L'élection présidentielle grecque de 2014-2015 a lieu en deux phases en 2014 et 2015 afin d'élire au suffrage indirect le président de la République hellénique. La première phase a lieu les 17, 23 et 29 décembre 2014 tandis que la deuxième se tient le 18 février 2015.
Le président sortant Károlos Papoúlias ne peut briguer un troisième quinquennat, la Constitution de 1975 limitant le chef de l'État à un maximum de deux mandats.
La première phase de cette élection présidentielle voit la coalition gouvernementale d'Antónis Samarás échouer à trois reprises à faire élire son candidat, l'ex-commissaire européen et membre de Nouvelle Démocratie, Stávros Dímas. Ces échecs répétés provoquent la dissolution du Parlement, puis des élections législatives anticipées qui sont remportées par le parti de gauche radicale SYRIZA.
À l'initiative du nouveau Premier ministre Aléxis Tsípras, la seconde phase menée sous la nouvelle législature aboutit à un accord autour de la candidature de l'ancien ministre conservateur Prokópis Pavlópoulos, également membre de Nouvelle démocratie. Celui-ci remporte la deuxième phase de l'élection dès le premier tour, et succède à Károlos Papoúlias.
Contre toute attente, le Premier ministre grec, Antónis Samarás, annonce, le 8 décembre 2014, que l'élection présidentielle, qui devait initialement se tenir au mois de février 2015, sera finalement convoquée de manière anticipée le 17 décembre 2014. Le chef du gouvernement justifie cette surprenante décision par la volonté de lever l'incertitude financière de la Grèce lors des négociations avec la troïka (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne, Commission européenne) au sujet de la dette financière grecque, lesquelles sont prévues au début de l'année 2015 ; en outre, il cherche à « couper l'herbe sous le pied » de SYRIZA, dont la popularité ne cesse de croître depuis les dernières élections législatives, convoquées en 2012.
La situation économique et financière du pays, si elle tend à s'améliorer, demeure problématique à long terme : en six ans de récession, la Grèce a subi une chute de 38 % du niveau de vie moyen, le record de l'Union européenne du taux de pauvreté avec 23,1 %, et un taux de chômage global de 25,7 % de la population active qui frôle les 60 % pour les jeunes. Cependant, le gouvernement de coalition associant les conservateurs de Nouvelle Démocratie et les socialistes du PASOK, dirigé par Antónis Samarás et formé un peu plus de deux ans auparavant, a apporté plusieurs mois de stabilité politique.
Le 9 décembre 2014, à la suite de l'annonce des élections, la Bourse d'Athènes chute de 12,78 %. Deux jours plus tard, elle cède encore 7,72 % après le discours du Premier ministre, qui s'était pourtant engagé à rassurer lesdits investisseurs.
Le 12 décembre, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, indique dans un entretien : « Je suppose que les Grecs, qui n'ont pas une vie facile, tout particulièrement les plus pauvres d'entre eux, savent très bien ce qu'une mauvaise élection signifierait pour la Grèce et pour la zone euro » ajoutant un peu plus tard « Je n'exprimerai pas mon opinion personnelle. Simplement, je n'aimerais pas que des forces extrémistes prennent la main ».
Le président, qui doit avoir au moins 40 ans, est élu pour 5 ans.
Pour être élu au 1er ou 2e tour, le candidat a besoin de 200 voix (majorité des 2⁄3) ou de 180 voix (majorité des 3⁄5) lors du 3e tour. Il n'y a aucun débat parlementaire et les députés votent l'un après l'autre. Ils ont interdiction de faire la moindre déclaration sur leur choix durant le déroulement du scrutin.
Si aucun candidat n'est élu lors du 3e tour, le Parlement est alors dissous dans les dix jours suivants et des élections anticipées sont organisées.
Le nouveau Parlement dispose alors de 20 jours pour élire un président. Dans ce cas, les majorités requises sont de 180 voix au 1er tour de cette 2e phase, majorité absolue (151 voix) au 2e tour, puis majorité simple au 3e et dernier tour.
Le président sortant, le socialiste Károlos Papoúlias, âgé de 85 ans, ne peut concourir à cette élection présidentielle : élu une première fois au mois de février 2005, puis réélu cinq ans plus tard, il arrive au terme de son second quinquennat, à l'issue duquel la Constitution lui défend de briguer un troisième mandat. Par conséquent, ce scrutin doit avoir pour issue l'élection de son successeur.
Le candidat présenté par la coalition gouvernementale est Stávros Dímas, un juriste et avocat âgé de 73 ans doté d'une longue carrière ministérielle et ayant représenté la Grèce au sein de la Commission européenne entre 2004 et 2010. Appartenant à la Nouvelle Démocratie, sa candidature est néanmoins soutenue, par ailleurs, par le PASOK.
Les autres partis représentés au Parlement ont décidé de ne pas lui opposer de concurrent, ce qui ne garantit pas à Dímas d'être élu, néanmoins.
La coalition gouvernementale composée des conservateurs de Nouvelle Démocratie et des socialistes du PASOK dispose de 155 sièges. Il lui « manque » donc 45 voix pour que son candidat soit élu au 1er ou 2e tour, et 25 voix lors du 3e tour.
Les seules réserves de voix disponibles sont les 9 élus de la Gauche démocrate, qui faisait auparavant partie de la coalition gouvernementale, et les 25 députés Non-inscrits, dont 17 forment le groupe technique des Députés républicains indépendants (en) (ADV). Ces députés n'adoptent pas de position commune.
Le principal parti d'opposition, la SYRIZA, qui veut abolir la dette de la Grèce et les politiques d’austérité, dispose de 71 sièges qui ne soutiendront pas le candidat du gouvernement. SYRIZA arrive en tête de tous les sondages en cas de législatives anticipées. Fort de ses résultats des élections européennes, Aléxis Tsípras, qui avait récolté 26,5 % des suffrages, avait alors affirmé que le gouvernement n'avait désormais aucune légitimité.