Ce Jour-là

Élections législatives serbes de 2020

Élections parlementaires serbes

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Les élections législatives serbes de 2020 ont lieu le 21 juin 2020 afin de renouveler les 250 sièges de l'Assemblée de la Serbie. Initialement prévues pour le 26 avril 2020, les élections sont reportées en raison de la pandémie de COVID-19 qui touche alors le pays. Les élections provinciales en Voïvodine et les élections municipales ont lieu simultanément.

Les élections sont marquées par la victoire sans appel de la coalition menée par le Parti progressiste serbe au pouvoir et ses alliés, dans le contexte d'un boycott de nombreux partis d'opposition qui ne considèrent pas les conditions d'organisation du scrutin comme démocratiques.

Les législatives d'avril 2016 ont lieu de manière anticipée deux ans avant la date prévue à l'initiative du président du gouvernement Aleksandar Vučić dans l'objectif d'obtenir une majorité étendue afin de mettre en œuvre son programme de réforme. Conservateur, nationaliste et pro-européen, le Parti progressiste (SNS) dirigé par Vučić est alors au pouvoir au sein d'un gouvernement de coalition avec le Parti socialiste (SPS) de l'ex-chef du gouvernement, Ivica Dačić.

Vučić gagne son pari, le SNS remportant 48,25 % des voix et la majorité absolue à l'assemblée avec 131 sièges sur 250. Il reconduit malgré tout son alliance avec le parti socialiste. Le 11 août, l'Assemblée nationale vote la confiance au Gouvernement Vučić II par 163 voix pour et 62 contre.

Moins d'un an plus tard, Aleksandar Vučić est élu président de la République dès le premier tour de la présidentielle d'avril 2017 avec 55,06 % des voix. Ana Brnabić lui succède à la tête du gouvernement, devenant par la même occasion la première femme, la première personne ouvertement homosexuelle et la première d'origine croate à exercer cette fonction.

En janvier 2019, Aleksandar Vučić déclare qu'il est possible d'organiser des élections anticipées « au cours de l'année 2019 ». Les observateurs ont noté que cela était très probable car cela permettrait au SNS de faire des gains électoraux avant de devoir faire des compromis sur des décisions impopulaires concernant le statut du Kosovo.

En mai 2019, la Commission européenne, dans son rapport sur la Serbie de 2019, critique les conditions du déroulement des élections et exprime de graves préoccupations concernant la liberté de la presse. Elle déclare que les institutions démocratiques sont visées, en particulier l'Assemblée nationale, et qu'il est urgent de créer un espace pour un véritable débat multipartite et des conditions pour une participation significative de l'opposition au Parlement.

Le système politique serbe est considéré par les analystes comme un « système autoritaire concurrentiel ». Pour Dusan Spasojevic, professeur de sciences politiques à l'université de Belgrade, « on a une concurrence mais les protagonistes ne sont pas égaux ». Les médias serbes sont généralement proches du parti au pouvoir, et les employés du secteur public sont incités à voter en faveur de celui-ci.

L'organisation américaine Freedom House estime que la Serbie n'est plus une démocratie mais un « régime hybride ».

Manifestations anti-gouvernementales

Dès novembre 2018, Vučić est mis sous pression par des manifestations pacifiques à Belgrade et dans d'autres villes, l'opposition exigeant davantage de liberté des médias, ainsi que des élections libres et équitables et des démissions ministérielles. Ces protestations ont été précipitées par une attaque contre Borislav Stefanović, l'un des dirigeants de la coalition d'opposition nouvellement formée, l'Alliance pour la Serbie (en). Il s'agit des manifestations anti-gouvernementales (en) les plus importantes depuis l'arrivée au pouvoir de Vučić en 2012, les rapports des médias estimant que la participation aux manifestations se situe entre 25 000 et 70 000 personnes. Parallèlement aux manifestations, Vučić organise des rassemblements dans tous les districts de la Serbie.

Après la manifestation d'opposition la plus massive, le 13 avril 2019, un comité d'experts a été présenté, chargé de formuler les revendications des manifestations. Tout en compilant un certain nombre de revendications et recommandations, il a conclu que les conditions pour l'organisation d'élections libres et équitables ne sont pas rassemblées. En septembre 2019, les organisateurs des manifestations appellent au boycott des prochaines élections car aucune des recommandations du comité d'experts n'est reprise.

La décision du SNS d'abaisser le seuil électoral de 5 à 3 % a été critiquée par de nombreux observateurs et partis d'opposition, estimant que ce point n'était pas un sujet de négociation.

Initialement prévus pour le 26 avril 2020, le scrutin est repoussé à une date indéterminée en raison de la propagation de la pandémie de coronavirus dans le pays, qui pousse le gouvernement à décréter l'état d'urgence le 15 mars. Début mai, le gouvernement décide finalement de fixer le scrutin au 21 juin.

Le site d’investigation BIRN indique en juin 2020 que le gouvernement a dissimulé près des deux tiers des décès dus au Covid-19 afin d'éviter un nouveau report des élections.

L'Assemblée nationale est un parlement unicaméral doté de 250 sièges pourvus pour quatre ans au scrutin proportionnel plurinominal avec listes bloquées dans une unique circonscription électorale nationale. Les sièges sont répartis selon la méthode d'Hondt à tous les partis ayant franchi le seuil électoral de 3 % du total des votants — contre 5 % auparavant — y compris les suffrages blancs et nuls. Les partis représentant une minorité nationale sont cependant affranchis de ce seuil, pour peu qu'ils aient été reconnus comme tels à leur demande par la Commission électorale de la République.

En juin 2018, les partis d'opposition organisent des pourparlers pour former une alliance, devenue possible avec l'élection du dirigeant du Parti démocrate, favorable à la formation de l'alliance avec Dragan Đilas, le Mouvement des citoyens libres (en) (PSG) et le Parti populaire (NS). Cette coalition, intitulée Alliance pour la Serbie (en) (SZS), comprend principalement des partis europhiles mais compte dans ses rangs également des partis eurosceptiques comme le mouvement Mouvement Dveri.

Presque tous les partis d'opposition, excepté le Parti démocrate de Serbie, Ça suffit (en), l'Alliance patriotique serbe (en) et le mouvement Ne Da Vi Mo Beograd, ont pris l'engagement en février 2019 de boycotter les élections de 2020 si elles sont jugées irrégulières.

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