Ce Jour-là

Élection présidentielle autrichienne de 2016

Élection présidentielle en Autriche

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L'élection présidentielle autrichienne de 2016 (en allemand : Bundespräsidentenwahl in Österreich 2016) a lieu les 24 avril, 22 mai et 4 décembre 2016 afin d'élire le président fédéral de la République d'Autriche pour un mandat de six ans.

Le chef de l'État sortant, le social-démocrate Heinz Fischer, élu en 2004 et réélu en 2010, ne peut pas solliciter un troisième mandat. Six candidats se présentent à cette élection, soit le nombre le plus important de candidats à la présidence de la République depuis 1951.

À l'issue du premier tour, les deux candidats en tête sont Norbert Hofer, soutenu par le Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ), et Alexander Van der Bellen, indépendant mais soutenu par Les Verts, dont il a été le président, qui rassemblent respectivement 35,1 % et 21,3 % des voix. Ce scrutin est historique car, pour la première fois depuis 1951, le second tour n'est pas disputé par l'un des candidats soutenus par les deux grands partis autrichiens que sont le Parti social-démocrate (SPÖ) et le Parti populaire (ÖVP), ces derniers étant relégués respectivement à la quatrième et à la cinquième places du premier tour.

Le soir du second tour, le résultat n'est pas disponible en raison d'un écart de voix insuffisant pour déterminer le gagnant de l'élection. Norbert Hofer reconnait finalement sa défaite face à Alexander Van der Bellen, qui l'emporte avec seulement 50,3 % des voix. Cependant, plusieurs irrégularités entraînent l'ouverture d'une enquête auprès de la Cour constitutionnelle autrichienne, qui invalide le second tour de scrutin le 1er juillet 2016. Un nouveau second tour est alors prévu pour le 2 octobre puis est reporté au 4 décembre à la suite de la distribution de bulletins de vote défectueux fournis par le ministère de l'Intérieur.

Lors du second tour le 4 décembre, le candidat écologiste Alexander Van der Bellen l'emporte une nouvelle fois, plus largement. Le candidat de l'extrême droite Norbert Hofer reconnaît finalement sa défaite.

Le 25 avril 2004, le social-démocrate Heinz Fischer a été élu président fédéral de la République d'Autriche en recueillant 52,3 % des voix face à la conservatrice Benita Ferrero-Waldner, à l'issue du premier tour de scrutin. Il succède, le 8 juillet suivant, à Thomas Klestil, décédé deux jours plus tôt des suites d'une longue maladie, pour un mandat de six ans, renouvelable une seule fois.

Six ans plus tard, en 2010, Heinz Fischer se déclare candidat à sa propre succession. Largement favori de ce nouveau scrutin présidentiel, le chef de l'État sortant est opposé à deux autres candidats : Barbara Rosenkranz, soutenue par le FPÖ, et Rudolf Gehring, représentant du Parti chrétien d'Autriche (CPÖ). À l'issue d'une campagne électorale marquée par les dérapages répétés de la candidate d'extrême droite, Fischer est largement réélu à la présidence de la République avec 79,3 % des voix. La Constitution fédérale l'empêche de se présenter à l'élection présidentielle de 2016, le mandat du chef de l'État n'étant renouvelable qu'une seule fois.

Le président fédéral de la République d'Autriche (en allemand : Bundespräsident der Republik Österreich) est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de six ans, renouvelable une seule fois de manière consécutive. Est élu le candidat qui remporte la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour. À défaut, un second tour est convoqué quatre semaines plus tard entre les deux candidats arrivés en tête du premier tour, et celui ayant recueilli le plus grand nombre de suffrages est déclaré élu.

Tout citoyen âgé d'au moins 35 ans révolus au 1er janvier de l'année électorale peut présenter sa candidature à la présidence de la République à condition qu'il ait recueilli au moins 6 000 parrainages de citoyens autrichiens. Du fait d'une modification de la loi électorale et constitutionnelle datant du 1er octobre 2011 approuvée par les deux chambres du Parlement fédéral, des membres de la maison impériale et royale de Habsbourg-Lorraine ou de la maison de Habsbourg, qui ont régné sur l'Autriche, peuvent pour la première fois présenter leur candidature lors de cette élection présidentielle.

En 2010, le FPÖ désigne comme candidate Barbara Rosenkranz, une femme politique controversée du fait de ses déclarations ambiguës à propos du régime nazi ; elle est largement battue par le président Fischer à l'issue du premier tour. Le 28 janvier 2016, le troisième président du Conseil national, Norbert Hofer, est choisi comme candidat à l'élection présidentielle. À 44 ans, il est le plus jeune candidat à cette élection présidentielle.

Candidat longtemps considéré comme le plus probable du Parti social-démocrate (SPÖ), dirigé par le chancelier Werner Faymann et dont est issu le chef de l'État sortant Heinz Fischer, le ministre du Travail Rudolf Hundstorfer est finalement désigné candidat à l'élection présidentielle à l'issue d'un comité politique du parti, le 15 janvier 2015. D'autres noms étaient mentionnés pour cette candidature comme ceux de la présidente du Conseil national, Doris Bures, et de l'ancien chancelier social-démocrate Franz Vranitzky. Âgé de 64 ans, Rudolf Hundstorfer est un proche du chancelier Faymann, dont il est l'un des ministres depuis 2008 ; il démissionne du gouvernement le 26 janvier 2016 pour se consacrer à sa candidature présidentielle.

Âgée de 69 ans, Irmgard Griss, présidente de la Cour suprême de 2007 à 2011, déclare sa candidature le 17 décembre 2015. Aucun parti ne la soutenant, elle se revendique comme « indépendante » bien que le parti libéral NEOS se déclare prêt à la soutenir tant qu'elle ne se réclame pas d'une formation politique. Régulièrement citée comme une possible candidate entre 2014 et 2015, elle dément toute candidature jusqu'à sa déclaration publique, qu'elle met en scène via une vidéo postée sur YouTube.

Lors de la précédente élection présidentielle, le Parti populaire autrichien (ÖVP), alliés du SPÖ dans le cadre d'une grande coalition, ne présente de candidat sans toutefois soutenir la candidature du chef de l'État sortant, Heinz Fischer. Cette fois-ci, il décide de présenter son propre candidat en la personne d'Andreas Khol, désigné le 10 janvier 2016. Âgé de 74 ans, il est le président du Conseil national de 2002 à 2006. Avant sa désignation, les sondages montrent une certaine préférence de l'opinion à l'égard d'une candidature du Landeshauptmann de Basse-Autriche, Erwin Pröll, sans que celui-ci n'exprime d'intérêt pour une candidature.

Richard Lugner (en) entre en politique en 1990. Lors de l'élection présidentielle de 1998, il termine au quatrième rang (sur cinq candidats) avec 9,91 % de voix.

À l'occasion des élections législatives de 1999, il crée une plateforme baptisée Les Indépendants, qui ne reçoit que 1,02 % des voix et n'obtient donc aucun siège au Conseil national.

Porte-parole des Verts de 1997 à 2008, l'économiste Alexander Van der Bellen, âgé de 72 ans, déclare sa candidature à l'élection présidentielle dans une vidéo publiée sur YouTube. Refusant d'être officiellement soutenu par une formation politique malgré l'appui financier des Verts, il fait figure de favori d'après les diverses enquêtes d'opinion qui le donnent en tête du premier tour de scrutin.

Irrégularités et annulation du second tour

Dans plusieurs bureaux de vote, le dépouillement des votes par correspondance pour le second tour aurait commencé de façon anticipée et en l'absence de toute commission de contrôle. Le président du FPÖ, Heinz-Christian Strache, déclare que ces votes, qui ne devraient a priori pas modifier le résultat final s'ils étaient annulés, « doivent être vérifiés par des juristes et des gens indépendants ». Une enquête est ouverte pour irrégularités le 25 mai 2016.

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