaragua.

L'orientation pastorale d'Óscar Romero

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