Éric Raoult, né le 19 juin 1955 à Paris et mort le 16 avril 2021 à Saint-Denis, est un homme politique français.
Député-maire UMP du Raincy, il est ministre chargé de l'Intégration et de la Lutte contre l'exclusion du 18 mai au 7 novembre 1995, puis ministre délégué à la Ville et à l'Intégration de cette date au 2 juin 1997.
Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (section politique, économique et sociale, promotion 1981), Éric Raoult est licencié en sciences économiques et diplômé de l'Institut français de presse.
En septembre 1990, il épouse Béatrice Abollivier, alors assistante parlementaire au Parlement européen, dont il divorce pour épouser en 2002 sa propre assistante parlementaire Corinne Sapet. Il est relaxé en 2013 des faits de « violences sur conjoint » dont celle-ci l'accuse avant de minimiser les faits.
Éric Raoult adhère à l'UDR en 1974, parti gaulliste alors moribond, qui devient le RPR deux ans plus tard.
Il fait son service militaire en 1978 à la base de Balard, aux côtés de Nicolas Sarkozy. Il y contracte une méningite. Il est diplômé en 1979 de l'Institut français de presse. Il est nommé, la même année, responsable de l'UNI pour Paris-I et Paris-II-Assas. Avec Nicolas Sarkozy, il devient par ailleurs la cheville ouvrière de l'organisation jeune du RPR.
En 1983, Éric Raoult est élu premier adjoint au maire du Raincy (Raymond Mège), lors d'élections municipales qui sont un succès pour la droite. Le Raincy est « l'une des rares communes bourgeoises de Seine-Saint-Denis » note Le Figaro. Deux ans plus tard, il prend la tête des Jeunes du RPR à la suite de Roger Karoutchi. On lui doit quelques rassemblements d’usagers devant le siège de la CGT à Montreuil, à la suite d’une grève des services publics.
1986 : député de la Seine-Saint-Denis
Élu député pour la première fois en 1986, Éric Raoult est réélu en 1988. La même année, il se dit plus proche de son adversaire politique frontiste Marie-Caroline Le Pen que de la socialiste Isabelle Thomas.
En 1991, il réplique aux sorties de la Première ministre Édith Cresson concernant les Japonais en déclarant que ceux-ci étaient « plus habitués au langage de velours de geishas qu'à l'argot vulgaire des femmes de poissonnier ». La même année, Éric Raoult s'oppose à la première guerre du Golfe.
Il défend au début des années 1990 l'idée d'un rapprochement entre le RPR et le FN, soulignant leurs « valeurs communes ». Et bien que Jacques Chirac ait fait du Front national sa bête noire, Éric Raoult estime qu'un électeur FN n'est jamais qu'« un électeur RPR qui s'est fait piquer son autoradio ».
Éric Raoult intègre la promotion 1994 des « Young Leaders » de la French-American Foundation.
1995-1997 : ministre de l'Intégration et de la Lutte contre l'exclusion
Durant la campagne présidentielle de 1995, il soutient Jacques Chirac contre Édouard Balladur. En sus d'être un élu de banlieue, cela lui vaut d'être nommé ministre chargé de l'Intégration et de la Lutte contre l'exclusion en mai 1995, Éric Raoult devenant six mois plus tard ministre délégué auprès du ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ville et de l'Intégration, à la Ville et à l'Intégration - poste qu'il occupera jusqu'à l'arrivée de la gauche au pouvoir, en juin 1997.
Durant son expérience gouvernementale, son suppléant, Pierre Bernard, réputé proche de l’extrême droite, le remplace comme député. Sa nomination par Éric Raoult au titre de chevalier de la Légion d'honneur, fait réagir la gauche.
Adjoint depuis 1977, premier adjoint en 1983, Éric Raoult est élu maire du Raincy en 1995.
Lors des émeutes de 2005, sa ville est la première à décréter le couvre-feu, avant le recours à l'état d'urgence par Dominique de Villepin.
En mars 2006, réagissant notamment aux caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten publiées en France dans le journal France-Soir, il propose le rétablissement du délit de blasphème, proposition qui ne sera pas adoptée.