Ce Jour-là

Étienne-François Le Tourneur

Politicien français

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Étienne-François-Louis-Honoré Le Tourneur, également orthographié Letourneur, dit Le Tourneur de la Manche, pour le différencier de son contemporain de la Sarthe, est un général et homme politique français actif durant la Révolution, né à Granville le 15 mars 1751 et mort à Laeken en Belgique, le 4 octobre 1817.

Fils d'un commissaire de la marine, il entre à l'école du Génie militaire de Mézières en 1768 et sert comme capitaine de génie dans les places du Nord, puis à Cherbourg, où il passe douze ans.

La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la Constitution du 3 septembre 1791. Le même mois, Étienne-François Le Tourneur, alors qu'il est officier du génie à Coutances, est élu député du département de la Manche, le huitième sur treize, à l'Assemblée nationale législative.

Il siège sur les bancs de la gauche de l'Assemblée. En février 1792, il vote en faveur de la mise en accusation de Bertrand de Molleville, le ministre de la Marine. En avril, il vote pour que les soldats du régiment de Châteauvieux, qui s'étaient mutinés lors de l'affaire de Nancy, soient admis aux honneurs de la séance. Membre du Comité de Marine, il prononce, en mai 1792, un rapport sur la base marine et la construction de la rade de Cherbourg.

La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est destitué et incarcéré avec sa famille à la tour du Temple.

En septembre 1792, Étienne-François Le Tourneur est réélu député du département de la Manche, le quatrième sur treize, à la Convention nationale.

Il siège sur les bancs de la Plaine. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, se prononce en faveur de l'appel au peuple mais contre le sursis à l'exécution. En avril 1793, il est absent lors de la mise en accusation de Jean-Paul Marat. En mai, il ne participe pas au scrutin sur le rétablissement de la Commission des Douze.

Début pluviôse an III (fin janvier 1795), Étienne-François Le Tourneur est envoyé en mission dans le département des Bouches-du-Rhône, et de l'armée d'Italie, pour y remplacer Jean-Bon Saint-André (député du Lot). En thermidor (début août), il est élu membre du Comité de Salut public, aux côtés de Philippe-Antoine Merlin « de Douai », de Jean-François Reubell et d'Emmanuel-Joseph Sieyès.

Sous le Directoire, Étienne-François Le Tourneur est élu directeur, et a la charge de la marine. Il en est éliminé par tirage au sort lors du renouvellement du 1er prairial an V (20 mai 1797) et, en compensation, devient général de brigade en 1798, et acquiert à Créteil un petit château du XVIe siècle où il va demeurer plusieurs années avec sa famille. Il est chargé par Lazare Carnot de négocier la paix avec l'Angleterre.

En mars 1800, Napoléon Bonaparte le nomme préfet de Loire-Inférieure, puis conseiller à la Cour des comptes (1810), mis à la retraite lors de la Première Restauration, il est remis en fonction pendant les Cent-Jours (mars-juillet 1815). Exilé en 1816 comme régicide, il se retire à Bruxelles où il meurt.

Député de l'Assemblée nationale législative (Manche) (8 septembre 1791).

Député à la Convention (Manche) (22 septembre 1792).

Député du Conseil des Anciens (Manche) (13 octobre 1795).

Président de la Convention (5 janvier 1795 - 20 janvier 1795).

Directeur de la Marine (1er novembre 1795 - 26 mai 1797).

Membre du Comité de salut public (2 août 1795 - 27 octobre 1795).

Préfet de Loire-Inférieure, 2 mars 1800 - février/mars 1804.

Letourneur dans Joseph Despaze, Les cinq hommes, Paris, Desenne, 1796.

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