Élisabeth Boselli, née le 11 mars 1914 à Paris et morte le 25 novembre 2005 à Lyon, est la première femme pilote de chasse de l'Armée de l'air française. Brevetée pilote militaire le 12 février 1946, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, elle est détentrice de plusieurs records du monde.
Née dans une famille aisée, Élisabeth Boselli obtient son diplôme de l'École des sciences politiques de Paris en 1935.
Sa vocation aéronautique se révèle, au hasard d'une conférence sur l'aviation, dans une ancienne chapelle, à la lecture d'ex-votos[réf. souhaitée].
Pour accéder à ce rêve, elle adhère à l'aéro-club du 16e arrondissement de Paris et achète, en copropriété, un Léopoldoff 45.
Le 10 janvier 1938, elle obtient le brevet de pilote de tourisme du 1er degré et totalise 25 heures de vol. L'année suivante, elle accumule les heures et commence une formation à la voltige à l'École Morane.
Un mois avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, les vols civils sont interdits. Son carnet de vol s'arrête le 4 août 1939, mettant fin brutalement à tout espoir de décrocher le brevet de transport public.
En formation en 1938 au Corps des auxiliaires féminins de l'aéronautique (CAFA) commandé par Madeleine Charnaux comme radio opérateur, en 1939 avec le simple brevet de pilote de tourisme, elle n'entre pas dans les conditions de la loi du 27 avril 1940 ni dans celles du 24 mai 1940 relatives aux auxiliaires de l'Armée de l'air.
Le brevet de deuxième niveau du pilote touristique permet à l'aviatrice de s'enrôler en tant que pilote de la Croix-Rouge.
En avril 1945, elle est engagée volontaire pour la durée de la guerre, qui s'achève. Comme les quatre autres femmes qui composent le deuxième groupe d'élèves pilotes, elle est nommée sous-lieutenant.
Elle est la dernière à arriver à l'école de pilotage militaire de Châteauroux. Le premier groupe (Bray, Marzellier, Dupeyron, Jourjon et Lion) préparait ses valises lorsque ce second groupe arrive à Châteauroux : accoutumance pour Yvette Grollet-Briand le 12 avril avec le Mauboussin 129 ; le 15 avril pour Suzanne Melk en Caudron Luciole ; le 19 avril pour Anne-Marie Imbrecq ; le 27 avril pour Geneviève Lefèvre ; le 29 avril pour Élisabeth Boselli.
Après une heure de vol et six atterrissages en Caudron Luciole avec le lieutenant Michel Meyrand, la jeune femme est lâchée en solo le 30 avril.
La formation s'accélère en Mauboussin 129/48 et avec le Morane-Saulnier MS.315. Elle effectue son dernier vol d'instruction dans cet avion le 24 juin 1945.
En août, elle rejoint l'École des moniteurs de Tours pour devenir monitrice. Ce qui suppose de voler à bord des autres avions de la base de Tours comme l'a expliqué le commandant de l'école, Roger Duval : un avion de voltige, le Stampe SV4, le Nord 1001 puis le Douglas A-24B Banshee un bombardier en piqué transformé en avion d'entraînement par l'Armée de l'air et le Dewoitine D.520.
L'accompagnent Suzanne Melk, Geneviève Lefèvre-Seillier et Anne-Marie Imbrecq. Anne Grollet-Briand, enceinte, ne se rend pas à Tours. En décembre, c'est le lâcher en Dewoitine D.520. Avec Suzanne Melk, Élisabeth est la seule du groupe à être jugée apte à voler avec le meilleur avion de la campagne de France : le Dewoitine D.520.
Entre leur arrivée et les épreuves du brevet, les 29-31 janvier 1946, Élisabeth Boselli a fait plus de quarante heures de Stampe et Melk plus de quarante-huit heures. Elles volent également en Nord 1001 et sur Douglas A.24B : 16h10 pour Boselli, 13h25 pour Melk (dont une séance de voltige et une de vol sans visibilité) avec ce bombardier. Suzanne Melk et Élisabeth Boselli sont les deux seules femmes à voler sur Dewoitine D.520, contrairement à ce qu’a affirmé Gisclon[Qui ?] bien des années plus tard[réf. souhaitée]. Élisabeth Boselli l’a confirmé en 1981 : « Nous avons été deux à piloter l’avion de chasse Dewoitine 520 monoplace. Avec moi, il y avait Suzanne Melk qui était une très bonne pilote et tout le monde l’admirait en tant que pilote » Les carnets de vol des deux femmes le confirment, tout comme les documents de leurs dossiers d’officier.
Elle passe la première avec succès les épreuves du brevet de pilote militaire, le 12 février 1946.
En juin 1946, il est mis fin aux vols d'entraînement féminins en raison de réductions budgétaires[réf. souhaitée]. L'Armée de l'air lui délivre les titres et macaron de pilote militaire et lui propose un emploi administratif. La jeune femme refuse.
Élisabeth fréquente alors le centre de vol moteur de Saint-Yan où de grands pilotes de renom l'enseignent et l'aident à poursuivre son rêve.