Ce Jour-là

Élections générales québécoises de 2007

38e élection générale québécoise

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Les élections générales québécoises de 2007 ont lieu le 26 mars 2007 et sont déclenchées par le premier ministre Jean Charest le 21 février. Le scrutin permet l'élection à l'Assemblée nationale du Québec de 125 députés de la 38e législature ; il s'agit de la 38e élection générale dans la province depuis la confédération canadienne de 1867.

Le gouvernement élu est formé par le Parti libéral du Québec, dirigé par Jean Charest, l'Action démocratique du Québec de Mario Dumont formant l'opposition officielle et le Parti québécois d'André Boisclair étant relégué au deuxième groupe de l'opposition. Il s'agit du premier gouvernement minoritaire au Québec depuis 1878 et également le plus petit pourcentage de votes accordé aux libéraux depuis la confédération.

En août 2006, des rumeurs commencent à circuler sur le déclenchement d'élections pour l'automne 2006. Certains croient que le premier ministre Jean Charest veut déclencher des élections avant la prochaine élection fédérale afin d'éviter un conflit entre les deux. Étant donné la situation minoritaire de l'actuel gouvernement fédéral, la prochaine élection fédérale pourra bien se produire au printemps 2007.

À l'automne 2006, les rumeurs d'élections sont persistantes. Par contre, après des brèves hésitations, Jean Charest tait les rumeurs au mois d'octobre. En effet, plusieurs ministres ont affirmé aux médias qu'en raison de la crise dans l'industrie forestière, le temps n'était pas au déclenchement d'élections. Ils ont également évoqué des projets de loi qu'ils désiraient voir cheminer ou déposés à l'Assemblée nationale au cours de la session d'automne. Monique Jérôme-Forget, présidente du Conseil Trésor, a affirmé : « Je ne vois aucune raison pour même discuter d'élections actuellement. Un mandat peut atteindre cinq ans, et on est à trois ans et demi ! ».

Vers le milieu du mois de décembre 2006, plusieurs éléments sont rapportés dans les médias, laissant croire à des élections vers le mois de mars. Les rumeurs d'élections reprennent de plus belle en janvier 2007 et la publication d'un sondage dans lequel le Parti libéral du Québec dépasse le Parti québécois dans les intentions de vote pour la première fois depuis 2004[réf. nécessaire], ainsi que les multiples difficultés du chef péquiste André Boisclair avec les militants de son parti[réf. nécessaire], semblent accélérer le processus. Les rumeurs se concrétisent lorsque le PLQ annule son congrès annuel, qui devait avoir lieu du 23 au 25 mars, pour le remplacer par un Conseil général élargi le 17 février. Jean Charest aurait donc beau jeu de déclencher les élections peu après ce conseil pour fixer la date du scrutin au 26 mars.

Le 20 février, le ministre des Finances, Michel Audet, dépose le budget du gouvernement devant l'Assemblée nationale, convoquée d'urgence pour l'occasion. Le lendemain, Jean Charest demande au lieutenant-gouverneur Lise Thibault de dissoudre l'Assemblée nationale et de déclencher des élections. La date du scrutin fut fixée au 26 mars.

Pendant la 37e législature, Benoît Pelletier, le ministre responsable de la réforme électorale, annonce vouloir déposer deux projets de loi sur la réforme électorale au cours de la session d'automne. Le gouvernement étudie un temps la possibilité d'un référendum sur la réforme du mode de scrutin qui se serait déroulé conjointement avec l'élection générale. Un référendum semblable a eu lieu lors de l'élection générale de 2005 en Colombie-Britannique et il est probable qu'un référendum sur la réforme électorale aura également lieu en Ontario en même temps que la prochaine élection générale dans cette province. Toutefois, en date du 7 novembre 2006, cette proposition est définitivement écartée par les instances dirigeantes du Parti libéral, qui ne sont pas enchantées par la proposition du ministre Pelletier. Le 13 décembre, le ministre Pelletier annonce que la réforme est reportée. Il demande au Directeur général des élections de se pencher sur certains problèmes reliés au mode de scrutin et de remettre un rapport avant juin 2007.

Modification de la loi électorale

La Loi électorale du Québec est modifiée et ces modifications s'appliqueront lors de cette élection de 2007. Notamment, il est maintenant permis aux candidats qui n'habitent pas la circonscription où ils se présentent d'y voter, en indiquant comme adresse leur bureau de campagne. Auparavant, seuls les députés sortants jouissaient de ce privilège. Ce changement a été critiqué par certains analystes qui déplorent que le lien qui existe entre le député et sa circonscription devient de moins en moins important et que « les circonscriptions deviennent une sorte de marchandise électorale. ».

La loi électorale crée également des commissions de révision itinérantes dans les circonscriptions rurales où les électeurs auraient plus de 60 km à parcourir pour se rendre au bureau de révision de la liste électorale. De plus, pour la première fois, certains électeurs ont le privilège de voter à leur domicile s'ils ne sont pas en mesure de se déplacer pour des raisons de santé ; les électeurs ayant ce droit en font la demande auprès du directeur du scrutin dans leur circonscription au moins 14 jours avant la date du scrutin, et une équipe est envoyée sur place recueillir leurs votes.

Le 22 mars, à la suite d'une controverse concernant des femmes musulmanes désirant garder leur Niqab, le directeur général des élections, utilisant les pouvoirs accordés par l'article 490 de la Loi électorale du Québec, déclare l'obligation pour tous les électeurs d'avoir le visage découvert lors du vote. Cette mesure ne s'appliquera que pour cette élection. Voir accommodement raisonnable.

Le Parti libéral du Québec est au pouvoir depuis 2003. Cette période de quatre ans a souvent été très difficile pour le gouvernement, qui battait des records d'impopularité auprès de l'électorat et qui traînait continuellement derrière le Parti québécois dans les sondages. Toutefois, en 2006 le Parti libéral commence à effectuer une certaine remontée dans les sondages et reprend finalement la première place, ce que plusieurs considèrent comme un facteur ayant influencé la décision de déclencher les élections[réf. nécessaire].

Bien que les partis soient habituellement très discrets sur l'état de leurs finances, il semblerait que le Parti libéral a une bonne longueur d'avance sur ses rivaux sur ce plan. Le rapport financier de 2005 indiquait que le parti avait accumulé au-delà de 11 millions $ dans sa caisse électorale ; ce montant ne tient pas en compte les dépenses et revenus de 2006. La limite des dépenses électorales pour 2007 est fixée à 9,8 millions par la Loi électorale, c'est-à-dire 65 cents par électeur pour le parti et 1,11 $ par électeur pour le candidat.

Slogan: Au Québec, on passe à l'action

Voir la plateforme électorale [PDF]

L'Action démocratique du Québec a connu des temps difficiles en 2006 avec de très mauvais résultats lors des élections partielles, ce qui a poussé plusieurs à prédire la fin du parti de Mario Dumont. Toutefois, il est remonté dans les sondages grâce à la question des accommodements raisonnables, passant de 12 % à plus de 20 % dans les intentions de vote en quelques mois seulement. Considéré comme marginal il y a un an à peine, Dumont est ainsi devenu un candidat réaliste au poste de premier ministre.

Le parti prévoyait une campagne plus modeste que celle de 2003, qui avait coûté six millions et qui s'était soldée par une déception avec l'élection de seulement 4 députés. Selon le rapport financier de 2005, le parti avait accumulé 1 million $ dans sa caisse électorale.

En 2003, l'ADQ avait été le dernier parti à révéler sa plateforme, une semaine seulement avant l'émission des brefs. Cette fois l'ADQ a été le premier parti à dévoiler sa plateforme électorale, qui fut révélée en entier en décembre, plus de deux mois avant le déclenchement des élections.

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