Un émoji (emprunt du japonais : 絵文字, emoji, prononcé en japonais : [emodʑi], en anglais : [ɪˈmoʊdʒiː], et en français : [emodʒi] ou [emoʒi]) est un pictogramme utilisé dans un message informatisé (message électronique, SMS, message sur un réseau social) ou sur une page web.
Le mot emoji signifie littéralement « image » (e) + « lettre » (moji) ; la ressemblance avec « émotion » est un jeu de mots interculturel. Ces caractères sont utilisés de la même façon que les émoticônes ASCII, mais un plus grand nombre est défini. Les icônes sont standardisées et intégrées aux appareils. Certains émojis sont très spécifiques à la culture japonaise, comme un homme se prosternant pour s'excuser, une fleur blanche signifiant un « travail scolaire brillant » ou encore un groupe d’émojis représentant de la nourriture typique : rāmen, dango, onigiri, curry japonais, sushi.
Les trois principaux opérateurs japonais, NTT Docomo, au et SoftBank Mobile (anciennement Vodafone), ont chacun défini leur propre variante des émojis.
Bien qu'originaires du Japon, certains jeux de caractères émojis sont intégrés à Unicode, permettant leur utilisation partout dans le monde.
L’utilisation des simulations d’expressions faciales s’est développée au cours des années 1960. C’est en premier lieu le smiley, inventé par Harvey Ball en 1963, qui a connu un grand succès jusqu’à devenir un symbole global dans les sociétés occidentales. Le visage jaune aux deux points formant des yeux et une ligne dessinant un sourire est reconnu en tant que tout premier symbole d’expression faciale et est surtout utilisé en marketing.
Durant les années 1980, la communication par message instantané devient plus facile notamment dans le milieu des informaticiens grâce aux émoticônes : ces symboles non-verbaux créés à partir d’assemblage de points de ponctuation standards (par exemple « :-D » pour exprimer la joie) permettent de clarifier les intentions et les émotions dans des contextes ambigus, d’apporter de la joie, d’encourager à l’interaction ou encore de témoigner de son appartenance à une certaine communauté. Les versions occidentales montrent alors un visage couché, par exemple : « :-D » ; les versions orientales montrent un visage de face, par exemple : « (^.^) ». Contrairement aux émoticônes, les émojis ne doivent pas être tapés caractère par caractère et sont directement accessibles, prêts à l'emploi.
Les premiers émojis sont créés en 1997 pour SoftBank. Entre 1998 et 1999, Shigetaka Kurita, de l'équipe i-mode de NTT Docomo, en crée d'autres qui consistent en un jeu de 172 émojis de 12×12 pixels. Il est conçu comme une caractéristique spécifique de la messagerie i-mode, pour faciliter la communication électronique et pour la démarquer de services concurrents. L'utilisation des émojis est en constante augmentation. 4,6 % des messages échangés sur Internet contiennent au moins un émoji. Les symboles graphiques, cette fois-ci avec des noms et des codes prédéfinis, ne représentent pas seulement des expressions faciales mais également des concepts abstraits, des animaux, des plantes, des activités, des parties du corps ainsi que des gestuelles et des objets.
En 2017, le terme « émoji » fait officiellement son entrée dans le dictionnaire Le Petit Robert.
L'obtention d'émojis pour représenter sa culture, son identité ou sa religion est devenu un enjeu économique et politique de taille (émoji « femme voilée » adopté en 2017, émoji « drapeau breton » recalé en 2020, émoji « homme enceint » adopté en 2022…), ce qui soulève régulièrement des polémiques au sujet de la légitimité du consortium Unicode et de ses membres de la Big Tech qui délivrent, une fois par an, la nouvelle version de ce jeu de caractères standardisés.
En septembre 2025, le site emojipedia.org dénombre de 3 965 émojis codifiés en standard Unicode.
Encodage historique des émojis
À l'origine, les émojis pour l'i-mode de NTT Docomo étaient dessinés en bitmap sur une grille de 12×12 pixels. Pour la transmission, ils étaient encodés sur une séquence de deux octets, dans l'intervalle d'usage privé E63E-E757 de l'espace Unicode. La spécification de base comportait 176 symboles, et 76 supplémentaires disponibles pour les mobiles supportant la norme C-HTML 4.0.
Les émojis créés par au étaient déclarés par la balise HTML img, alors que ceux de SoftBank Mobile étaient encadrés par les séquences d'échappement ASCII Shift-In et Shift-Out, et permettaient la couleur et les animations. L'encodage de DoCoMo est le plus compact à transmettre, alors que celui de au est le plus flexible, basé sur des standards ouverts.
Des centaines de caractères émojis ont été importés dans la version 6.0 de l'espace Unicode en octobre 2010 (et la norme internationale ISO/CEI 10646).
Les ajouts ont été initialement demandés par Google (Kat Momoi, Mark Davis, et Markus Scherer ont écrit le premier draft pour l'intégration par le Comité Technique Unicode en août 2007) et Apple Inc. (dont Yasuo Kida et Peter Edberg ont rejoint la première proposition officielle proposal portant sur 607 caractères, en janvier 2009 comme coauteurs).
Le processus est passé par une longue série de commentaires par les membres du Consortium Unicode et les organismes internationaux de standardisation participant aux ISO/IEC JTC1/SC2/WG2, particulièrement les États-Unis, l'Allemagne, l'Irlande (menée par Michael Everson) et le Japon. Pendant le processus d'élaboration du consensus, plusieurs nouveaux caractères ont été ajoutés, particulièrement des symboles cartographiques et des signes européens. Ce consortium se réunit 4 fois par an pour organiser leur régulation.
Il existe différents facteurs qui expliquent l'emploi des émojis, et en particulier, pourquoi les utilisateurs choisissent de s'exprimer avec des émojis plutôt que du texte et pourquoi ils préfèrent certains émojis par rapport à d'autres. La recherche a identifié quelques facteurs qui sont détaillés ci-dessous.
La motivation pour insérer des émojis dans les messages instantanés s’explique par leur simplicité, leur commodité et la possibilité qu'ils offrent de transmettre des expressions faciales et sentimentales de tous registres. En effet, étant donné que les émojis intensifient la communication, ils peuvent aussi bien être utilisés dans les situations agréables que conflictuelles. C’est ainsi que plus de 5 milliards d’émojis sont utilisés quotidiennement sur Facebook.