Étienne Aignan, né le 9 avril 1773 à Beaugency et mort le 21 juin 1824 à Paris, est un haut fonctionnaire français, traducteur, poète, écrivain et journaliste royaliste, membre de l’Académie française. Ses nombreuses traductions et ses poésies sont estimées, contrairement à ses créations de dramaturge et librettiste.
Issu d'une ancienne famille de robe, il est le fils d'Étienne Aignan, greffier de l'élection de Beaugency, et de Judith Tournois de Bonnevallet, fille de François Tournois de Bonnevallet et Françoise Judith Bonnet du Portail.
Il étudie au collège d'Orléans et montre, dès sa jeunesse, un goût prononcé pour la poésie.
Marié à Tullie Claudine Françoise Montanier (remariée à Jean-Louis Boigues), il est le beau-père d'Adolphe Schneider.
En 1792, il est élu procureur-syndic du district de Beaugency à l'âge de 19 ans. Emprisonné en 1793, il est libéré après le 9-Thermidor.
En 1800, il est nommé secrétaire général de la préfecture du Loiret puis secrétaire général adjoint de la préfecture du Cher.
En 1808, il occupe les fonctions d'aide des cérémonies de Napoléon Ier, puis celles de secrétaire à l'introduction des ambassadeurs et enfin de secrétaire général de la préfecture de Paris.
Auteur de tragédies et poèmes, collaborateur au journal La Minerve, ses traductions sont estimées mais ses œuvres littéraires sont jugées médiocres.
Élu, le 3 mars 1814, membre de la Classe de la Langue et de la Littérature françaises de l’Institut de France, en remplacement de Bernardin de Saint-Pierre, son discours de réception, prononcé le 18 mai 1815, est froidement accueilli. Il est nommé, par l'ordonnance royale du 21 mars 1816, membre de l’Académie française.
Il est l’auteur d'une traduction de l'Iliade et il traduit de l'anglais l’Essai sur la critique d'Alexander Pope et le Ministre de Wakefield d'Oliver Goldsmith ainsi que plusieurs autres romans. Il a, par ailleurs, publié des ouvrages littéraires et historiques. Beaucoup de bibliographes lui ont attribué la paternité de la tragédie en trois actes en vers la Mort de Louis XVI, écrite en collaboration avec Berthevin (impr. 1793, in-8°), et qui lui a fait une réputation de courage pour l’époque où elle parut, est plus vraisemblablement de Barthez de Marmorières.
Tandis qu'aujourd'hui Jean Tulard le qualifie d' « obscur polygraphe », Alexandre Soumet est plus précis indiquant que ses essais poétiques « lui avaient déjà mérité de justes applaudissements » et saluant ses traductions d'Homère. Tyrtée Tastet (surnommé Tyrtée le boiteux et accusé de plagiat par un critique du Figaro) le considère comme un « littérateur honnête et laborieux, mais d'un talent médiocre ».
Le Martyre de Marie-Antoinette d'Autriche, reine de France, tragédie en cinq actes, 1793.
La Mort de Louis XVI, tragédie en 3 actes, 1793.
Aux Mânes des neuf victimes d'Orléans. Chants funèbres exécutés pour la première fois sur le théâtre d'Orléans, le 29 prairial, an IIIe. de la République française, et suivis de notes historiques, 1795) : livret/texte, mis en musique par Brochiez pour chanteurs solistes, chœur et orchestre (avec un récitant).
L'Hôtellerie portugaise, opéra-comique, Paris, théâtre Feydeau, 7 thermidor an VI, 1798.
Essai sur la critique, poëme en trois chants, suivi de deux discours philosophiques, traduction en vers libres de l'anglais de Pope, 1801.
Le Ministre de Wakefield, d'Oliver Goldsmith, traduction nouvelle, 1803.
Chimère et réalité, opéra-comique en 1 acte et en vers, Paris, théâtre Feydeau, 17 nivôse an XI, 1803.