Ce Jour-là

Élections européennes de 2024

Élections des eurodéputés au Parlement européen en juin 2024

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Les élections européennes de 2024 ont eu lieu du 6 au 9 juin 2024 dans les vingt-sept États membres de l'Union européenne afin d'élire les députés du Parlement européen pour le mandat de cinq ans de la dixième législature du Parlement européen (2024-2029). Ces élections européennes sont les premières organisées depuis le départ du Royaume-Uni le 31 janvier 2020, et les dixièmes depuis le premier vote au suffrage universel direct en 1979. Le système électoral utilisé est proportionnel, chacun des États formant le plus souvent une circonscription plurinominale unique.

Le scrutin intervient sur fond de montée en puissance des partis eurosceptiques, opposés à l'immigration, et d’extrême droite, observé lors de succès électoraux aux Pays-Bas, en Italie, en Finlande et en Suède. L'Union européenne est dans une situation de ralentissement économique, de mécontentement en zones rurales, et doit faire face au changement climatique, tandis que les questions migratoires reviennent régulièrement dans l'actualité. Le Pacte sur la migration et l'asile est signé quelques mois plus tôt.

La commission von der Leyen arrive au terme de son mandat quinquennal — 2019-2024 — correspondant à la neuvième législature du Parlement européen. Le résultat des élections détermine les députés qui voteront la future Commission européenne pour renouveler ou remplacer Ursula von der Leyen au poste de président de la Commission. Le corps électoral est composé d'un total de 373 millions de personnes.

Le scrutin intervient lors d'une année électorale chargée au niveau international : deux milliards de personnes votent en effet dans 50 pays, dont l'Inde et les États-Unis, lors de scrutins pouvant faire basculer les équilibres politiques en place.

Pour la Commission européenne, les enjeux des élections sont la relance économique, l'action pour le climat et le pacte vert pour l'Europe, la transition numérique, le soutien à l'Ukraine pour résister à l'invasion russe, l'acceptation de son entrée à terme dans l’Union européenne, les sanctions contre la Russie, la stratégie de défense européenne, la politique énergétique, le pacte contre les migrations irrégulières, la politique agricole commune, et l'élargissement de l’Union européenne.

La menace russe est jugée susceptible de conduire à une augmentation de la participation dans plusieurs pays tels que la Finlande.

Toutefois, les enjeux perçus par les citoyens européens concernent plutôt la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale — qui relève de la politique nationale — la santé publique, le soutien à l’économie, la défense et la sécurité de l’Union européenne.

Un autre enjeu est d'assurer que les sondages, moyens et campagnes électorales faites dans les États-membres en 2024 soient justes, équitables et honnêtes. Il s'agit de veiller à ce que les médias de masse, les réseaux sociaux et médias sociaux, les citoyens européens et autres parties prenantes de la campagne ne soient pas massivement manipulés par des informations fausses ou fallacieuses, des messages haineux, ou des messages de propagande individuellement ciblés. Un ciblage fin et massif des électeurs est en effet devenu possible, basé sur le moissonnage de données personnelles, l'analyse des sentiments et des opinions politiques et la psychographie, construits et acheminés par des algorithmes dits d'intelligence artificielle. On le sait grâce notamment aux lanceurs d'alerte Christopher Wylie, Carole Cadwalladr — journaliste primée pour son travail —, Shahmir Sanni, Brittany Kaiser et David Caroll.

On a en effet appris, mais trop tard, que de telles manipulations ont probablement abouti à l'élection de Donald Trump par une manipulation des primaires présidentielles du Parti républicain américain de 2016. Avec les mêmes procédés, les malversations entreprises par Cambridge Analytica et Aggregate IQ, pour le compte du Groupe SCL et de Steve Bannon ont conduit au Brexit (de l'aveu même des pro-Brexit puisqu'avant la révélation du scandale, le site internet d'Aggregate IQ affichait fièrement sur sa page d'accueil la citation suivante de Dominic Cummings (le directeur de campagne de Vote Leave, le parti pro-Brexit leader) : « Sans aucun doute, la campagne de Vote Leave doit en grande partie son succès au travail d'AggregateIQ. Nous n'y serions pas arrivés sans elle » (la victoire du Brexit s'est joué « à moins de 2 % des votes »). On a aussi rétrospectivement appris que les données personnelles volées par A. Kogan, dans plus de 80 millions de comptes piratés, ont permis de mieux cibler les donateurs les plus à même de financer les campagnes.

Après le scandale Facebook-Cambridge Analytica/AggregateIQ, ces deux sociétés se sont rapidement mises en faillite, mais elles se sont reconstituées sous d'autres noms. On ignore si une IA qu'elles utilisaient — « Ripon » — a vraiment disparu ou si une nouvelle IA de ce type, plus puissante, a pu être reconstituée (Ripon a été créée et utilisée par Cambridge Analytica et par sa société-sœur AggregateIQ pour dresser le profil psychologique et politique de près de 87 millions d'utilisateurs de Facebook, à partir de leurs données personnelles piratées par Aleksandr Kogan pour le compte de Cambridge Analytica). En complément des outils numériques d'analyse dans le Web de l'opinion publique et individuelle (opinion mining), l'intelligence artificielle peut faciliter les techniques de manipulation psychologique d'internautes, d'acheteurs ou d'électeurs, notamment via les réseaux sociaux comme on l'a vu dès le milieu des années 2010 avec le Scandale Facebook-Cambridge Analytica/AggregateIQ et l'IA baptisée Ripon.

Dans le contexte de la guerre russo-ukrainienne aux frontières de l'UE, de nombreux acteurs dénoncent aussi une vague de propagande et de fausses nouvelles venue de la Russie pour perturber l'élection européenne. Fin avril 2024, « la Commission européenne a annoncé l’ouverture d’enquêtes contre les plateformes de Meta, Facebook et Instagram, pour suspicion de violation de la loi sur les services numériques (dite Digital Services Act, DSA) ». À quelques heures du scrutin, l'opération Doppelgänger refait de nouveau parler d'elle, ciblant entre autres la France via dix-sept faux articles visant à désinformer les électeurs.

Les élections européennes visent à élire au suffrage direct les députés qui composent le Parlement européen et, au suffrage indirect, le président de la Commission européenne. Le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne prévoit que les citoyens de l'Union européenne peuvent voter et être élus dans l'État dans lequel ils résident, même s'ils n'en sont pas citoyens.

Chacun des 27 États membres de l'Union européenne fixe ses propres règles d'organisation du scrutin, pourvu que l'élection ait lieu au suffrage universel direct et au scrutin proportionnel plurinominal, répartis selon la méthode d’Hondt :

en Irlande et à Malte, il s'agit du scrutin à vote unique transférable ;

en Autriche, en Belgique, au Danemark, en Finlande, en Suède, en Croatie, en Italie et aux Pays-Bas, l'électeur peut attribuer des voix de préférence aux candidats de son choix ;

au Luxembourg, l'électeur peut voter pour des candidats de différentes listes ;

dans les autres États, il s'agit d'un scrutin par liste bloquée.

La plupart des États forment une circonscription nationale mais certains ont découpé leur territoire en circonscriptions régionales. Les États peuvent prévoir la fixation d'un seuil minimal pour l'attribution des sièges, mais ce seuil ne peut être supérieur à 5 %. Jusqu'aux élections de 2014 pour la huitième législature, le territoire français était par exemple découpé en 8 circonscriptions, chaque parti présentant une liste dans chacune d'elles. Les élections de 2019 pour la neuvième législature ont cependant vu le passage du pays à une circonscription unique.

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