Ce Jour-là

Étienne Gilson

Philosophe et historien français

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Étienne Gilson, né le 13 juin 1884 à Paris (7e arrondissement) et mort le 19 septembre 1978 à Auxerre (Yonne), est un philosophe et historien français.

Il fut notamment professeur à Lille, à Strasbourg, à la Sorbonne, à Harvard, à Toronto, à l'École pratique des hautes études (EPHE), au Collège de France et membre de l'Académie française. Il est également Grand officier de la Légion d'honneur et possède la Croix de guerre 1914-1918.

Spécialiste en histoire de la philosophie médiévale, ses ouvrages sont des apports majeurs dans l'analyse historique de la philosophie. Sur le terrain proprement dit de la philosophie, il défend le réalisme philosophique en s'appuyant sur l'œuvre de Thomas d'Aquin.

Issu d'une famille bourguignonne par sa mère et melunaise par son père, Étienne-Henry est le fils de négociants établis à Paris, avenue de la Motte-Picquet (7e arrondissement), Paul Gilson et Caroline Rainaud. La fratrie compte quatre garçons.

Il fait ses études au petit séminaire de Notre-Dame-des-Champs, puis au lycée Henri-IV. Après avoir effectué son service militaire, il entreprend des études de philosophie et suit à la Sorbonne les cours de Victor Delbos, de Durkheim et de Lévy-Bruhl — le disciple d'Auguste Comte — qui lui fait lire saint Thomas d'Aquin, et au Collège de France ceux de Bergson. Il est reçu sixième à l'agrégation de philosophie en 1907.

Il se marie en 1908 l'année suivante avec Thérèse Ravisé (1885-1949).

En 1913, il soutient à la Sorbonne sa thèse de doctorat sur La Liberté chez Descartes et la théologie.

Il enseigne après avoir été reçu à l'agrégation dans les lycées de Bourg-en-Bresse, Rochefort, Tours, Saint-Quentin et Angers. Après l'obtention de son doctorat, il est nommé maître de conférences de philosophie à la faculté de lettres de Lille.

Sa carrière académique est interrompue par la Première Guerre mondiale. Il est mobilisé avec le grade de sergent, est envoyé au front et prend part à la bataille de Verdun — il est alors sous-lieutenant. Or, il peut y continuer ses études, grâce aux livres de philosophie, envoyés par Victor Delbos. Il est capturé en février 1916 et passe deux années en captivité. Il met à profit cette inactivité forcée pour explorer de nouveaux champs d'études, en particulier la langue russe et les œuvres de saint Bonaventure. Il recevra la Croix de Guerre 1914-1918.

Étienne Gilson enseigne l'histoire de la philosophie médiévale de 1921 à 1932 à la Sorbonne, où il a auparavant fait ses études, avant d'occuper la chaire d'histoire de la philosophie médiévale au Collège de France, de 1932 à 1950. Parallèlement, il assure à la Ve section de l'École pratique des hautes études (EPHE) la direction d'étude d'histoire des doctrines et des dogmes. Il fonde en 1926 avec Gabriel Théry les Archives d'Histoire Doctrinale et Littéraire du Moyen Âge (AHDLMA).

En 1929, il joue un rôle central dans la fondation de l'Institut pontifical d'études médiévales de Toronto au Canada, avec des Pères basiliens.

Après la Seconde Guerre mondiale, il enseigne la philosophie chrétienne à l'Institut d'études politiques de Paris, aux côtés d'André Latreille et Gabriel Le Bras.

Bien qu'étant à l'origine spécialiste d'histoire de la philosophie, il est également l'un des leaders du mouvement néothomiste catholique romain. Sa rencontre avec le libraire Joseph Vrin est à l'origine de la création des éditions Vrin. Il collabore à des revues comme La Vie intellectuelle ou Sept dont il rédige le manifeste.

Docteur honoris causa de plusieurs universités et membre d’académies étrangères, il est élu membre de l'Académie française le 24 octobre 1946, en même temps que Maurice Genevoix ; il y remplace Abel Hermant, toujours en vie mais radié de l'Académie pour faits de collaboration. Ainsi, quand il est reçu le 29 mai 1947 par Louis Pasteur Vallery-Radot, il ne prononce pas dans son discours l'hommage de son prédécesseur. Néanmoins, sans le nommer expressément, il lui rend un hommage appuyé en finissant son discours par des considérations sur la langue française et les services éminents rendus par ceux qui eurent à cœur de la servir : « À ceux qui ont beaucoup aimé notre langue, pardonnons, Messieurs, à la mesure même de leur amour ».

Il est l'un des conseillers techniques de la délégation française à la Conférence de San Francisco (du 25 avril au 26 juin 1945) instituant les Nations unies. Parmi ses principales attributions figurait la difficile tâche de traduire en français le texte de la Charte des Nations unies. Il est ensuite envoyé comme délégué à Londres (du 1er au 16 novembre 1945) à la Conférence des Nations unies pour l'établissement d'une organisation pour l'éducation et la culture (ECO/CONF) qui donnera naissance à l'UNESCO.

Il sera brièvement conseiller de la République (du 28 mars 1947 au 7 novembre 1948). Sur l'échiquier politique, il est proche du MRP. Il participera aux premiers congrès du Mouvement européen (Congrès de La Haye, 1948 ; Lausanne, 1949).

En 1950, à la suite d'une violente campagne de presse menée contre lui, notamment à la suite de la parution, dans le journal Le Monde, d'un article contre l'Alliance atlantique, il rejoint l'Institut pontifical d'études médiévales de Toronto. Il y professera des cours jusqu'en 1973 et y laissera sa bibliothèque.

Le débat sur la création du Pacte atlantique et une éventuelle neutralité européenne opposa Etienne Gilson et Hubert Beuve-Mery d'une part et Raymond Aron et le Figaro d'autre part. Il trouva son origine dans une série d'articles de Gilson dans le Monde en décembre 1948 et mars 1949. Les premiers jugeaient le Pacte provocateur à l'égard de l'URSS et peu clair sur une intervention automatique des Américains en cas d'attaque de l'Europe occidentale. Pour les seconds, l'état de cette dernière nécessitait une garantie. Selon Aron, la faiblesse de l'Europe pouvait éveiller les tentations soviétiques.

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