L’équitation est la technique de conduite d'un équidé monté, sous l'action humaine. Elle peut être pratiquée comme un art, un loisir, un sport, ou dans le cadre d'un travail. L'être humain qui pratique l'équitation, appelé cavalier ou cavalière, monte sur le dos d'un cheval ou d'un poney dirigé à l'aide de ses mains tenant les rênes, et de ses jambes. L'équitation implique un matériel spécifique, généralement une selle avec des étriers, posée sur un amortisseur et un tapis et sur laquelle les cavaliers s'assoient. La monture porte le plus souvent une bride ou un filet sur sa tête, avec ou sans mors, le tout attaché aux rênes. L'apprentissage de l'équitation repose sur la maitrise des moyens humains de communication permettant de contrôler la vitesse et la direction de la monture, tout en évitant des blessures. Le cheval suit lui aussi un apprentissage grâce à ses capacités cognitives, permettant la compréhension des instructions qui lui sont transmises et l'adaptation au niveau des cavaliers.
Initialement développée pour faciliter les déplacements, l'équitation tient historiquement un rôle utilitaire. À cela s'ajoute un rôle militaire, comme en témoignent les corps de chevalerie et de cavalerie. Avec la généralisation de la motorisation, l'économie de l'équitation s'oriente presque essentiellement vers la pratique du sport et des loisirs, via un enseignement dans des centres équestres et des « poneys clubs ». L'équitation fut longtemps une pratique largement masculine, en particulier dans les pays occidentaux. Elle devient mixte au cours du XXe siècle, et attire désormais une majorité de femmes dans ces pays. L'équitation de travail et de déplacement perdure dans des lieux où l'usage de véhicules à moteur n'est pas généralisé.
Les formes d'équitation sont très nombreuses et variées. Les sports hippiques sont pratiqués à large échelle. Les sports équestres comptent trois disciplines olympiques : saut d'obstacles, dressage, et concours complet d'équitation. Parmi les pratiques équestres fréquentes figurent également la randonnée équestre, l'endurance, l'équitation western, le pony games, l'attelage, le hunter et la voltige en cercle. Une équitation éthologique s'est développée, ainsi que la voltige cosaque et différents type de spectacles équestres, tels que le carrousel. Le succès du couple formé avec un cheval dépend notamment de la relation de confiance et de respect qui s’établit entre l'être humain et l'animal. En compétition, l'équitation est l'un des rares sports où hommes et femmes concourent dans les mêmes catégories, avec des âges mélangés.
L'équitation est l'objet de critiques. Elles portent sur son aspect onéreux et élitiste, et sur des constats de maltraitances des animaux. Vétérinaires et éthologues soulignent un manque de prise en compte des connaissances sur l'apprentissage chez le cheval et des intérêts des équidés.
Le Centre national de ressources textuelles et lexicales et le dictionnaire Le Robert définissent l'équitation comme l'« action de monter à cheval », et en particulier l'art de la monte à cheval selon certaines règles codifiées. Ce mot provient du latin equitare, qui signifie « aller à cheval », et a donné equitatio. En fonction de la finalité recherchée, l'équitation relève du combat, du travail, de l'art, du sport ou des loisirs.
Comme le rappelle le vétérinaire et éthologue Pr Paul McGreevy, les techniques d'équitation traditionnelles proviennent de l'association entre l'être humain et le cheval, et reposent sur de subtiles interactions entre ces deux êtres vivants. La cavalière olympique Lendon Gray décrit ainsi une séance d'équitation comme un « apprentissage systématique » de la part du cavalier, passant par l'utilisation de son corps, l'interaction « raisonnée et cohérente » avec le cheval, et le ressenti des mouvements de la monture. Le cheval manifeste lui aussi une intelligence en équitation, notamment par ses capacités d'apprentissage et sa compréhension des intentions du cavalier.
De façon plus anecdotique, il est possible à un être humain de monter sur le dos d'autres animaux que les équidés et de mettre en place des moyens de communication pour les diriger, comme l'autruche, le dromadaire, l'éléphant et le taureau.
Il est également possible d'atteler un cheval (ou autre animal) à un véhicule plutôt que de monter sur son dos, on parle alors d'attelage.
Des gestes et savoirs fondamentaux d'équitation sont communs, indépendamment de la discipline équestre pratiquée. L'un de ces gestes est le resserrage de la sangle de la selle par les cavaliers avant de monter à cheval (afin d'empêcher la selle de tourner), puis le geste pour se mettre en selle, consistant le plus souvent à poser le pied gauche dans l'étrier gauche, afin d'y prendre appui et de se hisser sur la selle. Les cavaliers s'assoient ensuite dans cette selle, sur le gras de leurs fesses. Quand la séance d'équitation se termine, les cavaliers « mettent pied à terre », en déchaussant leurs deux étriers pour ensuite se laisser glisser sur le sol, généralement par le côté gauche.
Le cavalier suit un apprentissage de gestes et de positions qui lui permettent d'obtenir le contrôle sur la vitesse et la direction des déplacements de la monture. Ces gestes lui permettent notamment d’apprendre à demander au cheval de partir au trot ou au galop. Un code sémiotique interspécifique se construit donc entre cavaliers et montures : le cavalier émet des signaux qui sont ensuite interprétés par le cheval, et inversement, il décrypte les signaux émis par sa monture. Une terminologie est employée pour décrire ce qui se passe en équitation, en termes d'attitude du couple cavalier-cheval et de réactions du cheval monté, ce qui donne lieu à la publication de glossaires. De nombreux débats agitent le milieu équestre autour de la question de savoir ce qui constitue une « bonne » ou une « mauvaise » équitation, portant par exemple sur la manière de tenir les rênes, de trotter assis ou encore d'utiliser des aides au galop.
On nomme « aides » l'un des deux moyens dont disposent les cavaliers pour communiquer avec leur cheval, l'autre moyen de communication étant la vocalisation. C'est grâce aux aides qu'une demande est transmise au cheval et que la façon dont l'animal y réagit est perçue. Les cavaliers utilisent leurs jambes pour demander et entretenir le mouvement vers l'avant (impulsion), et en particulier pour demander au cheval d'accélérer et de changer d'allure. L'équitation implique donc l'entretien de cette impulsion chez la monture, lorsque l'énergie du mouvement vers l'avant provient de ses membres postérieurs. Le poids du corps est utile pour demander au cheval un changement de direction ; typiquement, le cavalier s'appuie sur l'étrier situé du côté vers lequel il souhaite que le cheval tourne.
Les mains du cavalier servent surtout à demander au cheval de ralentir ou de s'arrêter via les rênes ; elles cèdent lors des accélérations ou des transitions d'allures supérieures ou résistent pour l'empêcher d'accélérer. Les jeunes chevaux apprennent généralement ces codes liés au contact avec les mains du cavalier dès leurs premiers mois d'apprentissage. Ce contact entre les mains du cavalier et la bouche du cheval est considéré comme bon lorsque le cheval le recherche, et que le cavalier le lui donne.
La direction du regard du cavalier joue enfin un rôle d'appoint pour ajuster les aides.
Nombre et typologie des cavaliers et cavalières
L'équitation est pratiquée et appréciée par des millions de personnes à travers le monde sur les cinq continents. Il est très difficile de connaître le nombre total de cavaliers dans le monde en raison d'un manque de collecte d'informations et d'une grande hétérogénéité dans l'attribution d'une licence d'équitation. En France en 2016, 5,8 % de la population de plus de 15 et moins de 70 ans déclare être montée à cheval au cours des 12 derniers mois, ce qui représente plus de 2,7 millions de cavaliers ; la France est considérée comme le pays européen comptant le plus de cavaliers de loisir. En Grande-Bretagne, le nombre de cavaliers réguliers reste inconnu car la licence d'équitation n'est pas obligatoire, mais il est estimé à environ 3,5 millions de personnes au début du XXIe siècle.