Étienne (Jacques-Joseph-Alexandre) Macdonald, 1er duc de Tarente, né le 17 novembre 1765 à Sedan (Champagne) et mort le 25 septembre 1840 à Beaulieu-sur-Loire (Loiret), est un général français de la Révolution et un maréchal d'Empire.
Étienne Jacques Joseph Alexandre Macdonald est né à Sedan, d'une famille écossaise originaire de l'île de South Uist, dans les Hébrides. Son père, Neil MacEachen (plus tard MacDonald) of Howbeg, protégea la fuite du prince Charles Édouard Stuart vers la France. Neil rejoint en 1767 une quinzaine de jacobites exilés à Sancerre depuis 1752. Neil MacDonald s'y établit avec sa femme Marie-Alexandrine Gonaut et ses enfants, dont Étienne. Ce dernier fut interne au collège de Sancerre avant de poursuivre son instruction à Paris sous la houlette d'un certain chevalier Pawlet. Alors qu'il se destinait initialement à la prêtrise, il fut très marqué par la lecture des récits d'Homère qui l'incitèrent à embrasser la carrière des armes.
À sa sortie de l'école, Macdonald fut affecté comme lieutenant à la légion de Maillebois au service de la Hollande le 1er avril 1785. Les tensions entre la Hollande et le Saint-Empire, qui avaient motivé la formation de la légion, s'apaisèrent toutefois rapidement, ce qui entraîna la dissolution du corps et le retour de Macdonald en France. Le jeune homme demeura quelque temps à Sancerre avant de s'enrôler en tant que volontaire dans le régiment de Dillon (futur 87e régiment d'infanterie) le 12 juillet 1786. Il se familiarisa alors avec les rudiments de la vie militaire tout en consacrant une partie de son temps libre à la pratique du violon, de la danse et de l'escrime. Il fut successivement promu sous-lieutenant de remplacement le 12 juin 1787 et sous-lieutenant le 1er décembre de la même année.
Après la bataille de Jemappes, il fut fait lieutenant-colonel du 94e régiment d'infanterie le 12 novembre 1792 puis chef de brigade (colonel) du 2e régiment d'infanterie le 8 mars 1793. Le 26 août suivant, il fut nommé général de brigade. Conscient des risques encourus par les généraux malchanceux sous la Terreur, Macdonald accueillit fraîchement cette promotion :
« Ce fut un coup de foudre, quoique depuis plusieurs mois j'en eusse rempli les fonctions ; mais au moins je n'avais pas la responsabilité du grade. Je représentai ma jeunesse, mon inexpérience, rien ne fut écouté. Il fallut subir mon sort, sous peine d'être traité comme suspect et arrêté. »
Il remplaça Souham au commandement de la 1re division de l’armée du Nord à la fin de l'année 1794. En 1795, dans l'armée du Nord de Pichegru, il poursuivit les Anglais de Frédéric d'York, passa les fleuves gelés et captura avec sa cavalerie la flotte hollandaise prise dans les glaces. Il fut alors promu général de division le 28 novembre 1795.
Après avoir servi aux armées du Rhin et d'Italie, il fut nommé gouverneur de Rome et des États pontificaux. En 1799, quand les Français évacuèrent Rome, il fit la campagne contre les armées alliées. Il livra du 17 au 19 juin la bataille de la Trebbia aux Austro-Russes de Souvorov, essuya une lourde défaite et ne parvint à faire sa jonction avec le général Moreau qu'avec une partie de ses forces d'origine.
Il commande la garnison de Versailles lors du coup d'État du 18 Brumaire et appuie Napoléon Bonaparte. D'abord affecté à l'armée du Rhin sous les ordres de Moreau, il est choisi pour commander, à partir du 24 août 1800, un corps de réserve de 15 000 soldats qui devient l'armée des Grisons en octobre. Chargé de conduire ses troupes dans le Tyrol afin d'y occuper les Autrichiens tout en maintenant le contact avec les forces françaises déployées en Allemagne et en Italie, il franchit les montagnes du Splügen au prix de nombreuses difficultés et s'empare de Trente le 6 janvier 1801 ; cette marche victorieuse, bien que sans confrontation directe avec les troupes adverses, inspire au chef d'état-major de Macdonald, le général Mathieu Dumas, le commentaire suivant : « un coup d'œil sûr, une résolution prompte, beaucoup d'audace et de ténacité dans les circonstances les plus difficiles, sont les principaux traits de caractère que le général Macdonald déploya dans cette campagne ».
Après la fin des hostilités, Macdonald est envoyé au Danemark comme ministre plénipotentiaire jusqu'en 1803. À son retour, il reçoit le titre de grand officier de la Légion d'honneur. Disgracié pour avoir soutenu le général Moreau sous lequel il avait servi, il vit une période d'exil en Berry. Macdonald achète le château de Courcelles-le-Roy et de Bois-Sir-Aimé. C'est à cette époque qu'il devient gouverneur de la 7e région militaire et il réside à Bourges, rue Jacques-Cœur.
Ce n'est qu'en 1809 qu'il reprend le commandement d'une division en Italie. À l'issue de la bataille de Wagram, lors de laquelle il enfonce le centre de l'armée autrichienne sous le feu d'une nombreuse artillerie, il est élevé à la dignité de maréchal d'Empire. À son retour à Paris, en 1810, il est fait duc de Tarente et prend le commandement d'un corps d'armée en Espagne. En 1812, il commande le Xe corps en Russie. En 1813, il prend part aux batailles de Lützen et de Bautzen, est sévèrement battu à la Katzbach par le général prussien Blücher et participe enfin à la bataille de Leipzig. Là, il traverse à la nage l'Elster, où périt Poniatowski, et assiste le 30 octobre à la bataille de Hanau. Pendant la campagne de 1814, il commande l'aile gauche de l'armée, et assiste à Fontainebleau à l'abdication de Napoléon, à laquelle il contribue.
Restauration et monarchie de Juillet
Après l'abdication de Fontainebleau, il accepte la pairie le 4 juin 1814. Dans la nuit du 19 au 20 mars 1815, il part de Paris avec Louis XVIII, et, après l'avoir accompagné jusqu'à Menin, il revient, refuse tout poste de Napoléon, et prend du service dans la Garde nationale comme simple grenadier. Après Waterloo et le retour des Bourbons, le duc de Tarente reçoit la mission de congédier l'armée de la Loire, créée par Napoléon le 17 mai 1815 pour combattre les Vendéens à nouveau révoltés. Il est nommé major-général de la Garde royale de Louis XVIII en septembre 1815. Le 2 juillet 1815, il est nommé grand chancelier de la Légion d'honneur, dignité qu'il conserve jusqu'en 1831.
Le 10 août 1830, il présente à l'Assemblée la couronne royale de Louis-Philippe. Trois autres maréchaux de France l'accompagnent : Molitor, Oudinot et Mortier. C'est sa dernière apparition officielle. Il cesse ses fonctions de grand chancelier de la Légion d'honneur le 23 août 1831 et meurt le 25 septembre 1840, dans son château de Courcelles-le-Roy, à Beaulieu-sur-Loire (Loiret), âgé de 74 ans, laissant un fils âgé de 15 ans. Il repose au cimetière du Père-Lachaise (division 37) à Paris.
À Sainte-Hélène, Napoléon émet ce jugement à son égard : « Macdonald avait une grande loyauté ».
L’Encyclopædia Britannica de 1911 dit à son sujet :
« Macdonald ne possédait pas ce génie militaire qui avait distingué Davout, Masséna et Lannes, ni cette science guerrière propre à Marmont et Saint-Cyr, mais sa campagne en Suisse ne lui en accorde pas moins un rang bien supérieur aux simples généraux de division qu'étaient Oudinot et Dupont. Sa capacité à assumer des missions indépendantes a conduit Napoléon, en dépit de ses défaites à la Trebbia et à la bataille de la Katzbach, à lui confier des commandements importants jusqu'à la fin de sa carrière. Sur le plan personnel, on ne saurait trop faire l'éloge de son caractère, qu'aucun trait de cruauté ou d'infidélité ne vient entacher. »
Gunther Rothenberg écrit que Macdonald était un excellent commandant malgré sa tendance à surestimer ses propres capacités. Richard Dunn-Pattison loue également sa « profonde acuité militaire », tandis que Richard Humble le cite comme « l'un des plus insolites et des plus talentueux des maréchaux ». L'historien John M. Keefe affirme qu'à l'exception de l'échec de la Katzbach, dû selon lui aux déficiences de l'état-major dans les corps français n'opérant pas sous les ordres de Napoléon, la carrière du maréchal fut généralement couronnée de succès ; quant à Camille Duclert, elle avance que « des seize campagnes auxquelles il a participé de 1792 à 1814 et des huit armées dans lesquelles il a servi, Macdonald émerge comme un officier général hors pair » tout autant qu'« un meneur d'hommes confirmé aux nombreuses victoires et aux rares défaites ».