L'Éphèbe d'Agde est une statue antique en bronze, de 1,33 m de haut, datée du IIe siècle av. J.-C., découverte en 1964 dans le lit de l'Hérault et conservée au musée de l'Ephèbe et d'archéologie sous-marine d'Agde.
Elle a été découverte dans le lit de l'Hérault, face à la cathédrale Saint-Étienne d'Agde, le 13 septembre 1964 par le plongeur Jackie Fanjaud (1933-2023), membre du GRASPA (Groupe de recherches archéologiques subaquatiques et de plongée d'Agde).
Réalisée à l'époque romaine, la statue évoque le style du sculpteur Lysippe - portraitiste attitré d'Alexandre le Grand (au IVe siècle avant notre ère), Lysippe est l'un des plus célèbres bronziers de la sculpture grecque classique. Du fait de certains attributs et conventions iconographiques, elle pourrait représenter Alexandre le Grand. Cette statue est plus petite que nature. La découverte de la main gauche a permis de reconstituer sa fonction dans la culture des élites romaines : cette statue tenait une lampe, ce qui en faisait un lampadaire qui éclairait les banquets nocturnes romains. Pour un Romain, un éphèbe, ou plus exactement la statue représentant un jeune-homme nu - mais il s'agit, ici, de l'image d'Alexandre - peut devenir un luminaire de banquet.
Trouvée dans les eaux fluviales, la statue appartient à l'État. Elle quitta Agde dès sa découverte. Après une restauration fondamentale au laboratoire d'archéologie des métaux de Jarville-la-Malgrange, l'Éphèbe fut exposé au musée du Louvre pendant plus de vingt ans.
Revendication et retour à Agde
Les Agathois, attachés à cette découverte et à cette figure devenue emblématique, ne cessèrent de manifester leur souhait de voir revenir la statue dans « sa » ville. Le maire Pierre Leroy-Beaulieu et Denis Fonquerle furent les principaux artisans de ce retour, que l'État conditionna à la création d'un nouveau musée. Celui-ci est construit à partir de 1982 par l'architecte Jean Le Couteur, puis inauguré en 1985. L'Éphèbe l'intègre en 1987, en présence de François Léotard, alors ministre de la Culture.
L'Éphèbe est devenu un emblème de la ville d'Agde. Sa tête stylisée figurait sur un ancien logo de la commune. Une copie en résine de grandes dimensions a été érigée sur un rond-point routier (le rond-point de l'Éphèbe) près de la rocade sud. L'éphèbe a aussi inspiré la sculptrice locale Agnès Descamps pour la réalisation du trophée en acier qui récompense depuis 2024 le festival les Hérault du Cinéma et de la Télé du Cap d'Agde. Enfin Hervé Di Rosa reprend la silhouette de l'Éphèbe comme motif pour sa résille métallique enrobant le nouveau palais des Congrès de la ville. Pour le trentième anniversaire de l'arrivée de la statue à Agde, le musée de l'Éphèbe commanda à l'artiste Anita Gauran une série de photogrammes représentant l'Éphèbe.
Les postes françaises ont émis en 1982 un timbre-poste d'une valeur faciale de 4 F représentant l'Éphèbe d'Agde. Ce timbre est l'œuvre du graveur polonais Czesław Słania.
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François Queyrel, « L’Alexandre d’Agde : un porte-plateau ou un porte-flambeau », dans De l’Ephèbe à l’Alexandre d’Agde, ouvrage publié à l’occasion de la nouvelle restauration, Agde, Musée de l’Ephèbe et d’Archéologie sous-marine, 2012, 61-69 p. (lire en ligne).
Albert France-Lanord, « L'éphèbe d'Agde », Revue archéologique de Narbonnaise, vol. 2, no 1, 1969, p. 187–191 (DOI 10.3406/ran.1969.907, lire en ligne, consulté le 23 août 2019).
« La statue de l'Ephèbe », sur Musée de l'Éphèbe (consulté le 12 juin 2025).
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