Ce Jour-là

Équipe de France masculine de handball

Équipe nationale masculine de handball représentant la France

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L'équipe de France de handball est constituée d'une sélection de joueurs français sous l'égide de la fédération française de handball.

Trois fois championne olympique, six fois championne du monde et quatre fois championne d'Europe, il s'agit de la sélection masculine de handball la plus titrée de tous les temps. La génération que l'on surnomme « les Experts » est même considérée comme la plus talentueuse de l'histoire du handball international, devant l'équipe de Suède des années 1990. Cette génération parvient à réaliser à partir du milieu des années 2000 avec le même noyau de joueurs ce qu'aucune autre formation nationale masculine n'avait encore accompli : elle se bâtit en quelques années seulement un palmarès unique en remportant entre 2006 et 2017 neuf titres sur les quinze compétitions qu'elle dispute. Seule équipe masculine à conserver un titre olympique dans ce sport (victoires en 2008 et en 2012), elle est également la première, et la seule, à avoir détenu simultanément les trois trophées majeurs (Jeux olympiques, Championnat du monde, Championnat d'Europe) à deux reprises, en 2010 et en 2015.

L'équipe de France devient en 2017 la première équipe de l'histoire à gagner six titres mondiaux (1995, 2001, 2009, 2011, 2015 et 2017) auxquels s'ajoutent quatre titres européens (2006, 2010, 2014 et 2024) et trois titres olympiques (2008, 2012 et 2020), ce qui en fait la première équipe à avoir remporté au moins trois fois chacune des trois compétitions majeures. Seuls la Russie et le Danemark sont également parvenus à soulever chaque trophée au moins une fois.

Des surnoms lui ont été attribués depuis les années 1990 et l'éclosion de la sélection au plus haut niveau de la scène internationale : les Bronzés (1992), les Barjots (1993-1996), les Costauds (2001-2008) et les Experts (2008-2017), périodes où la sélection a disputé treize finales internationales, n'en a perdu que deux (en 1993 et en 2016) et n'a connu que trois sélectionneurs, Daniel Costantini de 1985 à 2001, Claude Onesta de 2001 à 2016 et Didier Dinart secondé par Guillaume Gille de 2016 à 2020, avant que ce dernier prenne les rênes de l'équipe. De 1995 à 2015, l'équipe de France a disputé dix finales internationales sans connaître la défaite, série record, avant de perdre son titre olympique face au Danemark en finale des Jeux olympiques de Rio. Elle compte parmi ses plus sérieux rivaux le Danemark, la Croatie, l'Espagne, l'Allemagne, la Russie et la Suède et les confrontations avec ces différentes équipes sont devenues des rendez-vous réguliers lors des phases finales des grandes compétitions.

Son joueur le plus titré est Nikola Karabatic, encore membre de l'équipe de France à 39 ans en 2024 pour enlever son quatrième titre européen, ce qui porte son total à onze médailles d'or. Viennent ensuite le gardien de but Thierry Omeyer et l'arrière gauche et l'ailier gauche Michaël Guigou, qui ont remporté dix médailles d'or entre 2001 et 2021. Tous ces joueurs sont également triples champions olympiques en compagnie de Luc Abalo. De plus, l'équipe de France a compté dans ses rangs six joueurs ayant été désignés meilleur handballeur mondial de l'année : Jackson Richardson en 1995, Stéphane Stoecklin en 1997, Bertrand Gille en 2002, Nikola Karabatic en 2007, 2014 et 2016, Thierry Omeyer en 2008 et Daniel Narcisse en 2012.

Aux Jeux olympiques de Tokyo, l'équipe de France connait sa huitième participation consécutive à l'évènement. Le 5 août 2021, elle se qualifie pour sa quatrième finale olympique consécutive, puis remporte deux jours plus tard son troisième titre olympique en battant le Danemark champion olympique 2016 et double champion du monde en titre, sur le score de 25-23. Battue en finale du Mondial 2023 par la même équipe scandinave, l'équipe de France prend sa revanche en finale de l'Euro 2024, s'imposant en prolongations (33-31) pour son quatrième titre continental.

Débuts et le difficile essor de l'Équipe de France

Les débuts du handball en France sont timides. Plusieurs tentatives sont faites à la fin des années 1930 pour unifier sous l'égide d'une fédération unique ce sport pratiqué majoritairement en milieu scolaire. C'est en 1941, sous l'Occupation, que la première Fédération française de handball est officialisée par le gouvernement de Vichy. Ce dernier étant déclaré illégitime à la Libération, cette décision est invalidée. Sept ans sont nécessaires pour que la création de la Fédération française de handball (FFHB) soit définitivement entérinée le 11 juillet 1952.

Comme dans le reste du monde, c'est dans sa version à onze (en plein air sur gazon) que le handball est alors pratiqué et la France joue son premier match international le 12 mai 1946 à Metz face au Luxembourg dans le cadre de la Coupe de la Paix (de), conclu par une victoire 10 à 6 avant d'être nettement battu par la Suisse en finale (4-11). Puis la France accueille la phase finale du Championnat du monde à onze 1948, y compris dans le protectorat français de Sarre où les Français disputent mais perdent leur demi-finale.

Le handball à sept joueurs (en salle ou en extérieur) se développe au début des années 1950 et le premier match de l'équipe de France à sept a lieu le 27 février 1952 à Bâle où les Français sont battus par les Suisses 14 à 6. Le handball continue son développement dans sa version à sept au détriment de sa version à onze qui est peu à peu abandonnée. Alors qu'elle ne compte en 1949 que 8 567 licenciés (uniquement hommes), la Fédération française de handball passe la barre des 100 000 licenciés en 1976 puis des 200 000 licenciés en 1994, mais cette dynamique visant à rendre le sport populaire se fait au détriment de la qualité de son élite, et l'Équipe de France peine à atteindre un niveau compétitif à l'échelle internationale.

En 1954, l'équipe de France participe à son premier Championnat du monde à 7 en Suède et termine à la sixième et dernière place. Quatre ans plus tard, sous la houlette de Bernhard Kempa, elle termine neuvième sur seize équipes au Championnat du monde 1958. Lors des années 1960 et 1970, la France domine les pays latins (Espagne, Portugal), fait jeu égal avec la Suisse et l'Autriche mais est dominée par les « héréditaires » suédois et allemands et les nations du bloc de l'Est. Même au Championnat du monde 1970 disputé à domicile, la France ne parvient pas à faire mieux que douzième avec une seule victoire pour cinq défaites. Par conséquent, elle ne parvient à se qualifier à aucun des tournois olympiques entre 1972 et 1988.

Non qualifiée pour le Championnat du monde 1974, elle ne doit sa qualification en 1978 qu'au forfait du représentant africain, la Tunisie. Pas de miracle, elle termine dernière en ayant perdu ses trois matchs avec un déficit moyen de 14 buts. Relégués en Championnat du monde B, les Français terminent derniers du Championnat du monde B 1979 et sont relégués en Championnat du monde C. Malgré une défaite en phase de groupe, la France atteint la finale du Championnat du monde C 1980 et retrouve le second échelon international.

Lors du Championnat du monde B 1981 organisé à domicile, la France s'incline face à la Suisse lors du match pour la 5e place et doit laisser son voisin helvète participer au Championnat du monde 1982. Au Championnat du monde B 1983, les Français parviennent de justesse à ne pas être relégués en Championnat du monde C. Terminant à la huitième place derrière l'Islande, les Français ratent paradoxalement de peu la qualification pour les Jeux olympiques de 1984 du fait du boycott de l'URSS et de certains de ses pays alliés. Enfin, dans un Championnat du monde B 1985 très relevé à cause de la relégation des pays boycottants, l'équipe de France ne remporte qu'un match face au Congo et est reléguée en division C.

De Costantini aux « Bronzés » de 1992

En 1985, Daniel Costantini prend alors en main cette équipe qui a besoin de transformer complètement les méthodes de travail jusque-là utilisées. Il déclare disposer de joueurs pouvant potentiellement intégrer le haut niveau mondial et qu'il faut simplement le temps et les moyens (très réduits jusqu'alors dans ce sport) adéquats au développement d'un collectif solide. Avec l'aval de la Fédération qui a vu ses espoirs de qualification automatique aux Jeux olympiques de 1992 s'envoler à la suite de leur attribution à Barcelone, il entreprend d'importantes modifications de la préparation avec notamment des séances physiques très exigeantes.

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