Élisabeth Philippe Marie Hélène de France, dite Madame Élisabeth, née le 3 mai 1764 à Versailles et morte guillotinée le 10 mai 1794 à Paris, est le huitième et dernier enfant du dauphin Louis et de Marie-Josèphe de Saxe. Sœur du roi Louis XVI, elle lui apporte un soutien indéfectible durant la Révolution française.
Emprisonnée avec la famille royale en 1792 et appelée à comparaître devant le Tribunal révolutionnaire sous la Terreur, elle est condamnée à mort et exécutée. Le processus en vue de sa béatification est en cours.
Née au château de Versailles le jeudi 3 mai 1764, vers une heure du matin, elle est baptisée le jour même dans la chapelle royale par l'archevêque de Reims, Charles Antoine de La Roche-Aymon, en présence de son grand-père le roi Louis XV, de sa grand-mère, la reine Marie Leszczynska, et des membres de la famille royale. Jean-François Allart (1712-1775), curé de l'église Notre-Dame de Versailles, paroisse où est situé le château, rédige l'acte de baptême qui occupe une demi-page du registre et fait signer ses « très hauts et très illustres » paroissiens. L'acte suivant mentionne le baptême d'une pauvre enfant naturelle. Le parrain de la princesse est son oncle par alliance, l'infant Philippe Ier, duc de Parme, Plaisance et Guastalla, représenté par le duc de Berry, Louis Auguste de France (futur Louis XVI), et sa marraine est son arrière-grand-tante Élisabeth Farnèse, princesse de Parme, reine douairière d'Espagne, qui lui donne son prénom et est représentée par Madame, fille aînée du roi.
La naissance de la princesse est, pour la famille royale, le seul rayon de soleil de cette décennie marquée par les deuils et les défaites. Commencée pendant la guerre de Sept Ans qui se termine en 1763 par le désastreux traité de Paris, elle a confronté le roi aux morts prématurées de sa fille aînée, la duchesse de Parme, qui meurt au cours d'un séjour à Versailles, de l'aîné de ses petits-fils, le duc de Bourgogne qui meurt à l'âge de 10 ans en 1761. Le duc de Parme meurt au début de 1765. Le dauphin, père de la petite Élisabeth, meurt de la tuberculose l'année suivant la naissance de sa fille. L'arrière-grand-père de Madame Élisabeth, Stanislas Leszczynski, roi de Pologne détrôné placé sur le trône de Lorraine par son gendre français, meurt accidentellement en février 1766. La Lorraine perd alors son indépendance et devient une province française. La dauphine qui a contracté la maladie de son mari en le soignant meurt à son tour en 1767. Elle laisse cinq enfants survivants dont l'aîné, le futur Louis XVI, a 13 ans. Enfin, la reine Marie Leszczyńska, grand-mère de Madame Élisabeth, meurt en juin 1768.
Élisabeth de France fait donc ses premiers pas au sein d'une famille en deuil. Sa première compagne de jeu est sa sœur de six ans son aînée, Clotilde, que son embonpoint fait méchamment surnommer par la cour « gros-Madame ».
Confiée avec sa sœur Madame Clotilde aux soins de la comtesse de Marsan, Madame Élisabeth reçoit une excellente éducation et se passionne pour les sciences.
Elle a pour maître de mathématiques Antoine-René Mauduit.
Marie-Thérèse de La Ferté-Imbault, fille de Madame Geoffrin, sera sa préceptrice de philosophie et deviendra son amie. Madame de La Ferté-Imbault fournira également à la comtesse de Marsan des textes pour les petites comédies jouées par Madame Élisabeth et Madame Clotilde.
Alors qu’elle est encore enfant, sa gouvernante, la comtesse de Marsan, l’emmène avec sa sœur aînée aux salons de peinture officiels. Par la suite, la princesse montre de réelles dispositions pour le dessin, et le musée de Versailles conserve quelques-unes de ses œuvres.
La princesse apprend à jouer de la harpe mais chante extrêmement faux.
Réputée pour sa piété, Madame Élisabeth a en ce point été influencée par Mesdames tantes, filles de Louis XV. La correspondance de Madame Elisabeth semble témoigner d'une dévotion tout en conservant une certaine liberté d'esprit[réf. nécessaire]
Elle a six ans lorsque son frère Louis-Auguste, devenu dauphin après le décès de son aîné Louis de France, épouse une archiduchesse d'Autriche, Marie-Antoinette.
Cette même année 1770, sa tante « Madame Louise », proche de sa jeune nièce sur laquelle elle a une certaine influence, entre au carmel de Saint-Denis afin de prier pour le salut de son père. Sœur Thérèse de Saint-Augustin y rend le dernier soupir le 23 décembre 1787 après avoir proféré ces paroles stupéfiantes : « Au Paradis ! Vite ! Au grand galop ! ».
Le 10 mai 1774, Louis XV meurt et Louis-Auguste devient roi à l'âge de 19 ans, sous le nom de Louis XVI.
L'éducation de « Madame Élisabeth » est alors confiée à la baronne de Mackau (1723-1801), qui sait conquérir l'affection de la princesse et dont la fille Marie-Angélique de Mackau devient l'amie la plus proche.
Quelques mois plus tard, tandis que la princesse assiste au sacre de son frère, le jeune Louis XVI, en la cathédrale de Reims, sa sœur « Madame Clotilde » est mariée au prince de Piémont. La jeune Élisabeth, à peine âgée de 11 ans, voit avec peine sa sœur, dont elle est très proche, quitter Versailles pour Turin.
L'âge du mariage ou d'un établissement conforme à son rang approche également pour Élisabeth.
Un mariage a été envisagé avec Joseph de Portugal, fils aîné de la reine Marie Ire, mais les négociations ont été interrompues. En 1777, elle est pressentie pour épouser le frère de Marie-Antoinette, l’empereur Joseph II, deux fois veuf, sans enfant et de 23 ans son aîné. Mais, elle obtient de Louis XVI de pouvoir rester à Versailles.