Élisabeth Guigou, née Vallier le 6 août 1946 à Marrakech (Maroc), est une femme politique française.
Membre du Parti socialiste, elle est la première femme nommée à la tête d'un ministère régalien en France lorsqu'elle devient garde des Sceaux, ministre de la Justice, en 1997.
Élue députée dans le Vaucluse (1997) puis dans la Seine-Saint-Denis (2002-2017), elle préside la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale de 2012 à 2017.
Née Élisabeth Vallier le 6 août 1946 à Marrakech, elle est issue d'une famille provençale originaire d'Apt. Elle a passé son enfance et son adolescence à Marrakech où elle est née. Son père Georges Vallier, né à Beaucaire (Gard) en 1920, horticulteur et propriétaire au Maroc d'une usine agroalimentaire, a épousé Jeannine Flecchia (1920-2010) à Marrakech en 1943. Après l'indépendance du Maroc le 2 mars 1956, la famille revient en France.
Elle fait ses études secondaires au Maroc, au lycée Victor-Hugo de Marrakech et au lycée Descartes de Rabat. Elle est licenciée en anglais de la faculté des lettres de Montpellier et est diplômée d'études supérieures en littérature américaine de l'université Paul-Valéry Montpellier 3. Son mémoire porte sur Jack Kerouac et la Beat Generation. Elle est par ailleurs diplômée d'études universitaires générales en sciences économiques et sociales de l'université d'Aix-Marseille.
Elle prépare l'ENA au centre de préparation à l’administration générale (CPAG) de l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence.
Élisabeth Guigou est diplômée de l'École nationale d'administration (promotion Simone-Weil).
Le 4 août 1966, elle épouse Jean-Louis Guigou, conseiller technique de Michel Rocard, agrégé d'économie, professeur d'université, ayant également exercé diverses fonctions publiques (dont délégué de la DATAR). Ils ont un enfant prénommé Édouard, né en 1980.
À sa sortie de l'ENA en 1974, Élisabeth Guigou est nommée administratrice civile au ministère des Finances où elle reste jusqu'en 1979, date à laquelle elle part comme attachée financière auprès de l'ambassade de France en Grande-Bretagne. En 1981 et 1982, elle rejoint la direction du Trésor en qualité de chef de bureau des États d'Europe, d'Amérique et d'Asie. Secrétaire générale du Club de Paris, elle est la première directrice de cabinet du directeur du Trésor.
En 1982, elle est conseillère technique au cabinet de Jacques Delors, ministre de l'Économie et des finances, avant d'être nommée conseillère technique au secrétariat général de l'Élysée, chargée de l'économie internationale, du commerce extérieur, des affaires européennes et des sommets économiques internationaux, poste qu'elle occupera jusqu'en 1988.
De 1985 à 1990, Élisabeth Guigou exerce la fonction de secrétaire générale du Comité interministériel pour les questions économiques de coopération européenne (SGCI), auprès du Premier ministre, poste dans lequel elle va coordonner les positions françaises à Bruxelles. De 1988 à 1990, elle est chargée de mission auprès du président de la République, pour l'Europe et l'Économie internationale.
Élisabeth Guigou s'engage en politique dans les années 1960 à la Convention des institutions républicaines, puis au PSU de Michel Rocard dans les années 1970 et enfin au PS à partir de 1973. Issue de la promotion Simone-Weil de l'ENA, elle entre au cabinet de Jacques Delors en 1982, avant de rejoindre celui de François Mitterrand à l’Élysée où elle est chargée des questions économiques et financières internationales. En 1986, outre ses fonctions à la présidence de la République, elle est nommée secrétaire générale du comité interministériel pour les questions économiques européennes. En 1988, elle est chargée par le président de la République de la coordination de la politique de la France à l'égard des pays de l'Est.
Elle est membre du conseil politique de la « Fondation Agir contre l'exclusion » de Martine Aubry.
D’octobre 1990 à mars 1993, elle est ministre déléguée aux Affaires européennes, remplaçant Édith Cresson. Elle participe à la rédaction, à la négociation et à la mise en place du traité de Maastricht. Lors de la campagne pour le référendum de ratification du traité à l'été 1992, elle parcourt la France et le grand public découvre cette nouvelle femme politique. Elle promet alors : « L'Europe ne vous enlèvera rien. Et surtout pas vos avantages sociaux. La monnaie unique permettra de nous protéger contre les effets des désordres monétaires internationaux et des récessions chez les autres ».
Poussée par François Mitterrand, elle s'engage dans la campagne des régionales de 1992 en Provence-Alpes-Côte d'Azur, où elle conduit la liste dans le département de Vaucluse, la liste des Bouches-du-Rhône étant conduite par Bernard Tapie.
En 1994, elle se présente aux élections européennes et est élue au Parlement européen. Elle devient présidente de la délégation socialiste française au Parlement européen et entre au Conseil national et au Bureau national du PS. Elle représente le Parlement européen à la Conférence intergouvernementale qui négocie le traité d'Amsterdam[réf. nécessaire].
Elle entre en janvier 1996 au secrétariat national du PS, où elle est chargée des questions sociales par Lionel Jospin, premier secrétaire.
En 1997, elle est élue députée du Vaucluse. En juin 1997, elle est nommée garde des Sceaux puis en octobre 2000, ministre de l'Emploi et de la Solidarité dans le gouvernement Lionel Jospin. Elle refuse d'intervenir dans les dossiers judiciaires individuels tout en conduisant une politique pénale autour de quelques grandes priorités : associer prévention-sanction-réinsertion contre la délinquance, respecter la présomption d'innocence, diminuer la surpopulation pénitentiaire et rénover les prisons, organiser le suivi social et judiciaire des délinquants sexuels.[réf. nécessaire]