L'équipe d'Espagne de football (en espagnol : Selección de fútbol de España) est la sélection de joueurs espagnols représentant le pays lors des compétitions internationales de football masculin, sous l'égide de la Fédération royale espagnole de football depuis 1920. Elle est l'actuelle championne du monde et d'Europe, après avoir remporté la dernière Coupe du monde en 2026 et le dernier Championnat d'Europe en 2024. L'Espagne a également remporté la Coupe du monde en 2010 et la Ligue des nations de l'UEFA en 2023. Elle a participé à 12 des 17 éditions du Championnat d'Europe et détient le record de quatre titres remportés. Elle est l'une des deux équipes nationales, l'autre étant la France, à avoir remporté les trois grands titres existants : la Coupe du monde, le Championnat d'Europe et la Ligue des nations.
Les exploits de l'équipe d'Espagne entre 2008 et 2012 ont conduit de nombreux experts et commentateurs à la considérer comme l'une des meilleures équipes de l'histoire du football. Au cours de cette période, l'Espagne est devenue la première équipe nationale à remporter trois titres majeurs consécutifs, dont la Coupe du monde en 2010 et deux Championnats d'Europe d'affilée en 2008 et 2012. L'Espagne a remporté sept fois le titre d'Équipe de l'année de la FIFA, notamment chaque année de 2008 à 2013.
L'Espagne détient la plus longue série d'invincibilité du football international masculin, avec 38 matchs consécutifs sans défaite disputés entre 2024 et 2026. Cette série lui a permis d'atteindre le meilleur classement Elo de tous les temps, dépassant ainsi la « Onze d'or hongrois » de 1954. Après sa victoire à la Coupe du monde 2026, l'Espagne est devenue la première équipe nationale à détenir simultanément les titres de championne du monde masculine et féminine.
Création de la fédération et débuts de la sélection (1909-1929)
Sous l'impulsion de plusieurs clubs de football naît en 1909 une première fédération espagnole de football, la Federación Española de Clubs de Foot-ball. Elle est concurrencée en 1912 par l'apparition d'une fédération rivale lancée par d'autres équipes, l’Unión Española de Clubs de Foot-ball. Les deux fédérations souhaitent adhérer à la Fédération internationale de football association (FIFA) qui les refuse, les deux fédérations ne représentant pas l'ensemble du football espagnol. Comme le suggère la FIFA, les deux fédérations s'unissent en juillet 1913 au sein de la Real Federación Española de Foot-ball (devenue en 1931 la Real Federación Española de Fútbol). Cependant, aucune sélection ne voit le jour à ce moment-là, la fédération travaillant d'abord à l'organisation des compétitions de clubs.
Le premier match recensé par une équipe d'Espagne se déroule le 28 août 1920 à l'occasion du Tournoi olympique des Jeux olympiques d'Anvers. Opposés au Danemark, les Espagnols l'emportent sur un but de Patricio Arabolaza (1-0). Le lendemain, en quart de finale, ils sont éliminés par la Belgique. Bénéficiant du forfait de la Tchécoslovaquie en finale, ils sont repêchés pour un tournoi de consolante qu'ils remportent après avoir battu la Suède, l'Italie puis les Pays-Bas. Cette performance leur vaut de repartir avec la médaille d'argent. C'est lors de ce tournoi, et tout particulièrement lors du match contre la Suède, que naît pour cette sélection son surnom de Furia roja.
La sélection dispute son premier match en Espagne le 7 octobre 1921 à Bilbao contre la Belgique et le remporte 2-0. Trois ans plus tard, les Espagnols participent à nouveau au tournoi olympique, disputé cette fois à Paris. Ils sont battus au tour préliminaire par l'Italie (1-0). En 1928, c'est à nouveau l'Italie qui élimine l'Espagne, cette fois en quart de finale (1-1 puis 7-1 en match d'appui), ce qui constitue la plus large défaite de la sélection espagnole. L'Espagne, le 15 mai 1929, bat l'équipe d'Angleterre, ce qui correspond à la première défaite de cette sélection en dehors des îles Britanniques, sur le score de 4-3.
Une montée en puissance interrompue par des guerres (1930-1945)
En 1930 a lieu la première édition de la Coupe du monde. Pour l'organiser l'Espagne est initialement candidate, ainsi que d'autres pays européens et l'Uruguay pour l'Amérique du Sud. Les pays européens se retirent pour soutenir l'Italie. Le choix du délégué argentin de soutenir Uruguay amène l'Italie à se retirer à son tour. Invitée à cette coupe du monde uruguayenne, l'Espagne, comme plusieurs autres nations européennes telles l'Italie ou l'Angleterre, refuse finalement d'y participer. Les clubs espagnols ne souhaitent pas libérer leurs joueurs et le sélectionneur espagnol, José María Mateos (no), avance de son côté trois motifs de refus : la perte économique pour les clubs de voir partir certains de leurs joueurs, la difficulté de pouvoir se préparer sereinement en Uruguay et la fatigue engendrée par la compétition et le voyage de retour, qui obligerait à retarder les compétitions espagnoles ou à empêcher les joueurs de participer aux premières rencontres. Trois ans plus tard, l'Espagne domine en match amical la Bulgarie (13-0), ce qui constitue la plus large victoire de la sélection espagnole.
Qualifiée pour la Coupe du monde 1934 en Italie en sortant vainqueur d'une double confrontation contre le Portugal (9-0; 2-1), l'Espagne domine en huitième de finale le Brésil (3-1), lors d'un match où le gardien espagnol Ricardo Zamora arrête un penalty. Elle affronte ensuite en quart de finale le pays organisateur, l'Italie le 31 mai à Florence. La rencontre, émaillée par des gestes de violence italiens sans intervention arbitrale du Belge Louis Baert, se termine par un match nul après prolongation (1-1) et le match doit donc être rejoué le lendemain. Quatre Italiens et sept Espagnols sont incapables de tenir leur place, de sorte que les équipes sont largement modifiées. Giuseppe Meazza qualifie l'Italie en inscrivant le seul but du match. L'arbitre suisse René Mercet refuse deux buts espagnols, décisions jugées discutables par les Espagnols. À la suite de ce match resté connu en Espagne comme la Batalla de Florencia, les arbitres des deux rencontres sont sanctionnés a posteriori par la FIFA, ainsi que leurs fédérations respectives.
Malgré la Guerre d'Espagne qui meurtrit le pays de 1936 à 1939, la Fédération royale espagnole de football s'inscrit pour la Coupe du monde 1938. Mais la FIFA doute sérieusement de la capacité d'une sélection espagnole qui n'a plus joué depuis mai 1936 à disputer l'ensemble de ses matchs éliminatoires dans un tel contexte de guerre civile. L'Espagne n'est donc pas autorisée à participer à la phase éliminatoire du mondial 1938. L'équipe d'Espagne ne rejouera que quelques années plus tard, le temps d'une série de matchs amicaux en 1941 et 1942, en attendant la véritable reprise des compétitions internationales après la Seconde Guerre mondiale.
La Coupe du monde 1950, une performance sans lendemain
L'armistice de 1945 marque le retour du football international. Après une suspension de plus de dix ans, la Coupe du monde fait son retour en 1950, au Brésil. Comme en 1934, l'Espagne se qualifie aux dépens du Portugal. La sélection de Guillermo Eizaguirre est la seule équipe au premier tour de la phase finale à remporter trois victoires, contre les États-Unis (3-1, buts de Telmo Zarraonaindía, de Silvestre Igoa et d'Estanislao Basora dans les dix dernières minutes du match), le Chili (2-0, buts d'Estanislao Basora et de Telmo Zarraonaindía) et l’Angleterre (1-0, but de Telmo Zarraonaindía). Première de son groupe, l'Espagne se qualifie pour la poule finale où elle retrouve l'Uruguay, le Brésil, pays hôte, et la Suède. Après un match nul nul face aux Uruguayens (2-2, doublé d'Estanislao Basora), les Espagnols prennent l'eau face au Brésil (1-6, but de Silvestre Igoa). Les Sud-Américains dominant la poule finale, la rencontre de la troisième journée entre l'Espagne et la Suède est un match pour la troisième place. L'Espagne s'incline (1-3, but de Telmo Zarraonaindía) et termine la Coupe du monde à la 4e place.