L'île de Man (/il də mɑ̃/ ; en anglais : Man et Isle of Man /ˌaɪl əv ˈmæn/ ou IOM ; en mannois : Mannin /ˈmanɪnʲ/ et Ellan Vannin /ˈɛlʲan ˈvanɪnʲ/ ; en latin : Insula Mona) est un territoire formé d'une île principale et de quelques îlots situés en mer d'Irlande, au centre des îles Britanniques. L'île de Man est une dépendance directe de la Couronne britannique, étant une propriété du souverain britannique, actuellement le roi Charles III, qui agit en qualité de « seigneur de Man » mais lui laisse une large autonomie politique et économique. Du fait de ce statut et d'une politique fiscale très avantageuse, elle est considérée comme l'un des lieux privilégiés par l'évasion fiscale, acquérant une réputation de paradis fiscal, notamment depuis les révélations des « Paradise Papers ».
L'île de Man a un peuplement celtique depuis la protohistoire ; elle devient un royaume viking au Moyen Âge, mais l'influence anglo-saxonne s'y fait sentir. Les Scandinaves y ont fondé un système politique basé sur le principe des « citoyens libres » et s'organisant autour du Tynwald (qui serait le plus ancien parlement en fonctionnement continu au monde). Elle fait aujourd'hui partie des six nations celtiques (avec l'Irlande, les Cornouailles, la Bretagne, l'Écosse et le pays de Galles) reconnues par le Congrès celtique et la Ligue celtique.
L'île de Man est située dans la mer d'Irlande, à 29 km des côtes d'Écosse, à 48 km de celles d'Angleterre et à 53 km de celles d'Irlande.
L'île de Man est relativement grande (572 km2, 53 km de long sur 21 de large), mais peu élevée (621 m d’altitude maximale). Elle est entourée par quelques petites îles comme Calf of Man et Saint-Patrick. Sa végétation est principalement formée de landes et de prairies.
Comme l'Écosse, elle repose sur un vieux socle hercynien constitué de schistes. Rehaussée par un mouvement tectonique, puis rabotée par les glaces du quaternaire, l'île culmine, au mont Snaefell, à 621 m. Au nord, les moraines ont engendré une plaine triangulaire, qui contraste avec les montagnes de l'intérieur.
Le climat de l'île de Man est typiquement océanique grâce aux effets de la dérive nord atlantique. Il est ainsi caractérisé par une grande douceur et une faible variation des températures : février est généralement le mois le plus froid de l'année avec 4,9 °C de température moyenne (les périodes de gel et de neige étant très peu fréquentes et ne durant pas longtemps) tandis que les mois de juillet et d'août sont les plus chauds avec une température maximale de 17,6 °C, la température maximale enregistrée sur l'île de Man étant de 28,9 °C dans le Ronaldsway.
Protection environnementale et biodiversité
En mars 2016, l'île de Man a été reconnue réserve de biosphère par l'Unesco.
Il existe aujourd'hui deux races d'animaux spécifiques à l'île de Man. Une célèbre race de chat originaire de l'île de Man, le manx, a pour caractéristique d'avoir une queue très courte, voire absente. Il possède également des pattes arrière plus petites que la plupart des chats. Ces chats font office de symbole de l'île sur des pièces d'argent ainsi que des timbres alors que le gouvernement mannois gère directement un centre de reproduction afin d'assurer la continuité de la race.
Autre race typique de l'île, le mouton loaghtan. Sa laine est brun foncé et il possède entre quatre et six cornes. Sa viande est considérée comme un mets délicat. Il existe plusieurs troupeaux sur l'île, et d'autres élevages se trouvent également en Angleterre et à Jersey.
Le genévrier Juniperus communis a disparu de l'île au XXe siècle. Il a subi un déclin majeur après son utilisation abusive pour en faire du bois de feu ou du gin. Un changement climatique est suspecté d'avoir rendu le reste de la population infertile.
Échappés d'un enclos, des wallabys forment une colonie sur l'île depuis les années 1960.
L'île de Man est évoquée par plusieurs auteurs de l'Antiquité sous des noms différents : moez Manu, Monapia (Pline, 23), Eumonia (Annales de Wahes, vers 125), Monaœda (Ptolémée, 139), Mevania (Paul Orose, 416), Eubonia (Nennius, 853), Manann ou Manand (Annales irlandaises, 1084-1496), Mön ou Maon (dans les sagas islandaises, vers 1240). La forme galloise est Manaw. Une croix du XIIe siècle se trouvant à Kirk Michael porte une inscription en runique dont l'un des termes se lit Mon (prononcé Maon). En langue mannoise, l'expression « île de Man » se traduit par Ellan Vannin ; ellan désigne une « île », Vannin est la forme lénifiée de Mannin (« Man » en français, « Man » ou « Mann » en anglais). Selon Hervé Abalain, le terme Mannin peut désigner tout simplement une île. Il propose ainsi de considérer l'exemple de Mainland dont la forme man- signifie « île ».
Le nom moderne Man semble dérivé, par le latin, du gaélique écossais Mana ou du vieil anglais Monig. Ce nom était donné autrefois tant à l'île de Man qu'à un district d'Écosse dont la racine subsiste encore dans les toponymes Slamannan et Clackmannan. Selon John Rhys, le nom pourrait provenir d'une racine indo-européenne Manavio, génitif singulier de Manavionos.
Des recherches récentes tendraient à démontrer qu'avant 8500 av. J.-C., Man était reliée à la Cumbria au moyen d'une bande de terre qui a progressivement été envahie par la mer. Il n'existe pas de preuve pourtant qu'à cette époque Man était habitée.
L'arrivée de groupes humains sur l'île de Man semble toutefois antérieure d'au moins mille années aux principaux vestiges du Néolithique que l'on trouve sur plusieurs sites.
C'est le Néolithique qui a laissé le plus de vestiges sur l'île de Man. Le site de Minorca, près de la petite ville de Laxey, abrite un cairn, dénommé la « tombe du roi Orry » et attribué à tort au héros mannois Godred Crovan (mort en 1095). Cette tombe de 12 mètres de long lui est très antérieure et date de -4000 environ. On date de la même période le site de Mull Hill, au sud de l'île, cercle de pierres de 18 mètres de diamètre. Le site de Cashtal yn Ard, dans la paroisse de Maughold, lui, est plus récent (-2000).
Cette époque marque aussi le début des structures militaires défensives, comme sur la colline de South Barrule. Deux remparts circulaires fortifiés laissent supposer que la communauté y ressentait la nécessité de s'unir pour faire face à l'adversité.