Étienne-François de Choiseul-Beaupré-Stainville, comte puis duc de Choiseul-(Stainville) [en 1758] et duc d'Amboise [en 1764], né le 28 juin 1719 à Nancy et mort le 8 mai 1785 à Paris, est un homme d'État français. Il fut le chef du gouvernement de Louis XV entre 1758 et 1770.
Il était préoccupé par la modernisation de l'État et son renforcement face au pouvoir de l'Église, symbolisant l'alliance sociologique et politique entre une frange libérale de la noblesse européenne et la bourgeoisie progressiste d'affaires, tout comme William Pitt en Grande-Bretagne, Pombal au Portugal, Tanucci à Naples, Du Tillot à Parme et Kaunitz en Autriche.
Son ami le baron de Gleichen, diplomate allemand au service du Danemark, l'a décrit au physique comme
« d’une taille assez petite, plus robuste que svelte, et d’une laideur fort agréable ; ses petits yeux brillaient d’esprit ; son nez au vent lui donnait un air plaisant, et ses grosses lèvres riantes annonçaient la gaieté de ses propos. »
Il est au contraire vu par ses ennemis comme « un boute-feu, qui aurait embrasé l'Europe ». Bête noire de Frédéric II et de Catherine II, qui se plaignaient de son interventionnisme, il a œuvré à resserrer l'alliance défensive avec la cour de Vienne, à la suite du traité du 1er mai 1756, accélérateur de la guerre de Sept Ans.
La maison de Choiseul est connue au début du XIIIe siècle par le mariage de Renard II de Choiseul avec la princesse capétienne Alix de Dreux, fille de Robert II, comte de Dreux. Par son grand-père, le baron François Joseph de Choiseul-Beaupré (1650-1711), dernier gouverneur de l'île de la Tortue puis gouverneur de Saint-Domingue, Étienne-François de Choiseul héritera de plantations au Bonnet à l'Evêque, paroisse de la Petite-Anse (au Cap-Français), dont il « tire de solides bénéfices ».
Il est le fils aîné de François-Joseph de Choiseul (en), qui avait 30 000 livres de rente et se livrait « au plaisir de la bonne chère, sa passion dominante ».
Il a deux frères, Léopold Charles de Choiseul Stainville (1724-1774), archevêque de Cambrai, et Jacques Philippe de Choiseul Stainville (1727-1789), qui sera fait maréchal de France en 1783, longtemps après la disgrâce de son frère.
Il a aussi une sœur, Béatrix de Choiseul-Stainville, duchesse de Gramont, que le duc passait pour aimer « d’une affection plus que fraternelle ». Amie de la marquise de Pompadour, la duchesse de Gramont est une salonnière et bibliophile, aux manières libres et brusques, une femme impérieuse et tranchante, avec de l'influence sur Étienne François.
Sujet du duc Léopold Ier de Lorraine, Étienne-François reçoit les prénoms du fils du duc. Le souverain — qui fit l'admiration de Voltaire — meurt en 1729 et le prince François-Étienne lui succède. Le Traité de Vienne donnant la Lorraine et le Barrois à Stanislas Leszczynski, beau-père du roi de France, le duc François III Étienne reçoit en compensation le grand-duché de Toscane et nomme le jeune Choiseul « Ministre de Toscane » auprès de la cour de France. Ayant épousé l'archiduchesse Marie-Thérèse, fille aînée de l'empereur, l'ex-duc de Lorraine sera élu empereur en 1745.
Carrière militaire (1739 à 1749)
Après la défense du Rhin et la campagne de Flandre, il est promu sous-lieutenant en 1739.
Il participe aux campagnes de Bohême en 1741 et d’Italie, notamment la bataille de Coni, pendant la guerre de Succession d'Autriche, dans le régiment de Navarre. Il est promu colonel (1743), puis brigadier et maréchal de camp.
De 1745 à 1748, il est aux Pays-Bas pendant les sièges de Mons, Charleroi et Maastricht et atteint le rang de lieutenant général.
En 1750, il fait partie, avec le roi Stanislas Leszczynski, des membres fondateurs de l'Académie de Stanislas à Nancy.
Le 22 décembre 1750, Choiseul épouse Louise Honorine Crozat (Paris, 28 mars 1737 - Paris, 3 décembre 1801), fille de Louis François Crozat, marquis du Châtel, lieutenant général des armées du Roi, et de Marie-Thérèse Catherine de Gouffier d'Heilly. Elle était la petite-fille d'Antoine Crozat, homme d'affaires, banquier, première fortune de France sous Louis XIV. Elle lui apporte 120 000 livres de rente et l'hôtel Crozat, rue de Richelieu (nos 91/93), construit en 1706 par Cartault pour Pierre Crozat, grand-oncle de la mariée. Par ce mariage, Choiseul entre dans une famille de noblesse récente, mais très fortunée et composée de grands collectionneurs d'Art, avec la collection Crozat.
Choiseul avait eu un enfant avec la sœur aînée de Louise, déjà mariée avec le duc de Biron. Au moment de mourir, celle-ci aurait fait promettre à sa sœur (âgée de dix ans) d'épouser le futur duc de Choiseul.
Une autre des sœurs de Louise est une des intimes de la marquise de Pompadour, maîtresse de Louis XV, qui va donc désormais appuyer totalement sa carrière diplomatique.